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Vivre ses passions !

Varanassi pendant la mousson

Varanassi pendant la mousson

On oublie souvent que l’indépendance financière n’est pas une faim en soi, mais que le but est de vivre ses passions.

Je viens de lire le dernier article de MMM, un entretien avec une avocate qui a atteint l’indépendance financière à 33 ans, c’est-à-dire en 5 ans.

C’est un peu une « dream story ». Tout s’est passé parfaitement.

Elle a fait quelques années d’études, travaillée quelques années puis s’est tournée vers sa vocation : le droit. Elle a fait une école « moyenne » et est sortie avec son diplôme et 100 000 $ de dettes due à un emprunt étudiant. Elle a trouvé un boulot à 160 000 $ par an. Elle a continué à vivre comme une étudiante, dans un T1, a préparé ses repas, n’a pas acheté de voiture, est allée au boulot à vélo, a récupéré les fringues que sa soeur ne mettait plus etc… La seule dépense supplémentaire qu’elle a eu pendant cette période, était des voyages pendant ses vacances. Continuer la lecture

Dal Lake - Shrinagar - Cachemire

Comment partir en voyage loin et longtemps

Dal Lake - Shrinagar - Cachemire

Dal Lake – Shrinagar – Cachemire

Voici un article, à l’heure des vacances, tiré d’un chapitre de l’ebook, « les 10 commandements du voyageur« , à télécharger sur ce site. Ce livre explique et encourage à tous les candidats comment partir en voyage loin et longtemps.

C’est l’été, donc j’espère que nombre d’entre vous avez pu, ou pourrez partir en vacances et/ou en voyage, et après tout, c’est bien agréable. Mais le retour est toujours dur. Donc, pourquoi ne pas rêver de partir loin et longtemps, c’est à dire pour un an ou plus. Imaginez que vous avez la motivation, le temps et l’argent pour le faire. Comment s’y prendre ? Par où commencer ?

Il faut considérer d’abord quelques petites choses. Et il faut être très déterminer.

Partir seul(e) ou à deux ?

Question importante. Vous vivez déjà une histoire avec quelqu’un, et vous avez envie tous les deux de partir. Cela tombe bien, vous avez envie de voir les mêmes pays et vous vous sentez rassuré d’être ensemble. J’ai rencontré des couples extraordinaires qui voyageaient ainsi et c’était du bonheur pour eux. Et j’ai rencontré beaucoup de couples qui se sont séparés en voyage. 24 heures sur 24 avec la même personne, ce n’est pas facile. Il y a un tas de petites décisions à prendre, pas vraiment de routine, ce qui signifie beaucoup de compromis, de « négociations ». Si vous êtes très proches, pas de problème à priori, si vous êtes assez différents ou que l’un de vous aime son indépendance, ça peut être plus difficile.

Peut-être avez-vous avez envie de partir avec un copain ou une copine, juste pour vous entraider, pour vous rassurer ? Ok, mais réfléchissez à ce que cette personne va vous apporter. Si ce n’est qu’un semblant de sécurité ou pour éviter d’être seul(e), ce n’est pas peut être pas une raison suffisante. On peut vite se prendre la tête en voyage. Peut être vous n’êtes pas obligé de vous impliquer pour toute la durée du voyage. Peut-être, pourriez-vous partir un ou deux mois ensemble puis faire cavalier seul(e) si cela vous chante.

Vous êtes seul(e). Très bien. Ne vous inquiétez pas, vous ne le resterez pas longtemps si vous le désirez. Vous pourrez être toujours entouré(e), si cela vous convient. Vous voyagerez en groupe dans cette région, puis vous irez ailleurs avec quelqu’un d’autre. En voyage, les groupes se font et se défont au gré des itinéraires. C’est très naturel

Et si vous décidez de rester seul(e) de temps en temps, vous découvrirez que vous ferez des rencontres plus facilement. Vous aurez un rapport beaucoup plus facile et plus ouvert avec le reste du monde. D’ailleurs vous-même, étant seul, vous n’oserez pas abordez un groupe de voyageurs, alors que vous irez facilement à la rencontre d’une autre personne seule. Peut-être pour cette raison, certains disent que le vrai voyage se fait seul.

Si vous êtes une fille, il y a deux possibilités. Partir seule ne vous fait pas peur et donc pas de problème, il y en a beaucoup dans votre cas. Soit vous n’êtes pas tranquille ; d’ailleurs ni votre famille et ni vos proches ne le sont ; alors dans ce cas, partez avec quelqu’un, une copine par exemple. Je ne chercherai pas à vous convaincre de partir seule, car, d’abord c’est votre voyage et, de toutes façons, tout ce que vous pourrez lire ou entendre ne vous fera pas changer d’avis. D’ailleurs il n’y aucun problème, il y en a aussi beaucoup dans votre cas, et elles sont très heureuses.

La durée du voyage

Autre question délicate. A mon humble avis, pour votre premier voyage, partez le plus longtemps possible et au moins un an. Je vous explique pourquoi. Il vous faudra environ quatre mois pour vraiment rentrer dans le voyage, perdre tout votre stress accumulé par votre vie précédente, vous lâcher complètement et vraiment commencer à vous connaître et à apprécier ce que vous faites. Quand vous partez en vacances trois semaines, le meilleur moment, c’est le début de la deuxième semaine, non?

Donc au bout de quatre mois, si vous êtes parti pour un an, il vous restera deux mois avant d’arriver à la moitié, huit mois de voyage en tout. Ça laisse le temps de voir venir ; de l’espace pour bien aller au fond des choses.

Si vous ne partez que huit mois, vous aurez fait après quatre mois la moitié de votre voyage, et déjà ce n’est plus pareil. Le retour est déjà au bout de l’horizon.

Si vous partez six mois, vous êtes déjà sur le chemin du retour, vous angoissez déjà. En fait, il y a de fortes chances que vous n’ayez rien lâché du tout. En dessous de six mois, vous serez toujours un touriste. Vous n’aurez même pas une semaine à perdre. Il vous faudra tout contrôler.

Un an, c’est vite passé pour les autres. Vous ne manquerez rien. Le service militaire durait un an, voilà une belle façon de le remplacer, n’est-ce pas ? Un argument de plus pour vos proches qui essaieraient de vous retenir, s’il y en a encore.

Enfin, et ce n’est pas le plus négligeable, les billets d’avion sont souvent valables un an, cela vous permettrait de partir avec un billet retour, et profitez du tarif aller-retour, plutôt que deux allers simples. Par exemple, vous pourrez achetez un aller retour Sydney, à l’aller par le Pacifique, le retour par l’Asie. Les assurances elles aussi, dépassent rarement un an.

Choisir son itinéraire

Ça, c’est très agréable, de regarder la mappemonde et de s’imaginer la parcourir pour de vrai. Choisissez quels pays visiter et combien de temps vous comptez y rester. Faites bien sûr attention aux saisons (mousson, fortes chaleurs…) Renseignez en même temps pour les visas, combien de temps vous pourrez rester dans chaque pays etc.

Comme je l’ai déjà mentionné, pour un premier voyage prévoyez de faire votre voyage en commençant dans la mesure du possible par les pays les plus riches, et finissez par les pays les plus pauvres. Deux gros avantages :

Vous vous adapterez ainsi petit à petit à la pauvreté, aux différences culturelles. Par exemple en Asie, il vaut mieux commencer par la Thaïlande, plutôt que l’Inde, et même si possible faire une escale avant la Thaïlande à Singapour ou Hong  Kong. Comme ça, vous découvrez l’Asie petit à petit. J’ai une amie, grande voyageuse, qui est arrivé directement à Calcutta en provenance de Sydney et qui n’a pas voulu sortir de son hôtel pendant trois jours. Elle voulait repartir tout de suite. Heureusement, au bout de quinze jours, elle ne voulait plus quitter cette ville. Bien qu’elle ait déjà traversé le Brésil et l’Argentine l’année d’avant, le choc initial avait été dur. Cela m’arrive encore, à chaque fois que je débarque en Inde ou au Népal, en partant directement d’Europe. Même si je ne suis rentré en Europe que pour quelques mois. Alors, pour vous si c’est la première fois…. Cela doit être la même chose pour certains pays africains ou d’autres en Amérique du Sud par exemple.

Imaginez maintenant que vous partiez un an. Vous avez un budget de 15 dollars par jour. Dans la plupart des pays en voie de développement, vous pourrez vivre avec 10 dollars par jours. Par contre, dans les pays riches, vous aurez plutôt besoin de 20 dollars. Une nuit d’hôtel coûte environ 15 dollars, pour vous donner un ordre d’idée. Ok, vous pourrez travailler un peu, faire du stop, visitez des amis…Mais 20 dollars, ça me paraît déjà pas beaucoup. Mais si vous commencez votre voyage en Asie par exemple, vous serez tenté de dépenser vos 15 dollars par jours, avec des petits extra par exemple. Ça va vite. Et une fois dans un pays riche, vous vous apercevrez que vous dépenserez plus que prévu (plus que 15 ou 20 dollars par jour), et vous serez obliger d’abréger votre voyage. J’en connais pas mal qui ont fait cela. Ils avaient prévu le Canada ou la Californie sur le chemin du retour, et ils ont fait 2 heures d’escale dans l’aéroport de San Francisco ou Los Angeles, et 10 mois de voyage au lieu d’un an prévu, ils avaient tout dépensé en Australie ou en Nouvelle-Zélande.

La motivation

Tout au long de votre préparation, il faudra renforcer votre détermination. La préparation mentale est plus importante que tout le reste. Il faut prendre une décision irrévocable. D’abord, il faut changer le « Un jour, j’aimerais bien partir… » en « Je pars dans…. ». Fixer une année, puis un mois et enfin une date.

Il faut que votre quête devienne presque une obsession. Tout doit converger vers ce but. Ce n’est pas nécessaire d’en parler à pleins de gens. Gardez cela pour vous et quelques proches, c’est votre secret. Mais soyez ferme. Quand on décide d’aller contre le cours des choses (et partir, c’est aller contre le cours des choses), il y a toujours des obstacles qui se mettront devant vous. Si partir vous tente mais si vous n’êtes pas vraiment sûr, alors vous n’irez pas bien loin.

Votre vie quotidienne doit s’adapter à votre nouveau but. Elle vous aidera même et vous économiserez sans effort.

Lire un livre ? Ok mais qui me donne envie de voyager ou sur un pays, une culture que je compte visiter. Aller au ciné ? Même chose. Achetez des fringues ? Oui mais seulement ce qui me sera utile en voyage ou indispensable pour vivre avant de partir. Sortir ? Beaucoup moins. Investir dans une voiture, une moto ? Surtout pas, sauf si vous voulez partir avec. Ne dépensez pas pour économiser, si vous voyez ce que je veux dire.  Par exemple, n’achetez pas une nouvelle télé plus grande, sous prétexte que regarder des films à la maison coûte moins cher qu’aller au cinéma.

Par contre, vous trouverez d’autres occupations. Peut-être : approfondir votre anglais, apprendre à dessiner, prendre des cours d’autodéfense etc.

Je vais vous offrir une analogie, un « peu » extrême, il est vrai, mais qui peut vous aider.

Considérez votre monde de tous les jours comme une prison. Chacun sa cellule. Certains ne se rendent même pas compte que c’est une prison. La cellule est confortable, les matons ne sont pas trop désagréables, il y a même la télé par internet, de temps en temps on nous laisse sortir quelques semaines pour aller vous changer d’air dans d’autres contrées à la plage ou à la montagne… Mais vous savez que c’est une prison, et l’embellir avec des canapés plus confortables, une plus grande télé avec écran extra plat, ou un nouveau rasoir à quatre lames ne vous intéresse plus du tout. Vous préférez creuser un tunnel pour en sortir. Et cela devient un réel plaisir de « creuser ». Chaque sou économisé vous rapproche de la sortie. Je ne sors pas en boîte ce soir, je vais plutôt lire ce livre ou réfléchir à mon itinéraire en Australie, ainsi je vais économiser environ 45 euros, soit 4 jours en plus de voyage en Asie en mangeant au restaurant à tous les repas. Pas vraiment un drame, un vrai plaisir.

En Angleterre, il y a pleins de gens qui vivent comme ça. C’est courant. On les respecte, et on les laisse faire. On ne les invite pour les voir que si c’est à la maison, pas pour sortir au restaurant par exemple. Pendant six mois, ils ou elles vont prendre un autre petit boulot en extra, sortir moins etc. On sera au courant de leur progression : « Ca y est, Untel a acheté son billet d’avion ! » Et puis très vite, elles seront parties, et on les verra revenir six mois ou un an plus tard, la tête pleine d’histoires. C’est à force de voir des gens comme ça, que je me suis décidé la première fois. Et j’ai commencé à « creuser ». Avant, j’en rêvais seulement.

Si vous vous mettez dans cet état d’esprit, il n’y a pas grand chose qui pourra vous arrêter. D’ailleurs, faites la liste des pires choses qui vous forcerait à rester (la mort ou la maladie grave d’un parent par exemple). Pensez aux obstacles possibles une bonne fois. Mettez-les de côté dans votre tête  Bon, alors maintenant rien d’autres ne vous empêchera de partir. Puis recommencez à creuser.

La beauté de l’analogie de la prison, est qu’une fois qu’on a réussi à sortir, il n’y a plus de prison. On peut en sortir ou y rentrer quand on veut.

Un dernier conseil, si c’est vraiment dur d’économiser, si l’argent semble vous filer entre les doigts, achetez votre ticket d’avion le plus tôt possible ou versez une option dessus. Cela fera un déclic dans votre tête. L’argent s’économisera plus facilement. Tout est dans la tête.

Je vous promets, que si vous ne voyez pas les choses comme ça, à moins d’être riche, et avoir plein de temps à perdre, vous ne partirez jamais ou pas bien loin.

Comme je l’ai déjà dit, partir, c’est aller contre le cours des choses. Oh bien sûr ! Tout le monde rêverait de partir. Mais aucune formation, aucun cursus ne prévoit cela. Personne ne vous conseillera de le faire, sauf ceux qui l’on fait. C’est à peine dans l’air du temps. Certains magazines vous en parlent, mais comme d’un exploit, puis vous raconte juste derrière l’histoire d’une personne qui a passé 10 ans dans une prison en Malaisie pour trafic de drogue. Vous saisissez le message, à peine subtil. Vous pouvez rêver de partir, mais c’est dangereux. Restez dans votre canapé, cela vaut mieux.

J’exagère peut-être un peu, mais c’est vrai qu’il y a un malaise vis à vis du voyage dans notre pays. D’où ce livre. Les gens me disent parfois que j’ai de la chance d’avoir voyagé. Je leur réponds en général que cela n’a pas grand chose à voir avec la chance. Personne ne part par hasard. Alors arrêtez de rêver, passez à l’action, soyez ferme et tenez bon.

La préparation au voyage

Voici quelques étapes

  • Tout en économisant, réfléchissez à ce dont vous aurez besoin d’emporter, commencez à accumuler ces choses. Faites-vous en offrir, pour votre anniversaire ou autre. Vos futurs anciens collègues seront contents de contribuer à votre sac de couchage, votre sac à dos ou vos lunettes de soleil.
  • Commencez à ranger, à vous organiser avec votre logement actuel.
  • Pensez aux vaccins, aux visas.
  • Cherchez une assurance/assistance. Probablement sur Internet et à l’étranger. Partir plus de trois mois semble quelque chose d’inconcevable pour les assureurs français. En Angleterre, vous trouverez des assureurs spécialisés (Columbus par exemple) qui font de la pub dans le métro. Une autre culture, je vous dis.
  • Préparez votre voyage de plus en plus précisément. Lisez, apprenez sur ce que vous aimeriez voir. Regardez si tout colle. Prévoyez plusieurs options.
  • Enfin, commencez à dire au revoir. Réglez toutes vos affaires. Imaginez que vous partez pour de bon et n’allez plus revenir. Peut être avez-vous envie de dire un mot gentil à un cousin, une amie pas vus depuis longtemps.

À partir de là, tout va très vite. On ne se relaxera qu’une fois assis dans l’avion qui prend de l’altitude, un apéro à la main, en se demandant ce qui s’est passé et surtout…ce qui va se passer.

Voilà ! Vous voyez, ce n’est pas compliqué.  De la volonté, un peu d’organisation, et vous irez vite et loin.

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L’antithèse du minimalisme

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La voiture idéale pour aller travailler ?

Ma femme revient d’un séjour d’un mois au États-Unis dans sa famille en Géorgie.

Nous avons eu une longue discussion la nuit dernière alors qu’elle me racontait ce qui avait changé depuis notre dernier voyage ensemble. Les différences culturelles entre nos deux pays sont de plus en plus frappantes pour elle.
Je me suis dit que cela pourrait être intéressant dans ce blog, en partant de l’hypothèse que dans beaucoup de domaines, les États-Unis sont en avance sur nous. Je dis en avance dans le temps, de manière non-jugeante, pas en termes de qualité de vie, de bonheur ou de confort.

Après tout, en janvier j’avais fait un article après mon retour d’Inde un peu dans la même idée mais dans le sens inverse. À l’époque, c’était nous qui étions « en avance », et je regardais dans le « passé ». Aujourd’hui je me tourne vers le futur.

Donc, voici une petite liste qui est sortie de notre discussion

  • Les équipements sont devenus super-technologiques et très chers. Le nouveau frigo acheté par mon beau-frère a coûté 2500 dollars. Il fait de la glace pilée, de la glace normal, de l’eau fraîche, avec de l’eau filtrée, a une cellule de refroidissement, un tiroir à part pour les pots, peut maintenir différentes températures dans différents compartiments, est IMMENSE et personne ne sait s’en servir.
  • La tondeuse à gazon n’est pas une tondeuse classique, c’est un mini-tracteur. Apparemment, tout le voisinage ne peut concevoir de tondre leur pelouse sans être assis sur ce genre d’engin, même pour une surface plate et aussi petite que 700 m carrés. Chacun à sa tondeuse bien sûr. On ne prête pas car on a peur que l’autre ne s’en occupe pas bien et c’est mal vu de dépendre des autres.
  • Les voitures sont énormes, axée sur la sécurité au point du ridicule, voir ci-dessus, le dernier modèle de ma belle-soeur, qui rentre à peine dans le garage (la voiture, pas ma belle-soeur qui est charmante et a une taille mannequin). Ces mêmes voitures ont des ordinateurs à la place du tableau de bord, qui se relient avec le smartphone. Le smartphone est/sera bientôt la pièce clé de l’automobile.
  • Les maisons sont énormes (300 m carrés pour une famille de 4 personnes), pas cher (200 000 dollars) pas très solides. On aurait pu imaginer pour des gens tellement inquiets de leur sécurité qu’ils auraient une porte solide digne de ce nom. Il faut un digicode pour ouvrir la porte du garage mais on peut crocheter la moindre porte-fenêtre avec un canif. Mais attention, les gens ont parfois des flingues. Certaines villes obligent même chaque habitant à avoir un flingue à la maison, comme ça, les cambrioleurs sont prévenus.
  • Les fruits et légumes n’ont pas de goût. Ils viennent tous de Californie, ont été cueillis pas assez mûrs et transporté dans des camions frigorifiques à travers les States
  • Tout est accès sur la performance et la compétition depuis le plus jeune âge.  Les bébés à la crèche sont notés à partir de leur entrée (vers 3 mois). D’ailleurs, on ne dit plus crèche (kindergarten) mais « academy ». On apprend bébés à se rouler, à ramper, à s’asseoir et on note qu’il est bien dans les normes. À la fin de la crèche, avant d’entrer à l’école maternelle, il aura un diplôme (si, si). Pour la fin de l’école maternelle, il y a une remise de diplôme, la levée des couleurs des USA avec un chant la main sur le coeur. L’identité nationale est apprise vite ! Par contre, les chants sont chantés par tous en anglais et en espagnol.
  • Des parents notent les statistiques de leurs enfants de 5 ans au base-ball. Ils vont à tous les entraînements et filment tout sur leur portable. Il y a même un nom pour ce genre de comportement qui ne concerne pas que les entraînements de baseball, « helicopter-parents ». Il y a même des études faites sur le devenir des enfants de ces parents (comme quoi le phénomène n’est pas si récent), et elles montrent que les enfants entrent en dépression plus souvent quand ils quittent le giron familial que les autres enfants.
  • Il y a un gaspillage de tout, de l’eau, de la nourriture, de l’essence, de l’énergie. Choquant, désolant et complètement anodin. Il y a trop d’exemples qui me viennent en tête
  • Le Smart Phone est partout (omniprésent) et omnipotent. Il peut tout et s’incruste partout. Il était mal vu de laisser sonner son téléphone au restaurant et encore plus d’y répondre. Il est maintenant bizarre de ne pas répondre à ses messages. Ainsi, il est quasi-impossible d’avoir une conversation avec son ami sans qu’il ne regarde son smartphone ou est distrait.
  • L’art de la conversation est perdu, ce sont des monologues, tout le monde parle de soi, quand cela lui chante. À charge de celui qui écoute de dire que cela l’intéresse ou pas (« I’d rather not talk about this). Ainsi, personne ne s’intéresse à autrui. Exemple : personne n’a demandé à ma femme en un mois, comment était sa vie en France, ce qu’elle faisait, ses projets, ses loisirs. Elle était dans sa famille proche, plus éloignée, elle a revu des amis qu’elle n’avait pas vus depuis des années. Elle s’est inquiétée de leurs vies, des décisions, de leur travail, de leur famille respective etc.. Mais pas un ne lui a demandé quoique ce soit sur elle.

L’antithèse du minimalisme ?

Alors que peut nous enseigner tout cela.

Pour résumé, elle a vu des gens qui recherchent la sécurité et consomment plus pour cela, qui ont la tête dans le guidon et qui ont de moins en moins de rapport « humains » entre eux. Ce qui est tout le contraire du minimalisme, en quelque sorte.

Je retrouve aussi cette tendance à l’atomisation (l’individualisation) de notre société commune à nos deux sociétés avec peut-être une certaine avance aux US.

Les familles sont devenues nucléaires et ceci a entraîné un repli sur soi. Avant il fallait comme on disait un village (ou une rue) pour élever un enfant. Il y avait aussi une sorte de surmoi social et tout le monde « veillait » sur tout le monde. Ainsi, quand mes parents ont déménagé dans un nouveau quartier lorsque j’ai eu 6 ans, ils ont fait comme tout le monde dans leur rue. C’est-à-dire qu’ils m’ont laissé allé à l’école seul, accompagné de mes copains de la même rue. Ma mère n’est jamais venue me conduire ou me chercher à la sortie de l’école dans mes 4 ans à l’école primaire et encore moins plus tard.

Je veux dire que l’individualisation de notre société a des conséquences sur notre sentiment d’insécurité chez nous aussi. Et c’est un argument de vente ou de consommation. Demandez autour de vous qui laisse ses enfants aller à l’école en dessous de 10 ans. Personne. Ou pas grand monde. Gamin de banlieue, je prenais seul le train à 11 ans pour aller voir ma grand-mère le samedi. J’arrivais à Gare du Nord, marchais jusqu’à Gare de l’Est et prenais un nouveau train pour Rosny-sous-Bois. Quand je raconte cela, j’ai l’air d’un extra-terrestre, mais quand je questionne mes collègues ou amis du même âge, cela leur semble normal. Les études le montrent, le monde des banlieues n’est pas plus dangereux maintenant que dans les années 80, mais la perception du danger beaucoup plus grande.

Donc la peur, le repli sur soi, fait conduire nos enfants à l’école ou à la crèche (ou academy) dans de gros 4X4. Elle isole des autres. La ville ne fait plus société (voir Jacques Donzelot). En fait, la ville s’éclate en banlieue infinie (le fameux sprawl) et bien délimitée. Marietta, « banlieue chic » d’Atlanta a refusé le métro pour ne pas avoir de horde de pauvres venir habiter là. Donc, tout le monde utilise sa voiture, il n’y a pratiquement pas de transport en commun.

Le pire est que les valeurs de concurrence, de performance encouragent cet individualisme. Il faut se démarquer, d’autant plus qu’il y aura peu de monde au sommet de la pyramide.

Donc, je vois que les parents élèvent leurs enfants seuls, sans les voisins, sans les grands-parents qui habitent loin ou sont décrédibilisés. Les gens vont travailler en voiture écoutant une radio qui leur ressemble, vont travailler avec des collègues qui leur ressemblent, vont faire un sport qui leur ressemble et jamais ne vont se frotter à l’Autre, qui devient synonyme de danger parce que différent, « pas comme nous » etc…  les gens travaillent plus, plus longtemps et prennent leur retraite plus tard pour pouvoir se permettre ce niveau de vie. Du coup, les gens se retrouvent incroyablement seuls, et passent leur temps sur Facebook et Twitter pour se faire des amis (qui leur ressemblent). Ls dépressions sont en augmentation et la consommation aussi.

Mais au fait, je parlais des États-Unis ou de la France ?

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Hommage au Népal

Au pied des Annapurna - Himalaya

Au pied des Annapurna – Himalaya

J’ai été comme tout le monde très peiné des évènements qui ont commencé le 24 avril dernier au Népal. Des secousses ont toujours lieu deux mois après la premier tremblement de terre et la situation est toujours dramatique. Bien sûr tout le monde aide comme il peut en fonction de ses moyens.

A part la France, le Népal est pour moi le pays où je me sens le mieux, où je suis le plus en accord avec moi même, et cela malgré la guerre civile et les autres évènements malheureux. Je me suis toujours dit que s’il me restait 3 mois à vivre, j’irai les passer au Népal pour partir au milieu des montagnes et des hommes saints qui y habitent.

Je voulais aussi rendre hommage à ce pays et ses habitants à qui je rends visite le plus souvent possible. C’est un texte que j’ai écrit il y a longtemps pourtant, avant la guerre civile qui a appauvri encore plus ce pays et a marqué profondément ses habitants. C’est un hommage au Népal des années 90, bien après celui des hippies des années 70 mais avant celui du tourisme de masse et des hôtels 4 étoiles qui fleurissent maintenant. Vous sentirez une certaine nostalgie. Mais ce n’est pas une nostalgie tournée vers le passé. J’éprouve la même nostalgie pour ce pays d’aujourd’hui, c’est plutôt une sorte de mal du pays qui me tient toujours.

Sur les traces de Maurice Herzog

Cela fait trois heures que Julie et moi sommes assis, face à face à la terrasse du restaurant. Le temps se couvre sur la vallée du Modi Khola. Comme nous, le ciel a envie de pleurer.

Birethanti est le dernier village du trek, la dernière étape après trois semaines de marche. Mais aucun de nous n’a envie de rentrer sur Pokhara.

– Bon, faut y aller, après ça va faire tard ! Y’a quand même une heure de bus jusqu’à Pokhara.

– OK, OK, un dernier « chaï » (thé indien), on paye et on y va. OK ?

Cela fait plusieurs fois que l’on dit ça, et en fait personne ne bouge. « Encre un petit quart d’heure… ». On est vraiment comme des gamins refusant d’aller se coucher. Mais à force de rester là, à ne rien dire, je viens de prendre une décision irrévocable : je reviendrai ici le plus tôt possible, je reviendrai, c’est promis, juré, craché.

Cela va faire presque un mois, jour pour jour que je suis au Népal. Je suis arrivé très sceptique. Ce n’est pas bien d’avoir trop d’attentes sur un endroit. Mais c’était plus fort que moi. KATMANDOU ! ! C’est vraiment un mot magique. D’autres noms dansaient dans ma tête : Maurice Herzog, Annapurna, René Barjavel, Reinold Messner, Edmund Hillary, Flash, Everest, K2, Manaslu etc… Tous mes rêves d’adolescent se trouvaient là, presque. Et puis, ils y avaient tous les gens rencontrés en Australie, en Nouvelle-Zélande. Tous, chose rare, étaient unanimes : le Népal est l’un des meilleurs pays à visiter en Asie.

Mais trop c’est trop. J’allais forcément être déçu. Alors par avance, je me suis noirci le tableau. Katmandou n’est plus un village aux nombreux jardins, il y a 700 000 habitants maintenant, on n’est pas dans les années 70 non plus, le tourisme a du tout dénaturé, même les Népalais, j’arrive trop tard. J’imaginais que le pire allait arriver.

Il ne m’a pas fallu longtemps pour perdre mon semblant de scepticisme. À l’aéroport de Katmandou, j’ai rencontré Tyrelle. On a partagé le taxi jusqu’à Thamel, le quartier ultra-touristique de la ville. De là, on a pris un vélo rickshaw et on est descendu parmi les rues étroites, d’aspect médiéval, vers la vieille ville. Cela fait six ans que Tyrelle passe son temps entre économiser de l’argent en Angleterre, et voyager en Asie. Elle vient de passer les six derniers mois dans la jungle d’une petite île en Thaïlande. Elle est plutôt relax et spontanée.

Je ne sais pas ce qu’il lui a pris, mais sur le rickshaw, elle s’est mise à vraiment sourire et à saluer tout le monde de façon très révérencieuse avec des « Namasté », accompagné du geste de prière, comme il est paraît-il de coutume. Je ne savais plus où me mettre.

Mais, chose encore plus incroyable, les Népalais semblaient  sincèrement très heureux de nous voir heureux, alors ils nous souriaient et répondaient par un Namasté aussi cérémonieux. Les enfants, les femmes assises sur le trottoir, les saddhous, tout le monde nous souriait. Alors on souriait de plus en plus. A Durbar Square, la place Royale, nous avons laissé le rickshaw pour continuer à pied. Là aussi, tout le monde était vraiment très content de nous voir, et les Namasté continuaient. Je n’en pouvais plus de sourire et de rigoler. Tout m’émerveillait, les temples majestueux, les échoppes des magasins sur les trottoirs, le sourire de la foule, le joueur de flûte, Tyrelle. J’étais comme un gamin. J’avais des crampes dans les mâchoires. Et puis, on aperçoit l’hôtel qu’on nous avait recommandé chacun séparemment depuis deux pays différents.. Il est beau, blanc, semble propre, il a des balcons donnant sur la place et sur le vieux palais royal et les temples. C’est parfait ! On se regarde, je dis :

– Je veux la chambre tout là haut, au troisième avec le balcon !

Et puis je m’arrête et je reprends mon souffle.

– Non, tout va trop bien. Tu vas voir, l’hôtel va être fermé ou complet.

Hotel Sugat - Durbar Square

Hotel Sugat – Durbar Square

On entre, on se renseigne. L’hôtel est bien ouvert, il y a des chambres simples ou doubles. Je regarde Tyrelle, on se connaît depuis à peine une heure. On hésite. Est-ce qu’on pourrait voir une de chaque ?

Le patron prend un jeu de clés, et nous conduit au troisième étage, il ouvre la porte d’une chambre. C’est exactement celle que je voulais, le balcon est là, la chambre est propre, confortable, toute blanche. Il y a deux lits. Je regarde Tyrelle, on se marre, un hochement de tête :

– C’est bon, c’est celle là qu’on veut.

On est resté six jours, à pas faire grand chose, boire du chaï, discuter avec des Népalais, des backpackers, des anciens hippies des années 70 qui nous racontaient “la grande époque”. On a réuni les lits. Comme des amoureux, on se levait tard et on discutait beaucoup. Il y a à Katmandou une atmosphère romantique, je crois. Du haut du balcon ou du toit de l’hôtel, j’ai pu voir à quel point les Népalais ont le sourire et la gentillesse naturelle. Je ne les ai jamais vus se mettre en colère ou ennuyer quelqu’un.

Marché - Durbar Square

Marché – Durbar Square

Même pour essayer de vendre du haschisch ou changer des dollars (activité illégale), ils restent polis et presque parfois timide :

– Excuse-me, Sir ? Change, haschisch ?

– No thank you, I don’t smoke.

– Oh ?! Sorry, sorry…

Le septième jour, j’ai quitté Tyrelle. Je voulais voir les montagnes de plus près ; elle voulait apprendre à méditer. Je me suis dirigé vers Pokhara, puis le massif des Annapurna.

Là encore, je n’ai pas été déçu. La marche avait commencé parmi les bananeraies. Puis de village en village, le paysage changea avec l’altitude : du blé, du maïs, puis de l’orge et enfin seulement de la pomme de terre. A 2500 m les conifères succédèrent aux forêts de chênes. Puis au-delà de 3200, juste des buissons, puis du lichen, puis plus rien. En bas la population était hindoue, puis plus haut d’origine tibétaine. C’est dans la  magnifique forêt de chênes que j’ai rencontré Denis et Fanny. Cela faisait près de quatorze mois qu’ils voyageaient autour du monde et ils avaient passé une très mauvaise première nuit sur le trek. Ils étaient partis en retard de Pokhara et n’avaient pas pu rejoindre Besisahar (point de départ du trek) avant la tombée de la nuit. Il faut normalement six heures de bus pour effectuer les quarante-deux km de piste entre Dumre et Besisahar. A mi-chemin, il s’était mis à pleuvoir, la piste était devenu impraticable. Ils étaient bloqués dans un village. Le chauffeur du camion dans lequel ils voyageaient leur avait proposé de leur trouver un logement pour la nuit, le camion repartirait au lever du soleil. Denis me raconta :

– On suit le chauffeur à l’intérieur d’une vieille maison, les murs sont noirs de suie, on passe à côté d’une salle à manger qui ressemble plutôt à un garage, on monte un escalier en bois très étroit, et on arrive dans une pièce, un dortoir avec une dizaine de lits très sales ! Je dis au chauffeur en essayant d’être cool :

– Ne vous inquiétez pas pour nous, on va trouver un hôtel.

– Non, non, vous ne comprenez pas. C’est ici l’hôtel du village.

– Ah ? OK.  Alors ça va, pas de problème.

Fanny continue  : “En fait l’hôtel n’était ouvert que pour les travailleurs qui refaisaient la route. Ils ont commencé à débarquer, après leurs dîners pris dans la salle à manger en bas, complètement saouls, en crachant partout. Y’en avait un qui toussait tellement, j’ai cru qu’il allait mourir là ! On n’a pas pu dormir. Au milieu de la nuit, un gars s’est mis à apostropher un autre à l’autre bout de la chambre, et ils ont commencé une conversation d’ivrognes en gueulant au milieu des ronflements. On a dormi partout en Asie, mais je crois que c’est la pire nuit que j’ai jamais connue, une horreur ! On était les premiers dans le camion le lendemain au lever du soleil ! »

Denis conclut :

– Maintenant on en rigole, mais vraiment c’était la plus mauvaise nuit qu’on a passé en Asie !

Au-dessus de 4000 mètres, il n’y a plus rien qui pousse, sauf un peu de lichen. Au-dessus de 4400, plus rien de tout. Seuls les yaks permettent à quelques hommes de vivre. A 4200 Fanny est malade, à cause de l’altitude, donc ils décident de rebrousser chemin.

Le jour suivant, on est une trentaine à passer le col de Thorong-La à 5400 m. Les montagnes ont une telle présence. Beaucoup autour culminent à 3 km au-dessus de nous, c’est vraiment impressionnant. On se sent tout petit, tellement fragile, vulnérable. Je suis très heureux, malgré mon mal de tête. Le plateau tibétain s’étend désormais devant nous. On peut voir la pyramide presque parfaite que forme le Dhaulagiri.

Dhaulagiri vu de Muktinath

Dhaulagiri vu de Muktinath

Je sais qu’au pied de cette montagne, il y a le village de Tukuche, de Marphat et juste en face de l’Annapurna. J’y serai dans quelques jours. Je sais aussi que c’est dans cette vallée que s’est passée une des aventures la plus formidable de l’alpinisme mondial.

Tukuche

Tukuche – village du camp de base de Herzog

En 1951, huit alpinistes français, avec à leur tête Maurice Herzog, ont gravi, sans oxygène, pour la première fois dans l’histoire de l’humanité, un sommet de plus de 8000 m, l’Annapurna.

L'expédition de 1951

L’expédition de 1951

La belle aventure s’est transformée en tragédie à cause du mauvais temps et de la malchance. Lionel Terray et Maurice Herzog ont sauvé leurs vies mais ont perdu des doigts aux mains et aux pieds, victimes de gelures. L’intensité des souffrances qu’ils ont subies est inconcevable, à la mesure de leur courage. Leur survie, et celle de toute l’équipe était déjà un miracle.Ce récit “Annapurna, premier 8000”avait marqué mon enfance. Je me souviens d’une phrase d’Herzog dans son livre : “ J’ai appris que pour gravir une montagne, il est plus important d’être honnête que d’être fort”. Les Népalais considèrent leurs montagnes comme des déesses, ils savent de quoi elles sont capables.

Quinze jours après Thorong-La, je suis à Birethanthi, dernier village du trek, avec Julie, une Québécoise. Attablé à la terrasse du restaurant, je pense à tout ça.

Je ne sais pas ce qui va me marquer le plus : la gentillesse inégalée des gens, leur flegme, la présence de ces montagnes, si hautes, si majestueuses, les caravanes de mulets, les baignades dans l’eau glacée de la rivière, Kshitiz, Raju, Hari, ces Népalais qui nous ont fait rire, et qui étaient les premiers à nous donner l’accolade, en échange de rien, parce qu’ils sont heureux, parce qu’on est heureux, parce qu’on aime leurs pays.

Il n’y a pas si longtemps, le Népal était le deuxième pays le plus pauvre du monde. Le revenu moyen par habitant était de $ 164 par an en 94. L’espérance de vie de 53 ans pour les hommes.

En 1951, quand Herzog a vaincu l’Annapurna, il y avait 6 millions d’habitants. Maintenant, il y en a 22 millions. La moitié des recettes de l’Etat vient des aides extérieures. C’est dire à quel point le pays fait face à de gros problèmes. Pourtant les Népalais semblent garder le sourire. Est-ce dû à leur incroyable spiritualité ? Il y a plus de 150 festivals religieux par an à Katmandou. Il doit y avoir plus de temples, d’édifices religieux dans cette ville que de cafés à Paris. Les autels sont constamment « utilisés » : le matin pour les offrandes avant d’aller travailler, le soir pour les prières, la journée pour une requête ou une « pouja ». Continuellement décorés de fleurs, d’encens, de « tikas », les dieux semblent bien vivants ici.

Un de mes grands plaisirs à Katmandou est de me promener au lever du soleil dans la vieille ville. Les touristes dorment encore, mais les Népalais sont là en famille, offrant une fleur et un peu de poudre rouge à leurs dieux, avec leur gentillesse et leur délicatesse habituelles.

Finalement, Julie se lève la première. Je la suis. On paie, puis on sort du restaurant. On descend la rue pavée, on passe le pont, puis on marche 500 m dans la boue pour rejoindre le goudron de la route de Pokhara. Hélas, il y  un bus, puis c’est Pokhara, et un hôtel. C’est fini.

Epilogue 

J’ai revu Denis et Fanny quelques jours plus tard à Katmandou, dans le fameux hôtel de Durbar Square. Je venais juste de louper Tyrelle. Elle m’avait laissé un message pour que j’aille la rejoindre dans un monastère bouddhiste. Pourquoi pas.

– Ben alors, vous deux ! Qu’est-ce que vous faites là ? Je croyais que vous étiez en Inde ?

– Ouais, mais on est tellement bien là ! On n’arrive pas à se décider à partir. Et puis on n’arrête pas de voir débarquer des gens d’Inde qui disent « Ah ! Qu’est-ce que c’est bien ici ! » Il paraît qu’il fait 50°C à Delhi.

– Je ne sais pas si l’Inde c’est moins bien ou pas, mais il est hors de question que je parte maintenant. Je commence juste à apprécier…

Autre épilogue 

J’ai tenu parole, un an après j’étais de retour au pays natal du Bouddha et sur les sentiers autour du massif de l’Annapurna. Je crois que je suis accro ou amoureux.

Faites attention si vous allez là-bas, je ne connais personne qui ne se soit pas promis d’y retourner. Le frère d’un collègue y est retourné quatorze fois d’affilé. Je vous aurais prévenu.

Monkey Temple - Kathmandhou

Monkey Temple – Kathmandhou

Paysage du Cotentin

L’esprit voyage à la maison

« Le Dieu oublié du voyage est toujours Karl Baedeker, bien qu’il soit mort en 1859. Ses guides de voyages ont instauré le modèle (toujours existant) des voyages dits touristiques plus attirés par les sites et les monuments que par les peuples. Sa réussite a été de trouver des sites présents en permanence, facilement identifiables, datés et classifiés selon l’admiration qu’ils suscitent….Un voyage touristique est toujours de nos jours un cours d’histoire, d’architecture, d’esthétisme, ainsi qu’une appréciation des hôtels et de la nourriture. Continuer la lecture

Barbie in India

A quoi ça sert d’être riche ?

Cela faisait 5 ans que je n’étais pas retourné  en Inde et près de 12 ans dans le Karnataka, état du Sud, dont la capitale Bagaluru (Bangalore) est souvent appelé la Silicon Valley indienne.

L’avantage d’un séjour aussi court (un mois), est qu’on est toujours en processus d’adaptation, et j’ai pu comparer nos deux mondes, le monde occidental et le monde indien.

Riche de droits…

Cette fois, et cela va paraître comme une banalité, j’ai vraiment pris la mesure de notre richesse, à nous, occidentaux, vivant dans un pays démocratique développé. D’abord, nous sommes riches de droits, de droits civiques, mais surtout de droits sociaux. Je parle du droit à une éducation, à la santé, au logement, à la retraite etc.. Tout ce qui n’existe pas là-bas. Parfois même, nous trouvons que les gens qui défendent ces droits en font un peu trop. J’ai eu l’occasion de rencontrer des travailleurs sociaux à Bangalore lors d’un échange arrangé par mon hôte à Bangalore. Ces travailleurs sociaux se battent pour que les plus pauvres puissent avoir droit à quelques choses, ils se battent en manifestant, en bloquant, en écrivant, en pétitionnant et pour cela ils passent souvent du temps en garde à vue, en prison, subissent des intimidations et sont mal vus car ils empêchent certains de s’enrichir en paix. Je suis revenu avec une admiration pour ces héros de l’ombre qui font l’histoire de leur pays, et qu’on entendra jamais nommés. J’ai aussi acquis une plus grande appréciation pour les « avantages acquis » ayant vu les effets d’une vie sans. Les amis chez qui j’ai séjourné quelques jours sont manifestement de la classe moyenne. Elle ne travaille pas et lui est le responsable d’une ONG. Il a une thèse en économie de la Sorbonne, a travaillé plusieurs années pour l’UNICEF, est invité plusieurs fois par an à donner des conférences en France, au Brésil et en Italie. En effet, il parle anglais, portugais, français, italien, et quelques langues indiennes ayant des alphabets différents. Ils sont propriétaires de leurs maisons, ils ont deux aides à domicile et un chauffeur. Tout a l’air nickel mais mon ami a 76 ans, et il travaille toujours, d’une part par passion mais aussi par nécessité. Il a élevé et marié trois enfants, donc trois mariages à payer. Un des enfants a eu un grave accident et il a fallu payé 6 mois d’hôpital. Mon ami, lui, a été diagnostiqué d’un cancer il y a deux ans, et les chimios, les examens ont aussi coûté très chers, vidant les économies d’une vie. Voilà un exemple de vie sans droits sociaux.

Aux USA, certains font face au manque de droits sociaux avec presque les mêmes conséquences tragiques. J’ai un ami dont la femme est atteinte d’Alzheimer. Elle a 75 ans, lui 77. Ils sont mariés depuis 52 ans. La garder à domicile devient de plus en plus problématique. Pour elle, entrer en institution coûterait 120 000 dollars par an. Lui n’a pas ce genre de revenus, étant à la retraite. Donc, il a deux solutions. Soit il paie en prenant sur les économies , son capital, dont les intérêts lui versent sa retraite, jusqu’à ce qu’il se retrouve insolvable, ruiné, et alors il aura droit au minimum vieillesse américain (« social security ») et sa femme aussi. Elle pourra alors rester dans un établissement spécialisé qui sera payé par le contribuable américain, grâce à une sorte d’aide sociale. Soit il doit divorcé, il pourra alors garder sa retraite et il pourra faire déclarer insolvable sa femme pour permettre à l’aide sociale américaine de prendre en charge les frais de séjours dans l’institution nécessaire au vue de sa condition, et lui garder sa maison, sa voiture etc… Divorcer ou se retrouver au minimum vieillesse américain seraient un drame inimaginable encore pour lui. Il a choisi la troisième solution : rester avec sa femme, l’accompagner lui-même jusqu’au bout, même si sa vie est un enfer. – Pour les gens qui se posent la question, en France, les choses se passeraient un peu différemment, car l’aide sociale française se paient avec la participation partielle et selon les ressources, du conjoint, des enfants, petits-enfants, arrière petits-enfants (selon les départements) et finalement sur la succession, une fois que tout les époux sont morts. On oblige personne à se ruiner avant de prendre le relais : l’Etat avance les frais et se rembourse sur la succession.

Donc, je suis très reconnaissant et heureux que la France aient ces droits sociaux, et je crois que tout le monde devrait l’être.

Et des richesses tout court…

Nous avons aussi d’énormes richesses matérielles. Nous étions déjà riches dans les années 80. Nous sommes devenus de plus en plus riches, et aujourd’hui notre richesse est devenue insolente. Paradoxalement (ou pas), aujourd’hui, la classe moyenne indienne a la même préoccupation que la classe moyenne occidentale (accès à l’éducation des enfants, un peu plus d’argent, un peu plus de bidules/gadgets/produits de consommation, et puis une bonne santé, une retraite pour les vieux jours etc..) mais elle ne se bat pas avec les même armes et surtout elle ne part pas du même niveau. Donc, je disais que cette recherche d’accumulation de biens et d’amélioration du quotidien semble universelle.

Si je regarde ma vie et celle des autres Terriens, nous avons toujours chercher à avoir un peu plus et/ou un peu mieux, le truc qui nous manque, quoi. A 10 ans, j’ai acheté mon premier radio-cassette mono, mais à 15 ans ma première stéréo, à 18 ans ma première voiture (une Renault 12 TS de 1974), puis les autres, à 25 ans, ma première moto ( Kawasaki 600 GPZ Ninja), mon premier ordi, puis mon premier Mac…

Ce n’est pas un phénomène nouveau. En d’autres temps, les hommes avec un peu de richesse ont eu le même réflexe (avoir plus) mais achetaient autre chose : des pierres précieuses, des palais, certains cherchaient la reconnaissance et la gloire (mais comme la richesse, la gloire était aussi un signe de valeur…). D’autres, pour augmenter leurs revenus, achetaient des moyens de production, des fermes par exemple (je pense à Sénèque), ou des armées (Crésus, Pompée) pour acquérir plus de gloire et plus de richesse. Aujourd’hui, nous créons des auto-entreprises, nous cherchons un boulot qui paie plus, une promotion, nous passons un concours.

Je l’avais déjà signalé dans un autre article, tout le monde recherche 20 % de revenus en plus de ce qu’ils ont déjà. Quand on pose la question : combien avez vous besoin de gagner pour être heureux ? Ceux qui gagnent 1000 €, vont dire, en moyenne, 1200 € (« si j’avais 1200 € par mois au lieu de 1000, ce serait super !! ») ;  ceux qui gagnent 2000, vont dire 2400 ; ceux qui gagnent 5000, vont dire 6000 €, en moyenne.

La question que je me pose aussitôt est : pour quoi faire ? J’ai la chance d’avoir quelques années derrière moi et je vois bien que nous sommes bien plus riches qu’il y a 30 ans, bien plus que les 20 % « nécessaires » à être super heureux. Tous les « objets de consommation » que nous achetons se sont « enrichis », améliorés, ont eu des upgrade. Ils n’ont aucun point commun avec ce que nous utilisions à l’époque. Je parle des objets de la vie quotidienne : les maisons, les voitures, les appareils photos, les téléphones, les plaques de cuissons etc. Et franchement, sommes nous plus heureux que dans les années 80 ? Ne devrions-nous pas avoir la banane tous les jours, non ?

J’ai lu quelque part que si l’on travaillait tous à mi-temps, avec les progrès de la productivité des dernières années, nous pourrions produire le même PIB par personne que celui des années 80. On pourrait vivre avec le même niveau de richesse que dans les années 80. C’était pas si mal les années 80 en terme de confort, non ? En travaillant à mi-temps. En tout cas, la planète s’en sortait mieux.

La vraie question est : pourquoi est-ce que la majorité d’entre nous se réveille à 6h30 chaque matin par un réveil horrible, sort de son lit, se lave les dents, mange et boit un café rapidement, pour se rendre dans le froid et la pluie dans un lieu, où l’on rend, 8 heures par jour,  quelqu’un plus riche, qui demande en plus notre reconnaissance pour cela ?

Pour avoir plus de bidules avec plus de pixels ? Vraiment ? Ou sommes en train de courir après un mirage ?

Toits de Paris

Le minimalisme en voyage

Encore un article sur le voyage. Une de mes passions. Ca me fait rêver et me motive à continuer sur ma lancée. Dans cet article je ne parle que de longs voyages, pas de 15 jours ou trois semaines, mais plutôt de plus de 2 mois, quand on n’est pas obnubilé par chaque jour et chaque heure qui passe

« Remember to take half as many clothes as thou thinkest and twice the money »

« N’emporte que la moitié des affaires dont tu penses avoir besoin, et le double de l’argent ». Extrait des 10 commandements du voyageur.

En voyage, avec l’expérience, on sait en regardant le sac de quelqu’un, à quel voyageur on a affaire. Entre ceux qui se baladent à travers le monde avec deux petits sacs plastiques et ceux qui portent péniblement deux sacs à dos bourrés (un devant, un derrière), il y a un monde.

Certes, on a rarement besoin de marcher longtemps avec son sac à dos. Pour ainsi dire, on le porte seulement de l’aéroport à l’hôtel, de l’hôtel à la gare, et de la gare à l’hôtel et ainsi de suite. Mais c’est un conseil très important : emportez le moins possible ! Moins on porte, mieux on se porte !

D’ailleurs, une fois goûté au plaisir de voyager léger, on ne peut plus s’en passer. Pour moi, bien sûr ce n’est pas venu tout seul. Lors de mon tour du monde et premier grand voyage, j’étais à San Diego, avant de traverser la frontière. Après beaucoup d’hésitation, j’ai laissé mon gros sac chez des amis qui m’hébergeaient. J’ai gardé simplement une musette que je avais préparée avec soin. Je me souviens d’avoir emmené d’Europe une foule de gadgets : une minuscule lampe de poche, une corde à linge extensible, des médicaments pour ci ou ça, et d’autres choses que je croyais indispensables et surtout introuvables ailleurs. J’avais des boites pour les ranger et pour qu’ils prennent le minimum de place. Je voulais ainsi les retrouver facilement. J’avais ainsi une section « salle de bain », une section « cuisine », « lessive », chambre à coucher » etc.

Et puis après quatre semaines de voyage prudent au Mexique, je suis arrivé à Oaxaca très tôt, et très fatigué, à cinq heures du matin. J’avais fait 17 heures de train et 6 h de bus pour venir de Morelia. J’ai donc dormi deux heures sur une chaise dans la gare routière. Puis vers sept heures, j’ai marché en ville pour prendre un petit-déjeuner. Il était trop tôt pour trouver un hôtel sans payer une nuit supplémentaire. Je me suis assis tout seul sur la terrasse d’un café qui venait d’ouvrir sur le zocalo principal. J’ai mis le sac sous ma chaise. Je savourais l’air matinal non pollué et je sortis mon carnet de notes pour écrire. Un groupe d’Américains est passé juste derrière moi. Je les ai trouvé drôles ou plutôt incongrus avec leurs bobs, leurs caméras vidéos et appareils photos. Ils étaient bien sûr en shorts et T-shirts, malgré la fraîcheur du matin à 1500 m d’altitude. Ils faisaient un peu « tâche ». Je n’avais pas vu de touriste, ni aucun gringo d’ailleurs depuis 3 semaines.

Quelques minutes plus tard, je me suis levé pour aller aux toilettes. Et en me levant, je me suis aperçu tout de suite que mon sac n’était plus sous ma chaise ! Disparu, envolé ! Volé ! Après vérification auprès du serveur, il a fallu que je me rende à l’évidence, je me suis retrouvé les mains dans les poches. Je garde toujours sur moi tout mon argent et mes papiers ; donc ce n’était pas vraiment dramatique, mais plutôt frustrant. J’ai payé mon chocolat chaud et pris une chambre d’hôtel sans un seul sac. Je n’ai même pas pu prendre de douche car je n’avais pas de serviettes, pas de change. Donc, je suis ressorti aussitôt faire des courses.

Cela s’est avéré, en fin de compte, une très bonne expérience. Je n’ai pas pu, bien sûr, remplacer tout ce que j’avais perdu, mais pour 50 pesos (7 $), j’ai pu acheter au marché un petit sac et de quoi m’habiller, me laver et me sécher. Mais surtout, je me suis aperçu au bout de quelques jours que je n’avais besoin de rien d’autres. Tous ces gadgets que je croyais indispensables étaient en fait plutôt inutiles. Donc j’ai gardé l’habitude et maintenant, je n’ai même plus peur de me faire voler mon sac ! Parfois, j’ai même envie de le perdre, pour pouvoir repartir encore plus léger, plus libre.

Il y a un tas de petits avantages à voyager léger :

– un petit sac est plus facile à surveiller. Il ne vous quitte jamais, même pour monter dans un bus bondé. Il reste avec vous, bien au chaud à l’intérieur et non pas sur le toit sous la pluie, par exemple.

– Chercher un hôtel devient nettement plus agréable et si on quitte la ville le soir, il n’y a pas besoin de revenir chercher ses affaires en fin de journée.

– Faire son sac le matin devient presque un plaisir.

– Il est facile de prétendre aux hordes de « touts » (rabatteurs) que l’on a déjà un hôtel en expliquant que le reste de ses affaires est d’ailleurs là-bas.

Alors la question reste, que faut-il emporter ?

La réponse est complexe et sera différente pour chacun bien sûr. Elle dépend d’ailleurs de la raison pour laquelle vous voyagez.
Mais voici une petite liste de choses que je trouve nécessaire à mon confort.

Pour un pays chaud :

2 slips, 2 T-shirts, 1 petite serviette, 1 veste légère ou un blouson léger, 1 pantalon léger et/ou 1 short qui fait d’ailleurs office de maillot de bain, 1 paire de chaussure (avec 2 paires de chaussettes) ou sandales (pas besoin de chaussettes), un saree (genre de grand drap teinté) pour dormir, un chapeau.

1 rasoir, 1 savon (pour le corps et la lessive) dans une boite à savon, 1 brosse à dent et du dentifrice, 1 déodorant.

Aspirines, préservatifs, crème anti-moustiques (je m’en passe de plus en plus).

Pour un pays plus frais :

Je rajoute 1 sweat-shirt, 1 pull, 1 paire de grosses chaussettes (je porte une paire fine dessous), un jean, un duvet. Je pars avec une paire de sandales et une paire de chaussures.

Tous mes papiers, passeport, ticket d’avion, argent sont répartis sur moi dans une pochette antivol sous les vêtements et dans une ceinture en cuir avec une fermeture Eclair à l’intérieur de la ceinture. Je porte un sac banane avec un guide ou une carte locale, un couteau et lunettes de soleil, parfois un bout de ficelle.

Sur cette liste, on peut à ajouter pour certains un journal pour écrire (source des bons souvenirs), stylo, carnet d’adresses (avec pleins de places libres) et peut-être un appareil photo (pour impressionner les copains au retour) et/ou de quoi dessiner.

Je lave mes affaires au fur et à mesure en même temps que je prend ma douche le soir. La lessive n’est plus une corvée. D’ailleurs à propos, j’ai souvent l’impression que les gros sacs transportés par certains backpackers ne contiennent que du linge sale.

J’ai travaillé quelque temps avec un Suisse de plus de 60 ans qui part toujours en voyage pratiquement les mains dans les poches. Chaque jour, quand il se douche, il lave les affaires qu’il porte et les laisses sécher sur lui, bien essorées. Il m’a dit qu’il avait pris l’habitude à l’armée.

« Tu comprends, m’expliquait-il, quand tu arrives quelque part, tu as toujours envie d’acheter un tee-shirt ou un short qui te plaît, alors ça ne sert à rien d’emporter des fringues. »

Je ne suis pas aussi extrême que mon ami suisse, mais je n’emporte pas de mousse à raser, d’après rasage, de papier hygiénique, de coton tige, de crème solaire, de crème après solaire, de shampoing, d’après shampoing, de peigne etc.

J’ai appris à m’en passer petit à petit. Je n’ai rien découvert, je n’ai fait que copier ce que beaucoup de gens font à travers le monde. En voyageant dans des pays moins pollués, en mangeant plus lentement et plus sainement, en apprenant à se laver correctement (c’est à dire très souvent, en frottant, mais sans savon), en perdant beaucoup de stress, on remarque que notre corps fonctionne mieux, qu’il produit moins de toxines, qu’il arrête de sentir mauvais, que les cheveux restent propres. Mais il faut le faire pour le croire (j’entends d’ici des sarcasmes). Ne pensez pas non plus que vous êtes un cas particulier (« J’ai une peau comme ceci, une barbe comme cela etc. »). On est tous fait de la même matière, et ce qu’on a besoin ici en Occident, peut s’avérer complètement inutile ailleurs.

Je pars sans livre, ni musique. Je voyage pour apprendre, pour m’ouvrir. Donc je découvre des livres et j’écoute la musique au grès des rencontres.

Pareil pour l’ordinateur, le téléphone. Je suis un peu vieux jeux et il est vrai qu’un téléphone peut être très utile pour réserver une chambre, un billet etc.. Mais je recherche pas la facilité, ni l’efficacité, mais plutôt la spontanéité.

Vous pourrez compléter, échanger ou vous débarrasser de votre bagage, au fil du voyage.  Parfois il faudra acheter un pull, une moustiquaire, de la crème solaire. Pas de problème, si on en a besoin, on le trouve sur place, et souvent moins cher. Je ne comprend pas les gens qui préparent leur voyages en cherchant partout le truc impossible à trouver en Occident, car inutile, alors qu’on peut le trouver en sortant de l’aéroport pour une fraction du prix.

Si un jour, dans un pays riche, vous avez besoin de vêtement , faites les magasins d’occasion ou de charité. Dans tous les pays riches, il y a des pauvres, donc il y a toujours un moyen d’acheter bon marché.

Il faut se rappeler que quand le sac est léger, la tête le devient. Cela prend un peu de temps pour y parvenir, mais encore une fois, le jeu en vaut la chandelle.