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Coup de gueule contre la voiture

 

Campagne française

Campagne française

Je devrais reprendre le titre de cet article et l’appeler  « Coup de gueule contre l’utilisation excessive de la voiture » au lieu de « coup de gueule contre la voiture » mais ce serait trop long pour mon SEO.

Tout le monde sait que la voiture pollue et qu’elle coûte trop cher, qu’elle nous décourage à faire de l’exercice et bien d’autres choses. Tout le monde le sait mais d’un autre côté c’est tellement pratique, et puis la pollution c’est du long terme alors que j’ai besoin d’aller faire des courses à l’autre bout de la ville car ils ont des promotions en ce moment….

Tout ça, on le sait et je ne compte pas en rajouter. Par contre je voulais parler des changements que j’ai remarqué chez les gens (adultes et enfants) qui vivent en grande banlieue (dont j’ai fait partie) et qui sont dépendants de leur véhicule pour se blesser pour se déplacer.

j’ai souvent une conversation avec mes collègues de notre lieu d’habitation. J’exprime souvent mon choix d’avoir voulu vivre assez près de mon travail pour effectuer le trajet en vélo. Comme mon travail est en centre ville, cela implique que je me retouve en proche banlieue. Mes collègues ou autres personnes autour de moi disent souvent leur attachement de vivre à « campagne », c’est à dire à une 20 de kilomètres au moins de la ville. Ces personnes prennent souvent leur décisions de manière plutôt logique, le prix des maisons est moindre,  permettant d’acquérir un bien plus grand pour moins cher, un meilleur environnement pour les enfants, un meilleur cadre de vie le week-end et que cela vaut bien quelques heures par semaine coincées dans les ralentissements.

C’est tous ces arguments que je vais démonter et je vais démontrer qu’il existe d’autres inconvénients (pour moi assez dramatiques) à vivre loin de son lieu de travail et dépendre de la voiture pour s’y rendre.

je ne parle pas ici d’un résultat scientifiques mais de mon expérience au fil du temps. J’ai habité un banlieue parisienne 20 ans, en centre ville de Londres et de Paris une dizaine d’année, à la campagne pendant un an, en grande banlieue pendant 3 ans, et actuellement, je suis de retour en banlieue proche (moins d’un km d’une station de métro). J’ai croisé et observé de nombreuses familles et leurs enfants, j’ai même accueilli des ados pendant plusieurs semaines.

Arguments économiques

Lors de l’achat de notre résidence principale, j’avais fait sur une feuille Excel les projections de coûts sur 10 ans à vivre en centre ville (mode de transport vélo), en proche banlieue (vélo) et à la campagne (voiture ou abonnement en train).

A l’époque nous cherchions à un appartement, si possible en rez de jardin. J’ai pris en compte le maximun de critères, impôts, neuf ou ancien, financement du prêt, isolation de l’appartement avec pour conséquences la facture énergétique, la coût du transport. Une fois fait ces calculs, il était apparu évident que la meilleur affaire à l’époque était d’acheter un appartement neuf (BBC) en proche banlieue. Nous cumulions les avantages du prêt à taux zéro, des frais de notaires diminué, taxe foncière diminuée sur deux ans, crédit d’impôt, peu de frais de transport, peu de frais de chauffage, et pas de gros travaux à venir pendant 10 ans.

J’indique cela car je crois que peu de gens font ces calculs. On n’achète pas une résidence que pour des raisons financières, mais il est important de savoir dans quoi on s’engage afin que la décision ne se base pas que sur une émotion ou le « feeling ». Alors maintenant,

Argument qualité de vie

On pourrait penser que vivre à l’écart des villes améliore grandement la qualité de vie. Permettez moi d’être en désaccord avec cette hypothèse. Certes, à court terme, c’est le bliss, loin de la pollution, du bruit et des des gens (« l’enfer, c’est les autres » comme dirait l’autre). Mais ce mode de vie m’interroge. Je vois plusieurs dangers :

  • vivre entre soi : A vivre en grande banlieue ou à la campagne, on a vite fait de se retrouver entre soi. Le matin, on prend sa voiture pour aller bosser avec des gens qui nous ressemblent, le soir on va faire un sport qui nous ressemble avec des gens qui nous ressemblent. Le week-end, on invite des gens qui ont une voiture et qui nous ressemblent… Vous voyez le tableau. On ne peut le nier car c’est précisément pour cela que les gens quittent les banlieues et les villes, pour être loin des gens qui les dérangent. Sur le long terme, on prend de drôles de réflexes, on commence à craindre toute nouvelle personne qui vient dans nos vie, on a de plus en plus de mal à se socialiser avec de nouvelles personnes, on se replie et on fuit la nouveauté. Que les campagnes soient des havres de conservatisme n’est pas à démontrer. Je suis toujours surpris de voir que les gens qui craignent le plus les immigrés sont ceux qui ont finalement peu l’occasion d’en croiser.
  • Vulnérabilité économique : on devient dépendant d’un objet qui est relativement cher à acquérir et à entretenir. De plus, éloigné de la ville et de l’activité économique (« Paris et le désert français »), on a moins possibilité de retrouver un travail si celui qui nous occupe venait à disparaître ou ne nous plaisait plus.
  • Le temps passé en voiture peut être inconfortable et vite devenir. Surtout qu’il faut faire le taxi pour les enfants pour les activités péri-scolaires.
  • On marche de moins en moins dans la vie de tous les jours, car beaucoup de choses sont trop loin pour être entreprises à pieds, ce qui couplé avec le temps passé dans la voiture n’améliore pas la santé des artères de notre corps sous-utilisé.
  • Enfin, logiquement, les enfants, élevés dans cet environnement, vont copier et intégrer toutes ces mauvaises habitudes : ne pas marcher, peur de socialiser. Je vois maintenant des ados de 16 ans, qui n’ont jamais pris le train ou le métro, qui ne savent pas lire une carte pour s’orienter dans une ville qu’ils ne connaissent pas, qui ont peur de rencontrer de nouvelles personnes, pour qui le monde est plein de danger, et qui finalement ont peur de quitter le cocon familial pour vivre leur vie.

Conclusion

Comme toutes les inventions récentes, la voiture devait nous faciliter la vie, nous faire gagner du temps, permettre de transporter des denrées , de visiter des amis plus facilement et plus rapidement mais l’homme moderne en a perverti l’usage. Ce qui avait été créé pour gagner du temps nous en fait perdre, affecte notre tissu sociale et la société dans son ensemble. Je rêve d’un monde où je n’aurais pas besoin de posséder de voiture. J’y rêve et j’y travaille. Actuellement, les usages de ma voiture se limitent à mes loisirs et les vacances, visiter des amis, la famille et des lieux inaccessibles autrement. Aucun besoin pour aller travailler et pour les courses, je m’en passe de plus en plus. C’est déjà ça 🙂

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Voiture trop chère

Comment choisir une voiture ?

Là, je dois dire que je suis dépassé. Je vais quand même essayer de comprendre. Je m’explique, cela fait 15 ans que j’habite dans une grande ville de province, après avoir vécu une dizaine d’années à Londres. Quand je suis arrivé ici, j’ai revu avec bonheur des gens circuler dans des « Deuches », des 4L, des R5, des Ami 8. A Londres, je comptais les Rolls, les Lamborghini Diablo et les Lotus. J’ai bien entendu les polémiques sur la recrudescences des 4X4 à Paris, des voitures avec pare-buffles et la mode des Humvee. Mais ici, en Province, on était plutôt préservé. Puis la crise de 2008 est arrivé et je crois que les gens ont pensé à autres choses.

Mais, depuis quelques temps, je rencontre de plus en plus, sur mon parcours quotidien à vélo, des 4X4 de toutes sortes et de toutes tailles. Et là, je ne comprends pas.

MMM a fait plusieurs articles (parfois drôle) sur l’utilisation de la voiture aux US, mais il serait mal venu de faire la même chose ici, car ces voitures ne sont pas devenues encore des objets de consommation courante. Ce sont encore des objets de luxe, pour des « privilégiés ». Mais, ça pourrait le devenir, à la française. Y a qu’à voir le nombre de SUV Dacia qu’on rencontre.

Je dis « privilégiés » avec des guillemets, car je ne m’imagine pas une seconde conduire ces tanks avec bonheur pour aller travailler. J’ai l’impression qu’il sont aussi maniables et pratique dans les rues étroites, embouteillées de ma ville de province qu’un tracteur. Et puis la consommation et la pollution, non merci (ok le  Duster est GPL mais il est quand même lourd). Donc, non merci.

Je me demande d’ailleurs toujours pourquoi les gens s’achètent des véhicules aussi chers à l’achat (de 70 000 à 130 000 pour une BM X8 – plus de 70 000 pour une Audi Q7 – 70 000 et 170 000 € pour une Porche Cayenne), mais aussi à la consommation, à l’entretien etc.. Est-ce pour ce sentir plus en sécurité ? C’est l’argument des Américains, ils se disent « en cas d’accident, je préfère être au volant d’un SUV que d’une petite voiture en plastique ». Les gens qui pensaient cela il y a quelques années achetaient des tanks Volvos. C’était des voitures qui ne se vendaient pas bien non plus. Est-ce pour une autre sécurité, contre une société qui a peur ? Est-ce pour cela que l’on voit ces voitures souvent à la sortie et à l’entrée des écoles au lieu de laisser les gamins rentrer seuls à la maison ? Est-ce pour s’isoler de ce monde qui fait peur, de cette mixité sociales inconfortables et fatigantes ? Est-ce pour prolonger le confort de notre résidence fermée sécurisée ? Pour faire le lien entre les portes fermées de nos résidences et les portes sécurisées de notre lieu de travail ? Est-ce pour cela que les conducteurs de ces engins conduisent souvent comme si ils étaient seuls sur la route ?

Du point de vue de l’indépendance financière, la voiture peut être un gouffre financier. Dans l’industrie des hôtels-restaurants, on dit que la partie hôtel peut nous faire gagner le plus d’argent, le restaurant peut nous en perdre le plus. Pour un foyer, c’est un peu pareil. L’immobilier peut nous permettre de gagner de l’argent, et la voiture d’en perdre beaucoup.

Le coût le plus important pour une voiture est rarement l’essence, les réparations, l’assurance. Ce qui coûte le plus cher dans une voiture est sa décote, la perte de valeur qui intervient inexorablement chaque année. Et ce coût est proportionnellement beaucoup plus important que l’essence/l’assurance. Illustrations :

Une Renault Clio achetée 12 000 euros en 2005,  perd 2000 euros la première année ( 160 euros par mois), 5 000 € en trois ans !! Une BMW série 1 va perdre 7500 € en 3 ans ! Plus les voitures sont chères à l’achat, plus elle décote rapidement, pas en pourcentage (les voitures de bonne qualité semblent descendre moins vite) mais en Euros.

Comment peut-on réduire le coût d’une voiture ?

Je ne dis pas que j’ai trouvé la solution infaillible malheureusement, mais voici quelques critères à examiner avant d’acheter une voiture. Peut-être réfléchir à ces questions peut nous faire prendre des décisions drastiques avant même d’acheter la voiture.

Les usages

Je vois plusieurs usages possibles : pour aller travailler, pour ses loisirs, pour faire des courses, transporter des denrées ou des personnes, pour les vacances : si vous avez besoin d’une voiture pour aller travailler, je crois que vous pouvez dire adieu à votre rêve d’indépendance financière rapide. A mon avis, il faut soit changer de travail, soit déménager. Parce que vous aurez besoin d’une voiture fiable donc en bonne état donc relativement chère à l’achat, donc qui décote beaucoup. Toutes ces questions se posent pour les autres usages de la voiture. Je me sens à l’aise quand la voiture n’est pas nécessaire à ma vie de tout les jours, je peux aller travailler à pied, en vélo ou en métro ; pareil pour mes courses. Comme cela, je suis sûr de réduire mes coûts au maximum. Nous faisons pour ces usages moins d’un plein par mois. MMM a fait deux pleins d’essence l’année dernière ! Il faut comprendre qu’une voiture coûte plus chère si vous faites plus de kilomètres. A première vue, on a l’impression que cela amortie le coût de la décote mais c’est une erreur. Cela rajoute simplement des coûts d’entretiens (vidange, pneux, freins), et la chance d’avoir des réparations supplémentaires car tous les composants d’une voiture s’usent surtout si on s’en sert.

Quelle marque et à quel prix ?

Questions encore plus difficiles. Il y a quelques années, les voitures étaient de conceptions suffisamment simples pour qu’on puisse les réparer et faire l’entretien de base soi-même. Depuis, avec toute l’électronique embarquée dans une voiture, il y a beaucoup de choses qui peuvent tomber en panne donc nous sommes la plupart incapables de réparer. Donc peut-être faut-il choisir des voitures très fiables.  Au fil des années, j’ai eu des Nissan, Renault, Peugeot, Citroën, Volkswagen, Toyota. Et les seules qui ne soient jamais, absolument jamais tombés en panne furent les japonaises. Récemment, j’ai eu de des Toyota Yaris (une fois 2 ans, et une depuis 4 ans), et pas l’ombre d’un soucis. Donc mon choix est fait. Nous avons acheté notre Toyota Yaris il y a deux ans, plus cher que l’argus, mais à part les vidanges et les révisions une fois par an, elle ne nous a rien coûtée, et nous espérons la garder au moins 5 ans de plus.

La hausse du prix des réparations est aussi due à la hausse des pièces détachées. Les pièces d’occasion peuvent être une solution mais il faudra toujours, pour la plupart d’entre nous, payer la main d’oeuvre. Donc, il faut trouver le compromis idéale entre acheter une voiture en bonne état, plus chère et avec plus de décote, et une voiture peu chère, mais qui nécessitera plus de réparations.

On revient toujours à la règle de départ, essayer de faire le moins de kilomètres par an. Il faut d’ailleurs évaluer le coût d’une voiture au prorata du nombre de kilomètre, et non pas simplement en comptant par an.

Pour finir, quelques trucs de MMM que je trouve très juste (source)

– le financement : ne jamais, JAMAIS, emprunter de l’argent pour acheter une voiture. Là on cumule décote et coût du crédit.

– choisir une voiture qui réponde à vos besoins courant. Acheter un van pour partir en vacances une fois par an ne permet pas de faire des économies. C’est certainement pratique, agréable, un rêve d’enfance et tout et tout, mais cela ne permet pas de faire des économies. Cela représente un capital immobilisé qui ne rapporte rien, et qui a même tendance à se dévaluer.

– utiliser la voiture pour des trajets de plus de 5 km en l’absence de transports en commun, ou pour transporter des objets encombrants.

– considérer échanger l’usage des voitures avec vos amis, utiliser BlaBlaCar, les voitures Lib, la location, l’utilisation de garages alternatifs.

Voilà quelques réflexions pour les débutants en achat de voiture. Pour les autres, cela sera certainement du bon sens. Le problème est qu’on les gens utilisent rarement du bon sens quand ils choisissent une voiture. Ils préfèrent le mettre de côté et « se faire plaisir » (c’est à dire mettre un an de salaire dans un objet qui ne vaudra pas grand chose dans 5 ans), d’où les 4X4. Je sais pas vous, mais je vais rarement dans des chemins en terre en voiture et s’il neige, j’ai des chaînes. Mais comme on dit, c’est un choix (et un droit à polluer). C’est vous qui voyez 🙂