Le rôle des émotions

les émotions de la mer

Océan à Hossegor

On n’entend plus que ce mot dans les médias, on le voit dans toutes les pubs. C’est le truc qui doit nous fait vivre apparemment, qui nous fait avancer, que tout le monde est censé rechercher, mais surtout qui sert à vendre. A croire les médias, sans émotions, nous serions que des psychopathes décérébrés incapables de « vivre » ou d’apprécier la vie dans notre société.

Pourtant je me méfie de ces émotions. Elles sont éphémères parfois douloureuses et elles laissent souvent un arrière goût amer. Pour y voir plus clair, on peut les catégoriser en deux :

  • les émotions négatives : celles qui manifestement ne rend pas heureux, ou sont l’expression de frustration, d’insatisfaction. Par exemple, la jalousie, la colère, l’avarice, la tristesse etc…
  • les émotions positives : celles qui pourrait à première sembler constructives, souhaitables : tomber amoureux, l’envie de quelque chose…

Les émotions ne sont-elles que négatives ?

Prenons le cas d’une émotion négative comme un deuil ou une mauvaise nouvelle. Quoiqu’on fasse, on ne peut réellement transformer cette émotion en quelque chose de plaisant, en tout cas, pas pour nous, personnes « ordinaires ». Sûrement, des gens comme Nelson Mandela, Gandhi, James Nachtwey savent utiliser l’énergie de ces émotions pour la transformer en une certaine qualité. Cela s’appelle le tantra. Le principe repose sur le fait que chaque émotion a une certaine énergie, une couleur, une qualité. Ainsi, la colère est une émotion très concentré, très aigüe. Avec un seul mot, on peur faire très mal. La jalousie nous fait avoir un radar à la place du cerveau. On note tous les détails. Quand on est jaloux, on sait si une personne regarde son portable plus souvent que d’habitude, si elle était au téléphone quand on était absent etc… Une personne avec une certaine stabilité d’esprit et une grande détermination peut utiliser ces énergies pour les rediriger vers un but plus noble afin justement de ne pas être emporter par ces émotions. C’est ce qu’explique James Nachtwey dans le documentaire qui lui est consacré « War Photographer« .

Ironiquement, la vie et l’oeuvre des ces personnages exceptionnels n’invitent pas à des émotions (« Waouh, c’est dingue !! ») mais à la réflexion. Mais ce qu’ils font ou ce qu’il ont fait n’est pas à ma portée, pas tout de suite en tout cas. Je suis une personne qui subit ces émotions négatives. Comment dirait un chanteur « le temps ne me guérit de rien ».

Prenons le cas d’une émotion positive. La joie d’acheter quelque chose que l’on a vraiment besoin ou la joie d’avoir un diplôme, de tomber amoureux, d’atteindre l’indépendance financière. Au bout de quelques instants, quelques semaines, quelques années, cette émotion positive disparaît forcément de la vie, laissant place dans le meilleur des cas à une nostalgie, une indifférence, mais souvent des regrets ou un sentiment de culpabilité, celui par exemple de ne pas plus aimer cet objet ou cette personne autant que le premier jour ou de ne pas pouvoir revenir en arrière.

Pour être précis, la fierté d’avoir décroché un diplôme, par exemple, reste, un sentiment de satisfaction émerge et dure, mais l’émotion (« Putain, c’est génial !!! ») qui nous fait faire la fête toute la nuit et coucher avec la mauvaise personne ou conduire bourrée pour rentrer, cette émotion, elle, disparaît. Un jour, on regarde en arrière et son se dit qu’on avait une vie plus intense avant, mais pas forcément plus heureuse, mais plus désespérée.

Faire un break

Donc, ayant dit cela, je ne comprends pas ce monde des médias, la télévision et maintenant la radio (France Info, Europe 1 par exemple), qui n’ont que ce mot à la bouche. En fait, à chaque fois que je l’entends dans la bouche d’un journaliste, je change de chaîne.

C’est une des raisons pour lequel j’encourage toujours de faire une cure de désintoxication aux médias et si possible de vivre le plus possible dans le présent. C’est à dire ne pas écouter les informations pendant une semaine, une mois, par exemple, ou plus si on préfère. Eviter Facebook aussi. C’est assez facile à faire en vacances ou en voyage.

On se rend vite de la vrai saveur de la vie qui devient vite plus colorée, plus intense et pourtant moins émotionnelle. Des sentiments comme le contentement et la paix peuvent se manifester plus facilement. Les sensations deviennent plus réelles. Faute de talent d’écriture, je ne trouve pas d’autre mot que de dire que les couleurs sont plus colorées, les odeurs plus riches, les sons plus perceptibles. De plus, les souvenirs deviennent plus précis et l’esprit s’apaise. Car l’émotion est ce qui fait « bouger », « mouvoir » l’esprit et un esprit heureux est un esprit apaisé, calme.

Du coup, on laisse passer les émotions et on se concentre sur les sentiments (d’amour, de fraternité, de pardon, patience..) et l’apport des sens.

Encore une fois, c’est souvent dans des périodes en dehors du travail que l’on peut expérimenter cela plus facilement. En vacances par exemple, mais aussi en retraite ou simplement en se mettant en retrait du monde quelques jours avec un bon livre et de longues promenades.

Une petite cure

Ma femme et moi sortons juste de 3 jours de « retraite ». C’est notre cure annuelle de couple. Nous en profitons pour faire le point sur l’année passée et envisagée l’année future. Nous essayons d’aborder tous les sujets, même les plus difficiles. Pour cela, nous nous isolons dans un hôtel confortable (en janvier et février les prix sont plus abordables) et nous nous coupons du monde. Pas de télé, facebook, radio, podcast. Dès le premier jour, le temps ralenti, le corps se décontracte et l’esprit s’apaise. Parfois, au détour de rêveries éveillées, des souvenirs chargés d’émotions reviennent avec leur lots de regrets, de culpabilité, encore et encore.

En tout cas, une atmosphère pauvre en émotions est bien plus conductrice pour échanger, partager et mieux se comprendre. Nous avons besoin de ces périodes en dehors du temps et des hauts et bas de la vie quotidienne pour faire le point et regarder sereinement le passé et l’avenir.

Enfin, pour conclure

Je ne crois pas qu’on peut construire de grands projets sur des émotions qui sont, par nature, trop éphémères, non fiables et épuisantes. Construire un projet comme chercher à atteindre l’indépendance financière demande de la consistance, de la patience et du réel. Il faut y réfléchir calmement, prévoir un avenir sereinement, implémenter sa stratégie et avancer.

Think far away, Think big, and Keep Walking. « Pensez au long terme, pensez grand, et continuez à marcher » est une bien meilleure stratégie.

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