Les différentes manières d’être minimaliste

Piano cassé dans un pub - Upper Winchendon

Piano cassé dans un pub – Upper Winchendon – UK

Dans quelques semaines, l’automne va s’approcher et ce sera le moment de ranger les affaires d’été et de sortir les affaires d’hiver.

C’est le moment que je choisis pour faire le point sur mes possessions. Je me pose en gros trois questions avant de ranger mes affaires d’été.

  • Est-ce que je les ai porter cette année ?
  • Est-ce que je suis sûr que je les porterai l’année prochaine ?
  • Est-ce que cet objet ne fait pas double emploi avec autre chose ?

Selon les réponses, je garde mes fringues et les stocke pour l’hiver, ou je donne ou je jette (recycle).

Je recommence la même opération à l’approche de l’été, avec mes affaires d’hiver.

C’est en gros ma façon de ne pas me laisser envahir par des affaires personnelles.

Je n’ai plus de livre depuis que j’ai un Kindle et pas vraiment d’autres d’affaires personnels. Nous avons des meubles, ustensiles de cuisine etc, mais comme nous avons aménagé récemment en partant de zéro, je n’ai rien qui soit stocké inutilement.

J’envisage néanmoins d’utiliser ma méthode avec mes fichiers électroniques. Pas parce que je manque de place sur mon disque dur, mais parce que la vision du « vieux » obstrue ma vision de l’avenir.

C’est bien le principe du minimalisme. Faire de la place pour pouvoir accueillir de nouvelles expériences. Ne pas s’encombrer pour avoir l’espace de vivre, de créer, d’apprécier.

C’est se concentrer sur l’essentiel, sur ce qui apporte de la valeur à la vie (« add value »), sur ce qui est réellement important dans sa vie.

Ce concept est cousin de la recherche de l’indépendance financière qui oblige à se concentrer sur la même chose (l’essentiel) pour une raison différente (faire des économies), mais pas tant que cela (à la fin, on veut vivre ses passions). C’est pour cela que les blogs sur l’autonomie financière anglo-saxons mentionnent souvent le minimalisme.

Comment devenir minimaliste ?

Il doit y avoir des centaines de méthodes pour devenir minimaliste. Par exemple, ma femme et moi avons deux conceptions légèrement différentes.

Je dois avouer que je suis plus austère qu’elle. Je n’aime rien de mieux qu’une étagère vide ou avec peu d’objet. J’aime quand chaque objet à une utilité et j’aurais tendance à décorer ma maison avec l’esthétique des objets utiles et ne pas utiliser d’objets décoratifs, à part des tableaux ou décoration murales.

Je ne comprends pas qu’elle veuille 6 oreillers pour mettre sur le lit pour faire jolie. Je n’utilise la chambre que pour aller me coucher et la première chose que je fais est de retirer les oreillers du lit pour n’en garder qu’un pour dormir.

Parfois, notre lit ressemble à un truc comme ça :)

Parfois, notre lit ressemble à un truc comme ça 🙂

Mais je m’égare. Ce que je voulais dire est qu’il y a certainement autant de façons d’être minimaliste que de minimalistes.

En lisant depuis quelques temps les blogs anglais sur le sujet, je vois quelques nuances de ci de là. Trois exemples ont retenu mon attention car ils ont des philosophies différentes qui les soutiennent

Les Minimalistes

J’ai relevé deux méthodes intéressantes dans le blog et les différents écrits de Joshua et Ryan.

  • Packing party : La première est la méthode de la « packing party ». J’ai aucune idée comme traduire en français cette expression, donc je la laisse comme cela. L’idée est de prendre un week-end avec des amis et d’emballer toutes vos possessions comme si vous alliez déménager. Mais en le faisant bien, c’est à dire en mettant des étiquettes sur les cartons. On démonte tous les meubles aussi. Comme lors d’un déménagement. On regroupe tous les cartons dans une pièce et voilà !

Ryan a fait ça avec l’aide de Joshua un samedi. 9 heures plus tard, tout était emballé et toutes ses possessions étaient empilées dans le deuxième salon de son T3 de 200 mètres carrés. Les piles de cartons allaient jusqu’au plafond.

Ensuite, la méthode consiste à défaire seulement les cartons que l’on a besoin, et seulement ceux-là, pendant 21 jours. Donc, on commence en général par le carton où se trouve la brosse à dent, puis on remonte un lit, on déballe des draps, et on garde une boîte d’outils.

Après trois semaines, Joshua avait 80 % de ses possessions encore dans des cartons. Il n’avait ouvert que ce qui était utile, qui apportait quelques chose à sa vie. Après trois semaines, il a regardé les cartons qui restaient et ne pouvait même plus se souvenir ce qu’ils contenaient. Il a finalement donné ou vendu tous ces cartons.

La méthode est très séduisante. Cela revient un peu à emporter en voyage ce que l’on a besoin pour la première semaine et ensuite s’adapter. Le problème avec cette méthode est qu’elle est un peu extrême. Et mes affaires d’hiver ? Puis-je les stocker en attendant ?

  • Photographies : Joshua a offert un autre truc pour s’avoir comment gérer les objets chargés de souvenirs, qu’on garde plus pour ce qu’ils nous rappellent que pour leur utilité. Joshua a été confronté à cela lors du décès de sa mère. Il a eu la charge douloureuse de vider son appartement de savoir quoi faire de tous ses objets qui lui rappelaient sa mère et j’imagine sa jeunesse. Sa première réaction avait été de stocker tout dans un box. Mais après réflexions, il décida de faire quelque chose de plus utile avec ces objets. Il pris des photos de ces objets pour les garder dans son ordinateur. Puis il chargea et donna le tout à une organisation caritative.

Mister Money Mustache

La philosophie de Mister Money Mustache pour se séparer du superflu se résume en une phrase : « Si vous ne l’achèteriez pas aujourd’hui, débarrassez vous en ».

Ainsi MMM propose de regarder chacune de nos possessions et de voir si on l’achèterait en l’état au prix où elle vaut. L’exemple donné dans un article est une voiture. Imaginons qu’une personne veuille devenir minimaliste et faire des économies pour devenir indépendante financièrement. Cette commence à regarder ses dépenses et s’aperçoit que sa voiture un gros 4X4 consomme pas mal d’essence, en entretien, et en assurance et que elle n’a pas besoin d’une voiture aussi grosse. Mais voilà, la voiture est payée complètement et c’est dommage, on vient de changer la courroie de transmission. Faut-il la vendre pour en acheter une plus petite ?

Du coup, la philosophie de MMM prend tout son sens. Si j’avais besoin d’une voiture, est-ce que j’achèterai celle-là ? Bah non, évidemment. Donc j’ai la réponse à ma question. Bien sûr qu’il faut la vendre, acheter une plus petite, investir le surplus dégager et commencer à économiser toutes les semaines sur la facture essence de mon budget.

Cela aide aussi à faire le tri dans les affaires de la cave, les affaires de ski qu’on ne met plus, mais cela ne permet pas de résoudre la question des objets à forte charge sentimentale. La dernière catégorie permet de faire le point.

Raptitude

David de Raptitude a utilisé dans un premier une méthode qui lui a donné entièrement satisfaction mais qui n’a pas duré à l’épreuve du temps. Cette méthode était d’avoir un rangement pour chaque chose. Le vieil adage de nos grands-mères en quelque sorte : « Chaque place a sa chose, et chaque chose a sa place. » Rien de posé négligemment sur la table, rien de posé par terre. Dans ce système idéal, une chose peut remplacer une autre mais pas s’additionner aux autres. Pour moi, c’est une philosophie totalitaire et un peu idiote. Il n’y a pas vraiment de raison pour se séparer de quelque chose, c’est une peu la politique du moins pire. Certes, cela permet un résultat spectaculaire au début (une maison rangée, de la place pour penser) mais ma vie est un peu différente. Je n’aime pas forcément le bordel, mais j’aime que les choses vivent. Dan s’est aperçu que cela n’était pas tenable et que cette méthode ne lui correspondait pas. Ouf.

Du coup, il essaie ce mois-ci une nouvelle méthode tiré d’un livre d’une jeune femme japonaise. Il s’agit chaque jour de prendre un objet dans sa main et de réfléchir si cet objet lui apporte une énergie positive ou négative. Est-ce que cet objet assombrit mon âme ou l’éclaircit ? Voilà la seule question à se poser, apparemment. David a commencé à trier sa bibliothèque et il est très content du résultat. Quand il la regarde, il ne voit que des objets qui lui apporte du bonheur, des objets qu’il a envie de voit et le résultat est apparemment spectaculaire.

Mon problème avec cette approche que je trouve néanmoins très séduisante et le long terme. Car on connaît tout l’effet Waouh de tout achat. Au début on ne veut pas le quitter des yeux ce nouveau téléphone, sac-à-main, ordinateur etc. Du coup, il n’y a pas de limite pour l’achat de nouveau objet, non ?

Bon en tout cas, l’expérience de Dan est intéressante et j’attends la suite de son expérimentation avec impatiente.

Conclusion

Comme c’était un article de synthèse, ma conclusion sera lamentablement consensuelle. J’aime bien toutes ces méthodes et il me semble que toutes peuvent avoir une utilités. Je me pense que je vais me concentrer bientôt sur la dernière méthode expliquée, celle de la femme japonaise. J’aime assez l’idée d’être entouré d’objet que j’ai envie de voir. 🙂

Mise à jour

On a fait la dernière méthode, la méthode de la japonaise Marie Kondo. Le compte rendu de cette expérience est là (http://librecommelibre.com/comment-devenir-minimaliste/)

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