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La sensation agréable de vivre en dessous de ses moyens

Couchée de soleil en hiver

Couchée de soleil en hiver

Plus d’un an est passé depuis le premier article de ce blog et depuis que j’ai décidé d’atteindre mon indépendance financière le plus rapidement possible, c’est à dire d’ici 2025 en essayant de vivre en dessous de mes moyens. Le temps est venu d’un premier bilan personnel sur cette entreprise en général et sur ce blog, surtout de ce qu’il m’a apporté

Une certaine décontraction

La première conséquence m’a beaucoup surpris : je suis beaucoup plus décontracté au sujet de mes dépenses. Ma femme avait peur que ce petit hobby devienne une obsession (je suis une personne très « goal orientated »), mais en fait, je suis devenu plus relax. Je dois néanmoins admettre qu’une certaine fébrilité me gagne chaque mois lorsque la paie tombe et que je calcule mon net worth, puis met à jour le graphique, avant de les poster sur le blog.

D’un autre côté, je regarde de moins en moins mes comptes en banque et mes valeurs en bourse. Je n’ai plus cette angoisse de ne pas savoir si je vais terminer le mois dans le rouge ou pas.

Je sais que de toutes les manières je vis en dessous de mes moyens, et à moins d’avoir des dépenses exceptionnelles, je terminerai le mois avec un peu plus que le mois précédent. Du coup, le solde de mon compte en banque ne m’inquiète plus.

C’est une nouvelle sensation pour moi. J’ai eu dans le passé des périodes semblables mais c’était il y a longtemps et cela se passait dans un autre pays. C’était surtout dû au fait que je travaillais entre 60 et 80 heures par semaine et que je n’avais pas le temps de dépenser ma paie. C’est ce qui m’a permis de partir un an autour du monde lorsque j’ai finalement pris conscience de l’absurdité de ma vie professionnelle.

Depuis mon retour en France de manière permanente (1999), et surtout pendant ma réorientation professionnelle (2004-2008), j’ai plutôt galéré pour joindre les deux bouts, en vivant plusieurs années en dessous du seuil de pauvreté, à compter les centimes. En plaisantant, la baisse de mon niveau de vie se traduisait ainsi : Il m’arrivait en Angleterre de sortir manger une pizza puis aller au ciné, cela s’est transformé en France entre soit ciné, soit resto, puis plus tard, location de DVD et pizza livrée, puis enfin film téléchargé illégalement et pizza surgelée :).

Donc, ce sentiment de vivre en dessous de ses moyens, de ne pas avoir vraiment à compter tout le temps est très agréable.

Plus généreux avec mon argent

Une autre conséquence est que je peux me permettre d’être un peu plus généreux pour des causes importantes pour moi. Je donne un peu plus librement. Je me permets aussi de faire des cadeaux qui ont un peu plus de valeurs que le simple geste :).

Me concentrer sur le long terme

Une troisième conséquence, encore plus psychologique, est que je fais le choix maintenant, délibérément, de me concentrer sur ce qui peut me rendre heureux sur le long et moyen terme. La question que je me pose face à une dépense n’est plus « Est-ce que je peux me le payer ? », mais
– « Est-ce que cela en vaut la peine ? » ou
– « Est-ce que cela va dans la bonne direction ? » ou encore
– « Qu’en restera t’il dans 5 ans ? ».

Cela me permet de faire des choix plus rationnels dans mes dépenses, de prioriser aussi.

Je ralentis le rythme

Un autre facteur qui m’aide dans la prise de ces décisions (de consommer ou pas) est que j’ai beaucoup ralentis mon rythme de vie quotidienne.

J’essaie d’avoir moins la tête dans le guidon, de moins courir. J’essaie de ne faire qu’une seule chose à la fois, j’ai laissé tombé beaucoup d’objectifs pour ne m’occuper que sur quelques uns qui pourront recevoir toute mon attention.

J’ai laissé tomber les « to-do list ». J’ai pris le parti de penser que si je ne peux me rappeler tout ce que j’ai à faire, c’est que j’ai trop de choses à faire et donc je dois en abandonner.

Ainsi, j’essaie d’améliorer ma qualité de vie, de prendre le temps de savourer quelques moments, quelques pauses dans la journée. J’aime cet maxime qui dit « Prenez soin des minutes, les jours prendront soin d’eux-mêmes ».

Nous avons programmé avec ma femme, un week-end par mois où nous avons décidé de ne rien faire, donc pas d’invitation, pas de gros projets, mais du repos et des moments simples improvisées sur le coup. C’est un peu vivre sur le mode vacances. Vous savez quand lors de la deuxième ou troisième semaine, on se réveille avec la délicieuse réalisation qu’on a rien à faire de spécial, aucune responsabilité et que c’est super reposant.

Enfin, je sais où je vais

Enfin, tout cela me donne une clarté et une certaine assurance dans mes rapports avec les autres. Je peux facilement refuser des invitations, des sollicitations parce que je n’en retirerai aucun plaisir ni aucun bénéfice. Cela peut paraître égoïste, mais je crois que c’est tout le contraire. Là où je suis, que ce soit à la maison, avec mes amis, au travail, je veux être capable de donner de moi sans compter, et je ne peux le faire que si je suis en accord avec moi-même.

En ce moment, j’essaie d’utiliser cet état d’esprit pour préparer nos prochaines vacances d’été. Ca avait l’air facile.

Ma femme et moi cherchons toujours un lieu où nous pouvons nous reposer, profiter d’un temps beau et sec, sans trop utiliser la voiture une fois arrivée à destination. Nous détestons la foule, le bruit, les animations et nous préférons rencontrer des autochtones que des touristes. Nous sommes tombés d’accord que nous avons toujours passé les meilleurs vacances dans des lieux les plus improbables. Je pense notamment à une semaine à Alcazar de San Juan, dans la Mancha au milieu de l’Espagne, sorte de hub ferroviaire, ou encore dernièrement une journée à La Jonquera à la frontière espagnole.

Donc au départ, nous avions répondu à l’invitation d’un ami à passer un week-end dans le Var là où il prend ses vacances, et pour la suite, puisque nous étions tout près, nous pensions aller en Italie, et pourquoi pas à Elbe, une très jolie île touristique au large de la Toscane. Après de multiples recherches, nous nous sommes aperçus que les prix étaient un peu au dessus du budget alloué, que nous allions certainement devoir utiliser la voiture plus que nous le souhaitions.

Pourtant Île d’Elbe a beaucoup d’atouts. Mais en fait, ce n’est pas ceux que nous aimons vraiment. Donc, nous nous sommes de nouveau concentrer sur ce qui compte, et non pas ce qui paraît séduisant.

Ce qui compte pour nous est de partir en vacances tous les deux, suffisamment longtemps, de trouver un endroit calme, loin de la foule et tant pis (ou tant mieux d’ailleurs) s’il n’y a rien à voir. Je ne voyage pas pour voir des monuments mais pour voir des gens, des vies. Je suis plus heureux à visiter un marché qu’un musée, une rue commerçante qu’une église ou à prendre le métro ou un bus local que le taxi.

Ce n’est pas que je ne faisais pas ces choix auparavant, mais je les assume plus, et je le dis simplement à mes amis et moi-même. Et ça me va. Ainsi ce blog m’a permis de mettre mes idées au claires, de raffermir mes convictions et donc de mieux mettre mes idées en action, à ne plus compromettre ce qui est important pour moi.

L’avenir du blog

Dans l’article des chiffres de fin mars, je m’étais promis de chercher des revenus supplémentaires. Et logiquement, je me suis posé la question s’il était possible de monétiser ce blog et à quel « prix ».

Après quelques recherches, j’ai décidé de ne pas tenter de monétiser ce blog pour le moment. Je ne mettrais pas d’Adsense, pas de ventes d’ebook, pas de création de liste d’affiliation (en échange d’un ebook gratuit par exemple), pas de marketing un peu agressif.

La seule chose que j’ai fait, est d’ouvrir une compte d’affiliation chez Amazon, et je pointerai un lien vers leur site quand j’écrirai sur un bouquin ou autre (j’avais prévu de parler du Kindle, oui je sais c’est moche, un iBidule).

Si quelqu’un utilise un de ces liens pointant vers Amazon et décide d’acheter n’importe quel produit sur le site d’Amazon, je toucherai un petit pourcentage qui permettra de payer une partie des frais d’hébergement de ce blog. Cela ne coûte pas plus cher au client, mais ça peut me donner un petit coup de pouce.

Je ne veux surtout pas parasiter l’expérience utilisateur avec des liens, des pubs, des images, et des offres trop intrusives. L’affiliation est un moyen moins intrusif à condition d’être honnête avec ses lecteurs. Mes réflexions continuent…

En parlant de lecteurs, après un an de blog et peu de travail de SEO, les stats sont encourageantes. Pour le mois dernier :
– 80 visites par jour
– plus de 8000 pages vues.

Je me suis rendu que la qualité de mon écriture était perfectible 🙂 donc je vais continuer à me concentrer sur cet aspect du blog. Parfois, je relis des vieux articles et mes dents grincent. J’espère que les idées sont plus intéressantes que le style 🙂

Dernière pensée

Voilà un premier bilan de ce blog. J’avais décidé de le monter pour deux raisons principales, suivre mes progrès et mettre mes idées au clair. Je dois dire que pour le moment, le retour sur investissement (temps et argent) a largement dépassé les prévisions attendues. Donc, c’est reparti pour une nouvelle année 🙂

Réflexions sur la blogosphère

Livres

J’écoutais l’émission « Place de la Toile » sur France Culture l’autre jour. Xavier de la Porte interviewait le médiéviste Patrick Boucheron. Entretien très intéressant que je recommande. Ce qui m’a frappé et que j’ai retenu en l’interprétant avec mes mots et mes concepts est que du point de vue de la production écrite, internet est une sorte de retour en arrière et non pas une fuite en avant dans l’inconnu comme on serait amené à le penser.

Qui est l’auteur ?

Il y a bien eu une époque où les écrits étaient recopiés au point qu’on oubliait les sources premières et les auteurs. C’est l’invention de l’imprimerie qui a permis le triomphe des auteurs et de droit qui va avec.
Quand je lis un blog maintenant, je me fous de qui est l’auteur. De toutes façons, je ne le connais pas. Par contre je fais très attention à son message (minimalisme, frugalité, paleo etc) et je l’examine d’une manière critique. Si il me plaît, j’essaie dans savoir plus et je m’alimente de ses réflexions, j’essaie d’en comprendre le sens, et les conséquences sur ma vie (souvent ces blogs sont étrangers et ne parle pas de la vie telle qu’elle se passe en France). C’est un peu comme une méditation analytique. Je réfléchis à ces concepts sur mon vélo par exemple en allant bosser ou quand je traîne au lit le week-end. Est-ce que les moines faisaient cela en tournant dans un cloître un livre à la main. Je crois que le blog qui s’adresse à une niche favorise ce phénomène.
A tel point, que pour moi, il y a deux sortes de lecture, une lecture distrayante (romans ..) ou cultivante (la vie de tel grand homme par exemple) et il y a des lectures qui m’encouragent à changer, à me développer par le savoir et la réflexion. je mets dans cette dernière catégorie tous les livres de « philosophie appliquées » que je continue à lire (un des derniers est « The Four Agreements ») mais aussi les blogs que je suis. Les livres de philosophie générale iront dans la première catégorie, car en fait je n’en retiens pas grand chose, certainement à tort :).
Une dernier mot, sur le fait de blogger. Pour l’instant, ce blog tient ses promesses. En m’adressant à une audience, je suis obligée à réfléchir beaucoup plus sur mes actions. Je suis obligé de me connaître beaucoup plus. C’est très intéressant.