Your money or your life

Your money or your life (1) – gagner sa vie à la perdre

Your money or your life

Your money or your life ou comment passer sa vie à la perdre

Cet été, j’ai passé quelques jours chez des amis qui habitent une grande maison qu’ils ont construit dans l’Hérault. Donc nous étions au bord de la piscine à apprécier le contraste entre la fraîcheur de l’eau et la chaleur du soleil, quand je remarquais qu’un éolienne était plantée derrière la maison.

Je demandais, quand est-ce qu’ils pensaient que cette éolienne serait amortie. Ils me répondirent qu’ils ne savaient pas exactement, qu’ils n’avaient pas fait le calcul…. qu’ils allaient voir d’abord avec celle là, si c’était rentable avant d’en installer d’autres, mais que a priori, cela n’est pas si rentable que ça.
« – C’est parce que vous ne savez pas combien elle peut produire d’électricité ?
– Si, on nous a dit qu’au maximum on économiserait 700 euros pas an.
– Vous payez combien actuellement.?
– 1300 €
– et combien est ce que cela vous a coûté ?
– 20 000 €
– …. !! (What’s the f !!!) »

Je commençais à faire des calculs dans ma tête. 20 000 € divisés par 700 égalent = 28 ans !! Bien sûr, il y a aussi un crédit d’impôt de 35 % sur le matériel, mais même, cela me paraissait absurde.
J’exprimais un doute sur la rentabilité de leur investissement. Ils ajoutèrent alors qu’ils avaient du emprunter l’argent pour financer cette investissement, donc le coût était difficile à calculer.

Alors, je refusais d’aller plus loin. Pour moi, c’était juste jeter de l’argent par les fenêtres. A ce prix, je ne suis même pas sûr que cela aide la planète, vu qu’il faut de l’énergie, des matériaux et du transport pour construire un tel outil.
Plus tard, ils m’expliquèrent qu’ils était à la limite maximum pour emprunter de l’argent et qu’il faisait très attention à ce qu’ils dépensaient, à la nourriture, qu’ils allaient souvent en Espagne pour cela etc…

Je compris qu’ils n’avaient pas une relation très bonne avec l’argent. Ca tombe bien, moi non plus ! Dans leurs situation, je crois qu’ils pensent que l’argent sert à acheter des choses qui les rendent heureux. Et en fait, je crois que c’est plus l’acte d’achat qui leur apporte du bien être que de posséder l’objet.
Bien sûr, si je leur pose la question, ils vont me dire que non, c’est les relations avec leurs enfants, leurs petits-enfants qui est une vraie source de bonheur. Mais ils ne se comportent pas tout à fait en comme cela, mais plutôt comme si les biens matériels rendaient heureux. D’ailleurs, ils sont très généreux, mais ce qu’ils offrent sera toujours autour de biens matériels ou de service.
Je ne dis pas que l’argent n’apporte aucune satisfaction, mais que cet argent à un coût humain.
Je sais que mes amis connaissent bien ce coût. Ils ont travaillé plus de 25 ans à Paris en vivant en banlieue, ont connu souvent des « bas » à leur travail. Elle, travaille pour un banque en agence, a connu 3 holp-up, des restructurations, la pression des nouveaux petits patrons tout jeunes qui veulent imposer leur nouvelle façon de faire apprise en formation et qui se plantent (la dernière trouvaille est de vendre des téléphone portables !). Lui, autodicacte, a connu des licenciements, la galère de chercher un travail, de ne pas avoir de diplômes, de toujours devoir prouver qu’on peut faire le travail même sans diplôme etc.

Je voulais leur parler du livre « Your money or your life ». Mais je n’ai pas trouvé de traduction française à l’époque de ce best-seller. donc j’ai laissé tomber.

« Your money or your life »

est un livre qui permet justement de faire bouger notre relation à l’argent. C’est un grand classique écrit par des auteurs qui vivaient ce qu’ils prêchaient. Jo Dominguez a été indépendant financièrement à 34 ans, et n’a jamais accepté d’argent pour un travail jusqu’à sa mort. Vicki Robin a suivi sur ses traces et à conceptutaliser la démarche de Jo dans ce livre. Écrit dans les années 70, c’est un peu une sorte de référence dans le milieu. Une référence qui a un peu vieilli (les auteurs conseillent d’investir dans les obligations du Trésor américain, il n’y avait pas de fonds indiciels à l’apoque), mais qui par d’autres aspects, n’a pas pris une ride. J’ai toujours envie d’offrir ce livre à mes amis si un jour il est traduit.

Bon, assez de contexte !

Je voulais revenir sur ce livre et les répercussions qui l’a eu pour moi. En préparant cet article, j’ai découvert cette traduction/résumé  de ce site québécois. Donc je ne vais pas revenir sur le livre lui même, per se.
Je vais juste dire que le livre parle de 9 étapes pour arriver à l’indépendance financière. Les étapes nous obligent à réfléchir à notre rapport à l’argent, et a pour ambitions de transformer ce rapport.
Car en fait, l’indépendance financière pour les auteurs vient d’une conséquence de changer notre relation avec l’argent. Donc, les 9 étapes sont nécessaires pour changer trois choses autour de l’argent : notre intelligence financière, notre intégrité financière, et notre indépendance financière.
L’intelligence financière est notre capacité à comprendre que l’argent n’est pas ce qui nous nous rend heureux, ou qui nous apporte une réelle sécurité (ce dernier point est un peu difficile pour moi).
L’intégrité financière est notre capacité à comprendre tout l’impact de notre manière de gagner et de dépenser notre argent. C’est connaître la différence entre nécessité et excès et c’est d’avoir toutes les aspects de nos finances en harmonie avec nos valeurs.
L’indépendance financière est une conséquence, un produit supplémentaire des 9 étapes de ce livre. On la qualifie ici comme la jouissance d’un revenu suffisant pour nos besoins et notre confort basique d’une autre source que de notre travail.

Changer notre rapport à l’argent

Je trouve intéressante toute démarche qui cherche à changer nos rapport à l’argent. Il y a du boulot !
Par exemple, de mon avis, nous, Français, n’avons pas une relation très saine avec l’argent. Un peu le même type de relation que les Américains ont avec l’Etat. Pour les Américains, tout ce que touche l’Etat est « sali ». D’où la réticence des Américains (en général) à ce que l’Etat leur garantisse des droits ou s’immice dans les affaires qu’ils considèrent privées (mariage, santé etc). Nous, Français, avons tendance, en général, à penser que c’est l’argent qui salie tout : l’amour, l’amitié. L’argent corrompt, rend idiot, avare, envieux, jaloux etc. Nous allons avoir tendance à rendre l’argent responsable de beaucoup de problèmes (j’exagère un peu). D’autres pays vont mettre en cause plutôt le manque de moralité des personnes, plutôt que l’argent lui-même. L’argent est vu alors comme quelque chose de neutre, sans valeur positive ou négative.

A propos de savoir si l’argent apporte le bonheur (au delà d’un certain seuil, bien sûr), les auteurs ont fait des études un peu empiriques à partir des séminaires qu’ils ont animés. Sur un échantillon de 1000 personnes, les personnes ont répondu qu’ils étaient plus ou moins heureux. Pour une échelle de notes entre 1 et 5, la réponse moyenne fut entre 2,6 et 2,8 que les révenus des personnes soient de 1500 $ par mois ou plus 5000 $ par mois ! Un autre moyen d’arrivé à la même conclusion pour moi est de penser que, vus les progrès du PIB depuis plus de 20 ans, on devrait tous avoir la banane en prennant le métro le matin si l’argent rendait heureux, car notre pays n’a jamais été aussi riche.
Il y a les études sur les gagnants du loto. Une fameuse étude de Roy Kaplan de l’Institut de Technologie de Floride a suivi 1000 gagnants du loto sur 10 ans. Très peu était finalement plus heureux que 10 auparavant. Et en fait, la plupart était moins heureux 6 mois après avoir gagné, après avoir quitter leur travail qui leur apportait une certaine estime de soi, et avoir gagné une somme qu’ils ne pensaient avoir mérité (perso, je trouve cela très américain, le fait de mériter ou pas sa chance). Si vous voulez une étude détaillée plus française du processus en cours, vous pouvez lire « la liste de mes envies »  de Grégoire Delacourt:)

L’autre point de la démarche des 9 étapes est notre relation à notre travail. pour les auteurs, nous passons la majorité de notre temps à « travailler pour gagner sa vie », mais en réalité, on travaille pour la perdre, à force d’externaliser notre vie quotidienne.
Cela commence à faire un long article alors je parlerai dans un prochain article de ce point et des différentes étapes de ce livre.
Pendant ce temps, je vous laisse avec une question : combien vous faut-il pour être heureux ?

Pour acheter ce livre (lien d’affiliation : je touche une petite commission si vous achetez sur Amazon après avoir cliquer sur ce lien)

Sur le même thème :