Pourquoi on grossit : paléo et ensuite ?

paysage d'hiver

paysage d’hiver

Pourquoi on grossit ?

Certains diront : « parce qu’on mange trop ! ». Oui, mais ce n’est pas suffisant.  C’est un peu dire qu’on devient alcoolique parce qu’on boit trop. Et qu’il suffirait de boire moins pour ne plus être alcoolique. Il faut aller plus loin et se poser la bonne question. Pourquoi on mange trop au point de continuer encore et encore à grossir et mettre en péril notre santé ?

Il y a quelques années, j’avais mentionné le livre de Gary Taubes dans un article sur les régimes paléo. Gary Taubes a écrit deux livres sur le sujet dont un traduit en français « Pourquoi on grossit« . Gary Taubes avait justement pointé qu’on connaissait la réponse à travers d’innombrables études et que le grand coupable était le sucre.

Le sucre est l’ennemi numéro 1

J’ai longtemps pensé cela. Le principe est très clair. On mange plus de sucres que nécessaire (sucre blanc, soda, jus de fruit, fruits, céréales etc), environ 60 % de nos calories viennent de cette molécule. Donc le pancréas tourne en sur-régime pour secréter de l’insuline afin de garder le taux de sucre dans le sang plus ou moins constant autour de 1 g par litre de sang.

Quand on est jeune, il n’y  a pas trop de problème. Mais au fil des années, soit le pancréas fatigue, soit, et c’est le plus courant, les organes deviennent « gâvés » d’insuline et deviennent « insensibles ». Ce qui veut dire qu’il faut plus d’insuline secrétée par le pancréas pour obtenir le même taux de sucre constant à 1 g par litre. A ce stade, on est encore loin d’être diabétique, notre glycémie est normale, mais on a beaucoup d’insuline dans le sang qui traîne. Ceci a donc des conséquences.

Taux d’insuline à jeun

Il y a des gens, qui ont à jeun des niveaux d’insuline beaucoup trop élevés dans le sang. Que se passe t’il quand ils prennent leur premier repas ? L’insuline présente dans le sang fera qu’ils stockeront aussitôt l’énergie mangée sous forme de graisse.  Et le comble, c’est qu’ils auront toujours faim, car les organes qui ont besoin de nutriments en auront été privés.

On ne grossit pas parce qu’on mange trop, mais on est mange trop parce qu’on est gros.

Low carb est le nouveau Low fat

Donc, d’après Gary Taubes et de nombreuses voix, le problème n’est pas le gras mais le sucre. La solution est donc de baisser la quantité de sucres mangés (sous toutes ses formes), faire baisser ainsi le niveau d’insuline, utiliser la capacité du foie à digérer les graisses sans utiliser d’insuline et à produire le peu de sucre que l’on a besoin (par la gluco-génèse).

Cela marche très bien. J’en suis l’exemple, comme des centaines et des centaines de personnes qui suivent le régime paléo ou le régime Low Carb High Fat.

Mais cela ne marche pas pour tout le monde, ni tout le temps. Il y a des gens qui ne gardent pas leurs nouvelles lignes, ou qui ont toutes les peines du monde à suivre ce régime.

Alors quel est le problème ?

Je pense que Gary Taubes et tous les autres ont sous-estimé un facteur qui ruine tout. Peut-être est-ce que c’est parce qu’ils vivent au milieu et ne sent rendent pas compte ? Peut-être est ce que c’est parce que les implications et les solutions à trouver seraient beaucoup plus compliquées à mettre en oeuvre que simplement supprimer un aliment de notre alimentation.

Je veux parler du stress.

Le stress : nouvel ennemi ?

Car on peut reprendre la chaîne de cause et d’effets. Il n’y a pas que le sucre qui augmente la glycémie. Il y a aussi le cortisol. L’hormone du stress. Normalement, c’est une bonne chose. Cela permettait à l’homme des cavernes de piquer un sprint quand il se sentait en danger en lui donnant toute l’énergie nécessaire instantanément sans avoir un boire un Coca-Cola.

Le problème de nos jours est que nous sommes constamment stressés. Depuis la sonnerie du réveil matinal, en passant par les encombrements sur la route, les conditions de travail, la course à la rentabilité, à essayer d’être le ou la meilleure employé (e), maman/papa, amant(e), gendre, bru, etc etc… Le monde d’aujourd’hui est plus continuellement stressant, sans aucun doute.

Quand j’avais une vingtaine d’années, le stress pouvait me faire perdre du poids, j’oubliais de manger, la cortisol me donnait un flux constant de sucres dans le sang, je n’avais pas faim. Ensuite trop fatigué ou trop stressé pour vraiment mangé, je n’avait qu’à fumer un joint ou boire un whisky coca ou une bière pour me détendre avant d’aller me coucher.

Maintenant, le stress me donne faim, car mon niveau d’insuline dans le sang augmente et dès que j’ai deux minutes pour souffler un peu, je mange… du sucre de préférence.

Quand je suis en voyage ou en vacances, je perd naturellement du poids. Un copain qui vient de prendre sa retraite a perdu 10 kilos, comme ça ! Il me semble qu’il y a quelque chose à investiguer pour la science. A quel niveau le stress devient nuisible pour notre santé physique ? Pour ma part, je m’en méfie déjà. Mais c’est plus difficile à éliminer que la confiture sur ma tartine de pain 🙂

Conclusion

Le régime paléo ou le régime des chasseurs-cueilleurs de notre temps nous donnent des indices sur les causes de notre obésité et de nos maladies de civilisation. En effet, pas d’obèse, pas de maladies cardiaques, d’hypertension, de diabètes etc chez les Masaïs, les Aborigènes, les Eskimos ou les Indiens d’Amériques du Sud. Pourtant ils mangent des choses très différentes.

Il y a néanmoins des points communs :

  • pas de produits industriels raffinés (sucre blanc, farines, huiles végétales etc…)
  • un niveau d’exercice physique plutôt moyen ou élevé comparé à notre niveau.
  • peu de céréales, légumineuses etc.
  • suffisamment de sommeil et de repos et beaucoup de temps pour jouer, pour socialiser, pour transmettre, pour communiquer.

Et un facteur qui me paraît essentiel :

  • Beaucoup moins de stress.

Tout cela m’amène encore une fois à me demander dans quelle direction va notre société et pleins d’autres questions. Faut-il plus ou mieux ? Faut-il un bonheur tranquille ou des sensations fortes ? Qu’est ce qui nous motive ainsi à vouloir toujours plus, toujours du nouveau, au mépris de notre bien-être futur ? Je crois que quand chacun se sera posé ces questions, le monde ira bien mieux.

 

 

 

 

 

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2 commentaires

  1. Bonjour,
    tu as parfaitement raison sur le stress. En cas de stress, je peux avoir une énorme envie de chocolat… Je viens de commencer un régime paléo et c’est un vrai changement. Je me suis retrouvé au supermarché et la grande majorité de ce qui est vendu n’est pas paléo… Du sucre partout ! Je mange moins de pain et de pates: pour le petit déjeuner je mange souvent des oeufs. Et les enfants commencent à m’imiter. Je ne me rendais pas compte à quel point je me faisais du mal avec les céréales industriels. C’est surement tot pour faire un bilan et je ne suis pas 100% paleo mais j’ai constaté que je n’avais pas de coup de barre / fringales en fin de matinée ou de journée. Je n’ai pas pris de poids, au contraire, malgré le fait que je mange plus gras. Cela oblige surtout à manger plus de légumes pour remplacer pates, pommes de terres, ..;

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