Archives par mot-clé : philosophie de vie

Investir dans le bonheur

Investir dans le bonheur

Investir dans le bonheur

Qu’est ce qui fait qu’une vie est bien remplie ? Qu’est ce qu’une bonne vie ? La science essaie de répondre à ces questions.

Je suis toujours attentif à ces questions que je me pose régulièrement. J’espère y avoir assez réfléchi mais je n’hésite pas à remettre en cause mes réponses ou plutôt les réponses que j’ai fait miennes en m’inspirant de grand penseurs comme Sénèque ou le Bouddha. Continuer la lecture

Le rôle des émotions

les émotions de la mer

Océan à Hossegor

On n’entend plus que ce mot dans les médias, on le voit dans toutes les pubs. C’est le truc qui doit nous fait vivre apparemment, qui nous fait avancer, que tout le monde est censé rechercher, mais surtout qui sert à vendre. A croire les médias, sans émotions, nous serions que des psychopathes décérébrés incapables de « vivre » ou d’apprécier la vie dans notre société. Continuer la lecture

Les enfants de la crise

Sur la route

Sur la route

Je suis né à la fin des années 60, en plein dans ce qu’on a appelé ensuite les 30 Glorieuses. Je n’ai pas souvenir de cette période bien sûr. Mes premiers souvenirs remontent à la crise pétrolière, à la chasse aux Gaspi, à l’installation d’un thermostat dans la maison familiale, à la chasse aux lumières allumées inutilement et aux scenarii apocalyptiques des films et des romans de science-fiction d’un monde sans pétrole.

Ma vision personnelle des 30 Glorieuses est une ère où le matérialisme était roi et pour de bonnes raisons. La France et tous les pays autour de nous étaient à reconstruire. Les tickets de rationnements avaient duré jusqu’en 1947 et les habitudes des personnes âgées avaient été altérés. Le spectre de la guerre et du rationnement encourageaient certains personnes à accumuler nourriture et boissons de quoi tenir un siège. Il n’était pas rare de voir dans les caves et les celliers de mes amis des dizaines de kilos de sucre et de farine stockés au cas où. Toute la France était à nourrir, éduquer, soigner et à équiper. Il y avait des bidonvilles aux portes de Paris, des vieillads qui mourraient de faim et les enfants et les adultes n’étaient pas beaucoup mieux traités. Plus on possédait, mieux on se portait.

Le reste du monde, l’écologie de la planète, ne comptaient pas beaucoup, le monde était si grand et les autres continents si loin.  Les voyages outre atlantique se faisaient en bateau, et vers l’Asie en sauts de puce d’avions passant par l’Egypte et l’Iran.

Pour toute personne se trouvant dans la force de l’âge à cette période, la route était claire. Travailler dur pour améliorer son train de vie, oublier le passé et être heureux en construisant l’avenir. Quand mes parents se sont mariés en 1959, ils n’avaient pas de réfrigérateur, pas de machine à laver, pas d’ascenseur pour aider à monter les landaus en haut des six étages de leur appartement, sous les toits de Paris. Mais je crois que mon père avait déjà une voiture. Comme je l’ai dit, la route était claire. Le premier achat fut une machine à laver pour soulager ma mère (c’était plutôt une lessiveuse) puis l’achat du frigo. En 1966, ils déménagèrent en banlieue nord dans un appartement neuf, avec le chauffage central, une chambre pour chaque enfant. Puis en 1973, ce fut le pavillon, la deuxième voiture, le téléphone, la télé couleur (coupe du monde de 78), le magnétoscope (coupe du monde de 82) et puis c’est tout. Le fax et l’ordinateur sont arrivés des années plus tard.

Je décris tout cela pour expliquer le contexte de mon enfance et adolescence. Il paraît totalement normal que je n’ai cherché, jeune, qu’à aspirer aux mêmes choses que mes parents. C’est à dire, travailler dur, faire le plus d’argent possible et le dépenser intelligemment pour être heureux. Je peux rajouter aussi me marier, avoir des amis, partir en vacances mais je crois que tout le monde voit le tableau.

Mais quand je suis arrivé sur le marché du travail, le contexte avait pourtant déjà changé. Il y avait la crise, 2 à 3 millions de chômeurs et les rapports entre les partenaires sociaux, les employés et les travailleurs avaient considérablement changé. Même, mon père qui était en fin de carrière commençait à ne plus se reconnaître dans cet évolution. La précarité s’est installé dans notre société. On pouvait tout perdre assez facilement semblait-il : son emploi, ses allocations chômage, sa santé etc… Le monde devenait menaçant. A l’époque les « voleurs » d’emploi étaient Taïwan et le Japon. On ne délocalisait pas encore mais on importait, surtout des voitures plus fiables.

Dans ce contexte, j’ai choisi de travailler dans un secteur qui ne connaissait pas la crise (la restauration française), j’ai travaillé aussi plus que les autres pour avoir des promotions et je suis parti m’installer dans une capitale économique particulièrement performante (Londres). Je poursuivais  toujours le même but de gagner de l’argent afin de le dépenser pour être heureux.

J’ai déjà écrit sur la façon dont je me suis rendu compte que l’argent ne pouvait me rendre heureux. Donc je ne vais revenir dessus dans cet article. Il est suffisant de dire que vu le niveau d’équipement de mon foyer, je ne vois pas comment un surplus de dépense peut apporter quoique que ce soit à mon bonheur. J’ai appris que plus d’argent ne me rendrait pas plus heureux de mon expérience personnelle.

En examinant cet expérience, je m’aperçois que j’ai vécu à un période charnière de notre histoire. Les gens avant moi n’ont pas vraiment connu la crise économique et précarité, les gens après moi, n’ont connu que ça. Certains jeunes aujourd’hui seront aussi les premiers à connaître un niveau de ve inférieur à leurs parents. C’est ce qu’on appelle le déclassement social. J’ai peur que ces jeunes risquent donc de ne pas apprendre les mêmes leçons que moi.

Donc je me demande quel pourrait être le climat ambiant qui doit influencer les jeunes actuels et les pousser vers un bonheur moins axé sur le matériel. Je vois deux courants contradictoires.

  • Il y a ceux qui ont pensent que l’argent va les aider à acheter ce qui va les rendre heureux. Les objets qui semblent actuellement faire l’unanimité sont le téléphone portable, les grands écrans plants (incurvés SVP), les grosses voitures, des vacances plus loins et plus chères, des sorties plus fréquentes. Parmi ces personnes, je pense qu’il y a deux sous-catégories, ceux qui croient qu’ils peuvent encore arriver à posséder un jour TOUT ce qu’ils auraient « besoin » pour être heureux, et ceux qui savent qu’il n’y arriveront pas à cause de la crise ou de leur manque d’éducation ou du contexte familial, sociétal géographique dans lequel ils vivent, et du coup sont pleins d’amertume, de rancoeur et parfois de colère.
  • Et puis, il y a les vrais enfants de la crise ou les petits-enfants de Mai 1968 qui n’ont plus vraiment d’illusions sur ce monde trop matérialiste. Ils savent que ce monde va droit dans le mur. Pour reprendre une analogie, ils ont l’impression d’être dans un train à très grande vitesse, mais ils savent que quelque part sur la voie, il y a un mur. Ils ne peuvent pas descendre car le train va trop vite. Alors que font ils ? Ils se mettent dans le dernier wagon. Ainsi, il y a ceux qui cherchent un bonheur malgré tout cela et/ou à améliorer les choses. Cela peut être des militants pour une cause, des écolos qui essaient de persuader le reste des passagers qu’il faut arrêter le train,  des artistes qui pensent à autre chose, des religieux qui prennent du recul, les backpackers qui profitent du paysage etc…

Je me demande si la jeunesse actuel pourrait se reconnaître dans ces deux catégories. J’ai bien peur que l’immense majorité des gens, jeunes et moins jeunes, (99 % au moins) sont dans la première catégorie. Je ne suis pas sûr que la deuxième catégorie aient foncièrement augmentée.

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L’antithèse du minimalisme

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La voiture idéale pour aller travailler ?

Ma femme revient d’un séjour d’un mois au États-Unis dans sa famille en Géorgie.

Nous avons eu une longue discussion la nuit dernière alors qu’elle me racontait ce qui avait changé depuis notre dernier voyage ensemble. Les différences culturelles entre nos deux pays sont de plus en plus frappantes pour elle.
Je me suis dit que cela pourrait être intéressant dans ce blog, en partant de l’hypothèse que dans beaucoup de domaines, les États-Unis sont en avance sur nous. Je dis en avance dans le temps, de manière non-jugeante, pas en termes de qualité de vie, de bonheur ou de confort.

Après tout, en janvier j’avais fait un article après mon retour d’Inde un peu dans la même idée mais dans le sens inverse. À l’époque, c’était nous qui étions « en avance », et je regardais dans le « passé ». Aujourd’hui je me tourne vers le futur.

Donc, voici une petite liste qui est sortie de notre discussion

  • Les équipements sont devenus super-technologiques et très chers. Le nouveau frigo acheté par mon beau-frère a coûté 2500 dollars. Il fait de la glace pilée, de la glace normal, de l’eau fraîche, avec de l’eau filtrée, a une cellule de refroidissement, un tiroir à part pour les pots, peut maintenir différentes températures dans différents compartiments, est IMMENSE et personne ne sait s’en servir.
  • La tondeuse à gazon n’est pas une tondeuse classique, c’est un mini-tracteur. Apparemment, tout le voisinage ne peut concevoir de tondre leur pelouse sans être assis sur ce genre d’engin, même pour une surface plate et aussi petite que 700 m carrés. Chacun à sa tondeuse bien sûr. On ne prête pas car on a peur que l’autre ne s’en occupe pas bien et c’est mal vu de dépendre des autres.
  • Les voitures sont énormes, axée sur la sécurité au point du ridicule, voir ci-dessus, le dernier modèle de ma belle-soeur, qui rentre à peine dans le garage (la voiture, pas ma belle-soeur qui est charmante et a une taille mannequin). Ces mêmes voitures ont des ordinateurs à la place du tableau de bord, qui se relient avec le smartphone. Le smartphone est/sera bientôt la pièce clé de l’automobile.
  • Les maisons sont énormes (300 m carrés pour une famille de 4 personnes), pas cher (200 000 dollars) pas très solides. On aurait pu imaginer pour des gens tellement inquiets de leur sécurité qu’ils auraient une porte solide digne de ce nom. Il faut un digicode pour ouvrir la porte du garage mais on peut crocheter la moindre porte-fenêtre avec un canif. Mais attention, les gens ont parfois des flingues. Certaines villes obligent même chaque habitant à avoir un flingue à la maison, comme ça, les cambrioleurs sont prévenus.
  • Les fruits et légumes n’ont pas de goût. Ils viennent tous de Californie, ont été cueillis pas assez mûrs et transporté dans des camions frigorifiques à travers les States
  • Tout est accès sur la performance et la compétition depuis le plus jeune âge.  Les bébés à la crèche sont notés à partir de leur entrée (vers 3 mois). D’ailleurs, on ne dit plus crèche (kindergarten) mais « academy ». On apprend bébés à se rouler, à ramper, à s’asseoir et on note qu’il est bien dans les normes. À la fin de la crèche, avant d’entrer à l’école maternelle, il aura un diplôme (si, si). Pour la fin de l’école maternelle, il y a une remise de diplôme, la levée des couleurs des USA avec un chant la main sur le coeur. L’identité nationale est apprise vite ! Par contre, les chants sont chantés par tous en anglais et en espagnol.
  • Des parents notent les statistiques de leurs enfants de 5 ans au base-ball. Ils vont à tous les entraînements et filment tout sur leur portable. Il y a même un nom pour ce genre de comportement qui ne concerne pas que les entraînements de baseball, « helicopter-parents ». Il y a même des études faites sur le devenir des enfants de ces parents (comme quoi le phénomène n’est pas si récent), et elles montrent que les enfants entrent en dépression plus souvent quand ils quittent le giron familial que les autres enfants.
  • Il y a un gaspillage de tout, de l’eau, de la nourriture, de l’essence, de l’énergie. Choquant, désolant et complètement anodin. Il y a trop d’exemples qui me viennent en tête
  • Le Smart Phone est partout (omniprésent) et omnipotent. Il peut tout et s’incruste partout. Il était mal vu de laisser sonner son téléphone au restaurant et encore plus d’y répondre. Il est maintenant bizarre de ne pas répondre à ses messages. Ainsi, il est quasi-impossible d’avoir une conversation avec son ami sans qu’il ne regarde son smartphone ou est distrait.
  • L’art de la conversation est perdu, ce sont des monologues, tout le monde parle de soi, quand cela lui chante. À charge de celui qui écoute de dire que cela l’intéresse ou pas (« I’d rather not talk about this). Ainsi, personne ne s’intéresse à autrui. Exemple : personne n’a demandé à ma femme en un mois, comment était sa vie en France, ce qu’elle faisait, ses projets, ses loisirs. Elle était dans sa famille proche, plus éloignée, elle a revu des amis qu’elle n’avait pas vus depuis des années. Elle s’est inquiétée de leurs vies, des décisions, de leur travail, de leur famille respective etc.. Mais pas un ne lui a demandé quoique ce soit sur elle.

L’antithèse du minimalisme ?

Alors que peut nous enseigner tout cela.

Pour résumé, elle a vu des gens qui recherchent la sécurité et consomment plus pour cela, qui ont la tête dans le guidon et qui ont de moins en moins de rapport « humains » entre eux. Ce qui est tout le contraire du minimalisme, en quelque sorte.

Je retrouve aussi cette tendance à l’atomisation (l’individualisation) de notre société commune à nos deux sociétés avec peut-être une certaine avance aux US.

Les familles sont devenues nucléaires et ceci a entraîné un repli sur soi. Avant il fallait comme on disait un village (ou une rue) pour élever un enfant. Il y avait aussi une sorte de surmoi social et tout le monde « veillait » sur tout le monde. Ainsi, quand mes parents ont déménagé dans un nouveau quartier lorsque j’ai eu 6 ans, ils ont fait comme tout le monde dans leur rue. C’est-à-dire qu’ils m’ont laissé allé à l’école seul, accompagné de mes copains de la même rue. Ma mère n’est jamais venue me conduire ou me chercher à la sortie de l’école dans mes 4 ans à l’école primaire et encore moins plus tard.

Je veux dire que l’individualisation de notre société a des conséquences sur notre sentiment d’insécurité chez nous aussi. Et c’est un argument de vente ou de consommation. Demandez autour de vous qui laisse ses enfants aller à l’école en dessous de 10 ans. Personne. Ou pas grand monde. Gamin de banlieue, je prenais seul le train à 11 ans pour aller voir ma grand-mère le samedi. J’arrivais à Gare du Nord, marchais jusqu’à Gare de l’Est et prenais un nouveau train pour Rosny-sous-Bois. Quand je raconte cela, j’ai l’air d’un extra-terrestre, mais quand je questionne mes collègues ou amis du même âge, cela leur semble normal. Les études le montrent, le monde des banlieues n’est pas plus dangereux maintenant que dans les années 80, mais la perception du danger beaucoup plus grande.

Donc la peur, le repli sur soi, fait conduire nos enfants à l’école ou à la crèche (ou academy) dans de gros 4X4. Elle isole des autres. La ville ne fait plus société (voir Jacques Donzelot). En fait, la ville s’éclate en banlieue infinie (le fameux sprawl) et bien délimitée. Marietta, « banlieue chic » d’Atlanta a refusé le métro pour ne pas avoir de horde de pauvres venir habiter là. Donc, tout le monde utilise sa voiture, il n’y a pratiquement pas de transport en commun.

Le pire est que les valeurs de concurrence, de performance encouragent cet individualisme. Il faut se démarquer, d’autant plus qu’il y aura peu de monde au sommet de la pyramide.

Donc, je vois que les parents élèvent leurs enfants seuls, sans les voisins, sans les grands-parents qui habitent loin ou sont décrédibilisés. Les gens vont travailler en voiture écoutant une radio qui leur ressemble, vont travailler avec des collègues qui leur ressemblent, vont faire un sport qui leur ressemble et jamais ne vont se frotter à l’Autre, qui devient synonyme de danger parce que différent, « pas comme nous » etc…  les gens travaillent plus, plus longtemps et prennent leur retraite plus tard pour pouvoir se permettre ce niveau de vie. Du coup, les gens se retrouvent incroyablement seuls, et passent leur temps sur Facebook et Twitter pour se faire des amis (qui leur ressemblent). Ls dépressions sont en augmentation et la consommation aussi.

Mais au fait, je parlais des États-Unis ou de la France ?

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Smart verte

Quelles perspectives de retraite ?

Smart verte

Ce week-end, j’ai revu une vieille amie à qui j’expliquais ma démarche. En discutant avec elle, je me suis rendu compte que les choses sont très simples concernant ma situation économique et mes perspectives de retraite.

En France, de plus en plus de gens considèrent qu’il y a une fracture au travail, et qu’elle est même double. Il y a donc deux camps :

– En gros, 75 % des Français ont une situation sur le marché du travail stable, par exemple un CDI.

– Les autres 25 % sont des précaires du marché du travail, les premiers à trinquer à la moindre amorce de début de crise, les premiers dont les contrats ne sont pas renouveler et pour qui, joindre les deux bouts peut être au mieux incertains. Pour ces personnes, la poursuite de l’indépendance financière va être très très compliquée.

La fracture est double parce qu’il y a deux corrélations fortes :

– d’une part, les gens diplômés supérieurs sont ceux qui ont la situation stable, les CDI et tout le reste. (ceux de la première catégorie).

– d’autre part, les gens non diplômés (c’est à dire qui ont le BAC ou moins, oui le BAC ne vaut pas grand chose) sont ceux qui sont sans travail ou ont un travail très précaire (ceux de la seconde catégorie)

Donc premier conseil pour atteindre l’indépendance financière, avoir un diplôme supérieur, c’est encore un vrai remède contre le chômage.

Quels perspectives de retraite pour la première catégorie (et moi) ?

Alors, quand est-il des 75 % de « privilégiés » dont je fais partie. Quelles sont leurs perspectives ? Ils ont travaillé dur à l’école, quoique pas toujours, en tout cas, ils sont rentrés tard sur le marché du travail, donc ils risquent de le quitter tard aussi. En fait, c’est tout à fait ma situation. Je suis fonctionnaire après une reconversion professionnelle qui m’a pris en tout 5 ans (j’ai passé 2 diplômes d’état et 1 concours national et 2 examens d’entrée dans des écoles dans cet intervalle). J’ai 48 ans. Comme j’ai aussi voyagé pendant 4 ans sans cotiser à rien, ni avoir aucun revenu, il me manque un paquet de trimestres pour compléter les quotas :).

Mes perspectives  de retraite sont donc les suivantes. C’est très simple, j’ai deux possibilités :

– soit je fais comme pratiquement 100 % de tout le monde et je continue comme ça. (je veux dire comme je faisais jusqu’à il y a un an et demi). Je vais faire un travail que j’aime à peu près, sans trop me plaindre (parce qu’il y pire). Tous les jours, je vais me lever avec un réveil, sans avoir assez dormi pour passer 10 heures par jour absent de chez moi. Je vais rentrer crevé passer une partie de mes week-end à récupérer pour pouvoir recommencer le lundi suivant. Certes je vais prendre mes 6 semaines de congés payés (5 semaines + une semaine de RTT). Je risque de me « consoler » en dépensant mon argent dans des excursions touristiques dans des pays exotiques et en améliorant mon train de vie. Je vais certainement acheter des « iBidules » indispensables mais donc je n’avais pas besoin il y a 3 ans….et continuer ainsi jusqu’à ma retraite, à 67 ans. 67 ans, c’est optimiste, car la loi peut changer. Au moment de mon départ à la retraite, je ferai une fête car je pourrai enfin utiliser les dernières années de ma vie à faire ce qui vraiment m’intéresse en admettant que je ne tombe pas malade ou que je sois trop faible pour le faire. La dépendance des personnes âgées survient en moyenne vers 75-80 ans, cela me laisserait une bonne dizaine d’année sur toute une vie pour suivre mes passions et être au top de mon existence. Si tout va bien :).

(Presque) tout le monde me dit que c’est un choix raisonnable !

– L’autre choix est de tenter autre chose pour sortir de cette destinée dictée par des contraintes économiques auxquelles je n’adhère pas et vivre beaucoup plus tôt et plus longtemps ce à quoi j’aspire le plus.

Je sais pas vous, mais moi, je préfère la seconde option 🙂

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Barbie in India

A quoi ça sert d’être riche ?

Cela faisait 5 ans que je n’étais pas retourné  en Inde et près de 12 ans dans le Karnataka, état du Sud, dont la capitale Bagaluru (Bangalore) est souvent appelé la Silicon Valley indienne.

L’avantage d’un séjour aussi court (un mois), est qu’on est toujours en processus d’adaptation, et j’ai pu comparer nos deux mondes, le monde occidental et le monde indien.

Riche de droits…

Cette fois, et cela va paraître comme une banalité, j’ai vraiment pris la mesure de notre richesse, à nous, occidentaux, vivant dans un pays démocratique développé. D’abord, nous sommes riches de droits, de droits civiques, mais surtout de droits sociaux. Je parle du droit à une éducation, à la santé, au logement, à la retraite etc.. Tout ce qui n’existe pas là-bas. Parfois même, nous trouvons que les gens qui défendent ces droits en font un peu trop. J’ai eu l’occasion de rencontrer des travailleurs sociaux à Bangalore lors d’un échange arrangé par mon hôte à Bangalore. Ces travailleurs sociaux se battent pour que les plus pauvres puissent avoir droit à quelques choses, ils se battent en manifestant, en bloquant, en écrivant, en pétitionnant et pour cela ils passent souvent du temps en garde à vue, en prison, subissent des intimidations et sont mal vus car ils empêchent certains de s’enrichir en paix. Je suis revenu avec une admiration pour ces héros de l’ombre qui font l’histoire de leur pays, et qu’on entendra jamais nommés. J’ai aussi acquis une plus grande appréciation pour les « avantages acquis » ayant vu les effets d’une vie sans. Les amis chez qui j’ai séjourné quelques jours sont manifestement de la classe moyenne. Elle ne travaille pas et lui est le responsable d’une ONG. Il a une thèse en économie de la Sorbonne, a travaillé plusieurs années pour l’UNICEF, est invité plusieurs fois par an à donner des conférences en France, au Brésil et en Italie. En effet, il parle anglais, portugais, français, italien, et quelques langues indiennes ayant des alphabets différents. Ils sont propriétaires de leurs maisons, ils ont deux aides à domicile et un chauffeur. Tout a l’air nickel mais mon ami a 76 ans, et il travaille toujours, d’une part par passion mais aussi par nécessité. Il a élevé et marié trois enfants, donc trois mariages à payer. Un des enfants a eu un grave accident et il a fallu payé 6 mois d’hôpital. Mon ami, lui, a été diagnostiqué d’un cancer il y a deux ans, et les chimios, les examens ont aussi coûté très chers, vidant les économies d’une vie. Voilà un exemple de vie sans droits sociaux.

Aux USA, certains font face au manque de droits sociaux avec presque les mêmes conséquences tragiques. J’ai un ami dont la femme est atteinte d’Alzheimer. Elle a 75 ans, lui 77. Ils sont mariés depuis 52 ans. La garder à domicile devient de plus en plus problématique. Pour elle, entrer en institution coûterait 120 000 dollars par an. Lui n’a pas ce genre de revenus, étant à la retraite. Donc, il a deux solutions. Soit il paie en prenant sur les économies , son capital, dont les intérêts lui versent sa retraite, jusqu’à ce qu’il se retrouve insolvable, ruiné, et alors il aura droit au minimum vieillesse américain (« social security ») et sa femme aussi. Elle pourra alors rester dans un établissement spécialisé qui sera payé par le contribuable américain, grâce à une sorte d’aide sociale. Soit il doit divorcé, il pourra alors garder sa retraite et il pourra faire déclarer insolvable sa femme pour permettre à l’aide sociale américaine de prendre en charge les frais de séjours dans l’institution nécessaire au vue de sa condition, et lui garder sa maison, sa voiture etc… Divorcer ou se retrouver au minimum vieillesse américain seraient un drame inimaginable encore pour lui. Il a choisi la troisième solution : rester avec sa femme, l’accompagner lui-même jusqu’au bout, même si sa vie est un enfer. – Pour les gens qui se posent la question, en France, les choses se passeraient un peu différemment, car l’aide sociale française se paient avec la participation partielle et selon les ressources, du conjoint, des enfants, petits-enfants, arrière petits-enfants (selon les départements) et finalement sur la succession, une fois que tout les époux sont morts. On oblige personne à se ruiner avant de prendre le relais : l’Etat avance les frais et se rembourse sur la succession.

Donc, je suis très reconnaissant et heureux que la France aient ces droits sociaux, et je crois que tout le monde devrait l’être.

Et des richesses tout court…

Nous avons aussi d’énormes richesses matérielles. Nous étions déjà riches dans les années 80. Nous sommes devenus de plus en plus riches, et aujourd’hui notre richesse est devenue insolente. Paradoxalement (ou pas), aujourd’hui, la classe moyenne indienne a la même préoccupation que la classe moyenne occidentale (accès à l’éducation des enfants, un peu plus d’argent, un peu plus de bidules/gadgets/produits de consommation, et puis une bonne santé, une retraite pour les vieux jours etc..) mais elle ne se bat pas avec les même armes et surtout elle ne part pas du même niveau. Donc, je disais que cette recherche d’accumulation de biens et d’amélioration du quotidien semble universelle.

Si je regarde ma vie et celle des autres Terriens, nous avons toujours chercher à avoir un peu plus et/ou un peu mieux, le truc qui nous manque, quoi. A 10 ans, j’ai acheté mon premier radio-cassette mono, mais à 15 ans ma première stéréo, à 18 ans ma première voiture (une Renault 12 TS de 1974), puis les autres, à 25 ans, ma première moto ( Kawasaki 600 GPZ Ninja), mon premier ordi, puis mon premier Mac…

Ce n’est pas un phénomène nouveau. En d’autres temps, les hommes avec un peu de richesse ont eu le même réflexe (avoir plus) mais achetaient autre chose : des pierres précieuses, des palais, certains cherchaient la reconnaissance et la gloire (mais comme la richesse, la gloire était aussi un signe de valeur…). D’autres, pour augmenter leurs revenus, achetaient des moyens de production, des fermes par exemple (je pense à Sénèque), ou des armées (Crésus, Pompée) pour acquérir plus de gloire et plus de richesse. Aujourd’hui, nous créons des auto-entreprises, nous cherchons un boulot qui paie plus, une promotion, nous passons un concours.

Je l’avais déjà signalé dans un autre article, tout le monde recherche 20 % de revenus en plus de ce qu’ils ont déjà. Quand on pose la question : combien avez vous besoin de gagner pour être heureux ? Ceux qui gagnent 1000 €, vont dire, en moyenne, 1200 € (« si j’avais 1200 € par mois au lieu de 1000, ce serait super !! ») ;  ceux qui gagnent 2000, vont dire 2400 ; ceux qui gagnent 5000, vont dire 6000 €, en moyenne.

La question que je me pose aussitôt est : pour quoi faire ? J’ai la chance d’avoir quelques années derrière moi et je vois bien que nous sommes bien plus riches qu’il y a 30 ans, bien plus que les 20 % « nécessaires » à être super heureux. Tous les « objets de consommation » que nous achetons se sont « enrichis », améliorés, ont eu des upgrade. Ils n’ont aucun point commun avec ce que nous utilisions à l’époque. Je parle des objets de la vie quotidienne : les maisons, les voitures, les appareils photos, les téléphones, les plaques de cuissons etc. Et franchement, sommes nous plus heureux que dans les années 80 ? Ne devrions-nous pas avoir la banane tous les jours, non ?

J’ai lu quelque part que si l’on travaillait tous à mi-temps, avec les progrès de la productivité des dernières années, nous pourrions produire le même PIB par personne que celui des années 80. On pourrait vivre avec le même niveau de richesse que dans les années 80. C’était pas si mal les années 80 en terme de confort, non ? En travaillant à mi-temps. En tout cas, la planète s’en sortait mieux.

La vraie question est : pourquoi est-ce que la majorité d’entre nous se réveille à 6h30 chaque matin par un réveil horrible, sort de son lit, se lave les dents, mange et boit un café rapidement, pour se rendre dans le froid et la pluie dans un lieu, où l’on rend, 8 heures par jour,  quelqu’un plus riche, qui demande en plus notre reconnaissance pour cela ?

Pour avoir plus de bidules avec plus de pixels ? Vraiment ? Ou sommes en train de courir après un mirage ?

Suivre ses passions (2)

Il y a quelques mois, j’avais expliqué dans un article pourquoi je recherchais l’indépendance financière (pour suivre mes passions). J’avais expliqué dans l’article suivant que j’avais deux passions. J’avais précisé que pour suivre ces passions, il me fallait beaucoup de temps, mais pas forcément beaucoup d’argent. Ensuite j’avais expliqué que ma première passion était le voyage. Depuis, j’avais même écris quelques articles sur ce sujet.

Mais je n’avais pas évoqué ma deuxième passion. J’avais deux bonnes raisons pour cela. La première est que cette passion est quelque chose de très personnelle et que j’avais peur d’être jugé et passer pour quelqu’un de bizarre o. Depuis, je me suis rendu compte que cela ne me dérange pas car j’écris ce blog pour moi et par dessus tout, je le veux le plus authentique possible.

La deuxième raison est que je n’avais aucune idée comment expliquer en quoi consistais cette passion, d’où elle venait et ce qu’elle impliquait… jusqu’à ce que je vois cette vidéo de Mathieu Ricard expliquant l’intérêt de l’entraînement de l’esprit et la méditation.

Ce speech montre aussi pourquoi les minimalistes sont sur la bonne voie et pourquoi je m’intéresse à ce mouvement et pourquoi je ne crois pas une seconde que le bonheur vient de ce que l’on achète.

Cela fait 18 ans que je m’intéresse à ce sujet et que je pratique la méditation, quotidiennement ou en retraites (3 jours, 10 jours ou 3 mois). Cela fait 18 ans que je suis frustré de ne pas pouvoir consacré plus de temps à cet entraînement de l’esprit comme le décrit Mathieu. Ce n’est pas une pratique facile, le chemin est souvent fait de douleurs et de doutes. Mais cette pratique apporte aussi son lot de récompenses (surtout quand on ne s’y attend pas), de rédemption et de compréhensions lumineuses.

J’ai rencontré ces dernières années plusieurs personnes qui ont atteint l’indépendance financière (soit par héritage, soit en travaillant dur) et qui se consacrent entre autres à des retraites de méditation. Cette pratique requiert peu de moyen (un lieu calme, un coussin pour s’assoir, de la nourriture et de quoi dormir) mais demande beaucoup de temps (des mois consécutifs). C’est un peu l’antithèse de notre monde moderne en y pensant un peu, où tout est cher et instantanée :).

Ainsi mon parcours vers l’indépendance financière (frugalité et vision à long terme) est totalement en accord avec la destination finale et avec moi-même.