Your money or your life

Your money or your life (2) – gagner sa vie à la perdre

Your money or your life

Il y a deux semaines, j’avais introduit ce livre assez remarquable qui propose de changer notre relation avec l’argent. J’avais expliqué rapidement que ce livre repose sur 3 principes et propose 9 étapes pour changer notre relation avec l’argent, pour gagner sa vie, plutôt que de la perdre.

Je vais continuer un peu plus en avant dans les points qui m’ont frappé dans ce livre, et essayer des appliquer à ma vie, à mon expérience du 21ème siècle en France (le livre a été écrit dans les années 70 aux USA).

Le début du livre s’attaque à notre conception de l’argent. Je vais donc y revenir.
Je pense et je crois que l’argent ne fait pas le bonheur, que les plus choses dans la vie sont gratuites, mais en fait je m’aperçois que mon comportement est un peu différent. Par exemple :
– Quand je veux montrer mon amitié ou mon amour à quelqu’un, je lui achète un cadeau et quelque part, je mesure la qualité de ma relation avec cette personne par la quantité d’argent que je suis prêt à dépenser. C’est pas très joli, mais c’est bien ma façon de rationaliser mes dépenses. Il faut faire un cadeau, la première question que je me pose est : combien vais-je mettre ?
– Et puis, il y a ce que je dépense pour moi. Et là, c’est encore plus subtile pour moi. Cela part parfois de ma détestation de toute situation inconfortable. J’ai un peu faim, je vais m’acheter quelque chose à manger. Je m’ennuie, je cherche un livre à lire, une nouvelle musique à écouter. Je suis pas le seul apparemment, ni le pire, mais c’est bien ancré. J’écoutais dans le train une étudiante raconter au téléphone qu’elle avait raté ses partiels et que du coup elle avait passé l’après midi à faire les magasins. Nous achetons constamùent des choses pour améliorer, rendre plus confortable notre environnement, notre estime de soi. Moi, c’est la hi-tech, la musique, le bon son. Les Américains parle de shopping-therapy je crois.
David Cain de Raptitude utilise le rituel du café comme exemple. Et c’est vrai que je m’y reconnais : avant de commencer le travail, j’ai un toujours un petit pincement au coeur, une appréhension. Je me demande ce que je vais trouver à mon bureau : quelque choses que j’ai oublié de traiter hier ? une urgence ? ou simplement je me demande comment va se passer la journée. Du coup, je « m’offre » un café.
Dans la journée, c’est pareil : si je suis coincé dans un travail ennuyant, je vais faire un break, je vais me re-servir une tasse de café ou regarder facebook, ou d’autres sites qui m’éloignent loin de ce sentiment d’inconfort. je fais cela pas constamment mais systématiquement, c’est assez incroyable. Pour ceux qui on les moyens, cela peut coûter cher.

Je pense de toutes façons qu’il y a plusieurs inconvénients à cet attitude, du point de vue personnel, et d’un point de vue global
– D’un point de vue personnel, je risque de devenir quelqu’un qui se « plaint » tout le temps, à la moindre difficulté. Je risquerai de devenir comme un enfant gâté, pleurnichard, parce que la tartine est tombé par terre du mauvais côté.
Ensuite, cela va à l’encontre de l’expérience de la vie. La vie est faite de choses qui ne sont pas comme on les attendait. Y a toujours un feu rouge,ou alors, elle a envie quand j’ai pas envie, et l’inverse. L’enfer, c’est les autres, disait Sartre. Si je dois compenser à chaque fois, je vais gâcher ma vie à satisfaire cette partie de moi qui recherche le confort et la sécurité. Tout cela est débile si j’y pense 2 secondes. D’abord parce que j’aime ce qui est nouveau, ce qui m’interroge, ce qui me surprend. En fin de compte, même si cela me coûte un peu, je préfère aller dans l’inconnu et apprendre, que me cooconner comme …. je sais pas 🙂

– Sur un tout autre plan plus général,on peut parler de l’état de la planète pour commencer. Mais de manière plus fine, on peut regarder les conséquences des derniers progrès humains et de quelques inventions. Tout était fait pour nous rendre la vie plus douce. (Quand il s’agit de médecine, je ne conteste pas, ça a marché).
Mais il y a d’autres inventions qui m’interrogent :
par exemple, la voiture nous a permis d’aller plus loin avec moins d’effort. Le téléphone de parler à des gens très loin sans avoir à écrire une lettre et attendre la réponse. Un vrai confort de vie en plus, non ? Et bien, je ne suis plus sûr.
Aujourd’hui, les voitures nous ont permis d’habiter loin de notre travail, nous donnant l’incroyable avantage de passer plusieurs heures par jour pour aller et venir de chez nous à notre employeur, super confort ! Le téléphone nous permets d’être joignable 24 heures sur 24 chez nous par notre employeur, nos clients, qui ne sauraient attendre quelques heures notre retour au travail. C’est tellement pratique !

Cela me rappelle une anecdote. Heinrich Harrer a raconté dans son livre « 7 ans au Tibet ». Heinrich Harrer avait bricolé une radio et écoutais régulièrement les nouvelles internationales. Un jour, il apprend une nouvelle extraordinaire et va l’annoncer au jeune Dalai Lama : un homme a franchi la vitesse de 1200 km/h en avion, dépassant le mur du son ! Le Dalaï Lama et son conseiller Ling Rinpoche, se sont regardés et ont demandé, étonnés : « Mais, pourquoi ? ».
et oui, après tout, pourquoi ?

Donc, la question que je pose constamment est donc :
Mais est-ce que ces choses que je fais, que j’achète pour compenser nous satisfont vraiment ? Comment faire autrement, me poser les bonnes questions, respecter mon intégrité financière ? Comment voir que le coût de ces choses ?
Là, Your money or your life offre des outils intéressants pour cela à travers les 9 étapes. C’est un processus un peu long, mais qui permet de changer en douceur, par des réalisations progressives.

Dans cet article je vais parler des trois premières étapes :

Première étape : faire la paix avec le passé
Je vais passer vite sur la première qui consiste à faire la paix avec son passé. Il y a deux choses à faire :
– La première est de compter tout ce que l’on a gagner comme argent pendant toute notre vie, du moindre argent de poche, de la première paie, à la moindre prime.
– Puis on calcule ce qu’on vaut, aujourd’hui, notre « net worth ». On regarde ce qu’il en reste.

J’ai fait le calcul en septembre dernier.
J’avais gagné alors, pendant toute ma vie (j’ai 46 ans), en arrondissant, 200 000 €
Pour l’instant j’en ai tiré personnellement deux conclusions de la première partie de la première étape.
D’abord, c’est beaucoup et pas beaucoup car j’ai un peu l’impression de comparer des carottes et des poireaux : les francs des années 80 à Paris, ne valent pas le même chose que les Livres Sterling des années 90 à Londres, et qui ne valent pas la même chose que des Euros en province aujourd’hui. Donc, l’inflation et le contexte ont des effets important quand même et il faudra que j’examine cela de plus près dans le futur.
L’autre conclusion est que si je rapporte à 25 ans de travail, je suis à bien moins que 10 000 € par an. J’ai donc vécu avec moins de 1000 euros par mois en moyenne. Et j’ai plutôt bien vécu, après tout ! Ce qui montre que 1000 euros par mois pourrait être assez pour les 25 prochaines années, non ? Intéressant.

La deuxième partie de la première étape est de compter notre « net worth », ce que l’on vaut, ce qu’on peut montrer pour ces 200 000 €. Ma « valeur » en septembre dernier est de 7 000 euros, en comptant tout ce que je possédait (le vieil ordinateur sur lequel je tape cet article, la moitié de notre voiture, l’argent en banque, en remboursement d’emprunt). J’ai bien dépensé tout ce que j’ai gagné ! 🙂 Sans surprise, car cela a été ma philosophie. Je n’avais aucun mal à économiser, mais je manquais d’ambition. En effet, j’ai économisé plusieurs fois pour de longs voyages (un tour du monde de un an, de longs séjours en Asie), mais je n’ai jamais imaginé économiser pour ne plus avoir à travailler, jamais !
Ca c’est pour la première étape

La deuxième étape : il s’agit de compter notre salaire par heure. Mais en le faisant bien.
C’est à dire, ne pas simplement prendre la paie de la fin de mois divisée par le nombre d’heure que l’on travail. Non, non, non.
On prend tout.
D’abord le nombre d’heures : il faut ajouter le nombre d’heures de transport, de préparation le matin, à repasser les chemises, les jours de vacances à récupérer, du temps passé sur le canapé quand on rentre du boulot car on est trop crevé pour faire autre chose… En gros, il faut regarder tout ce qu’on fait dans la journée ou dans la semaine et qu’on ne ferait pas si on ne devait pas aller bosser.
Et puis, on compte l’argent qu’on gagne (net d’impôts) moins l’argent que travailler nous coûte, c’est à dire le coût de votre transport (révisions comprises), le surcoût des vêtements, des repas, des vacances, etc..
Pareil, que pour le calcul du nombre d’heures, j’ai imaginé que j’étais en longues vacances et j’ai fait le point sur ce que dépensais.
Résultat des courses : je gagne 8,77 euros de l’heure net travaillée ( le livre parle de « life energy »(énergie vitale) au lieu d’heures de travail, mais c’est un peu trop pour moi 🙂
Ca calme 🙂 C’est même pas le SMIC.
La deuxième partie de la deuxième étape est de comptée toues les euros que l’on dépense, tout ! Et faire un tableau.

Et finalement, étape 3, on fait le point, on regarde ce qu’on a dépensé, on regarde ce que cela nous coûte en heures de travail (en énergie vitale). Et on se pose trois questions :
1. Est-ce que j’ai reçu une satisfaction et une valeur en proportion des heures travaillées ?
2. Est-ce que ces heures travaillées sont en accord avec mes valeurs de base et les objectifs de ma vie?
3. Est-ce que ces dépenses changeraient si je n’avais pas à travailler pour vivre?

Si c’est oui au trois questions, on met un + ou une flècle montante en face de la dépense. Si c’est non, on met un – ou un flèche descendante. Si c’est pile poil, on met un 0 par exemple.

Ça, c’est les trois premières étapes du livre. Cela permet de réfléchir à l’argent dépensé, ou est-ce qu’il part ? Est-ce que c’est une « bonne » dépenses ? Le but est de changer petit à petit notre relation avec l’argent, de voir petit à petit ce qui ne va pas, ce qui va, et effectuer les changements en douceur.
En plus, je le fais aussi maintenant de manière prospective. Cela permet de me donner une règle de mesure pour savoir si une dépense vaut le coup ou non : est ce que je suis prêt à travailler x d’heures pour me payer cela ?

C’est un système qui me va bien, car sans connaître le livre, il y a des années, j’économisais pour partir voyager avec le même principe. Sauf que je comptais des jours de voyage (15 dollars) comme unité. Si je mettais 20 euros de côté, ça me faisait 2 jours de voyage de financé.

Cette méthode est particulièrement adaptée si on sait ce qu’on cherche, ce que l’on veut faire de sa vie. Il est ainsi facile de savoir quoi faire : soit on avance dans la bonne direction, soit non. Soit on continue, soit on cherche à diminuer cette dépense finalement insatisfaisante. Les choix de vie sont plus simples pour moi, il me semble.

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