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À propos des objections entendues çà et là

Il a sorti alors trois arguments que j’entends souvent sur la blogosphère ou dans mon entourage qui se résument ainsi :
1. tu ne vas plus vivre
2. tu vas te priver
3. si tu meurs ? (sous entendu en ayant passé ta vie à te prive)

Ce sont des objections courantes et pourtant, sur le coup,  j’ai mal répondu. Par exemple, il m’a dit : « l’avantage que je vois est que si tu as envie de quelque chose, avec tes économies tu peux te le payer ». Comme faire des économies n’est pas pour pouvoir dépenser plus d’un coup, j’ai répondu dans la provoc : « Bah non, si j’ai vraiment envie de quelque chose, j’attends quelque semaines que cela se passe. » Ce qui est vrai, mais pas très convaincant sans autre explication.

L’avantage de ce blog, est qu’il me permet de repenser les choses et de réafuter mes arguments en prenant mon temps.
Commençons par le début. On me décrit souvent comme quelqu’un de « pas matérialiste », ce que je trouve un peu simpliste. Ce concept est relatif. Je suis matérialiste car j’ai besoin de manger, de dormir etc.. Je vais même plus loin, j’apprécie la bonne nourriture, les beaux objets. J’adore visiter une galerie de tableaux, regarder des dessins, écouter de la belle musique etc. mais je suis certainement moins matérialiste que beaucoup d’autres, dans le (double) sens où :
– que je ne crois pas une seconde que posséder plus de choses matérielles aujourd’hui pourraient me rendre plus heureux. Je suis comblé, merci. (Ne m’offrez rien à mon anniversaire 🙂
– que je suis plus fasciné par le monde des idées, et la manière d’aborder le monde, que le monde lui-même.
Exemple concret : je visitais justement la maison de mes amis qu’ils venaient de repeindre et, nous (moi et ma femme) étions en admiration devant le choix osé des couleurs, la qualité du travail effectué et la réussite de l’ensemble au point même de déclencher chez nous une pointe d’envie. Et tout d’un coup, cela m’est venu. En fait, je m’en foutais complètement. Certes, j’apprécie beaucoup les belles choses, et j’appréciais vraiment la déco de cette maison un peu comme quand je regardais une belle oeuvre. Mais est ce que ce serais important pour moi de posséder une telle oeuvre ? En fait, en y réfléchissant bien, pas vraiment, donc pas de jalousie. Je suis relativement indifférent à « posséder » ce genre de chose. Ce que j’aime le plus, dans mon appart actuel est sa situation, pas trop loin du boulot, mais très calme et verdoyant autour.

Cette anedocte m’a permis un peu d’éclairer ma pensée quand aux trois objections. Donc je reprends depuis le début, et voici mes arguments (plus finement pensé, ouf, tout ça pour ça) :
1. ne pas posséder beaucoup de chose ne m’empêche pas de vivre.
2. je me prive déjà de ne pas suivre mes passions. Acheter des choses que je ne veux pas, ne peux absolument pas améliorer les choses. C’est un peu comme recevoir un cadeau qu’on ne veut pas. Si en fin de compte, on ne le reçoit pas, cela ne nous prive pas. Mon pote adore la BD. Imaginons qu’il veuille s’acheter une certaine collection mais il n’a pas assez d’argent. Si je lui dit, « Cela prend trop de temps et cela coûte trop cher, tiens, tu peux colorier toi-même cet album qui n’a rien à voir avec la collection que tu veux, mais ce sera presque comme de la BD, non ? ». Bah, non.

Pour moi, c’est pareil, partir en vacances, ce n’est pas voyager et ce n’est pas ce que je veux faire de ma vie.

3 . Si je meurs, je ne me serai privé que de choses que je ne veux pas vraiment. C’est pas un drame. et si je ne meurs pas, je pourrais faire ce que je veux vraiment de ma vie.

Nous avons une seule vie. En tout cas, on en vit qu’une à la fois. Pour moi, j’aime mieux bien réfléchir où je veux aller (d’où ce blog), voir loin et grand, le plus loin possible, et marcher de façon continue dans cette direction 🙂

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