Le futur de l’économie

Métro parisien

Métro parisien

Voici un exemple d’émission supprimée qui était pour moi une vraie perle, un ovni dans le paysage radiophonique français. Je veux parlé de « Et pourtant elle tourne« . Depuis, France Inter a essayé de corriger le tir avec « Partout ailleurs » (qui n’a pas sa page Wikipedia encore). Mais malgré les efforts du très sympathique Eric Valmir, cette émission ne remplace pas tout à fait le vide laissé par « Et pourtant..« . Manque d’humour, de culture, de musique, de bonnes nouvelles, d’un autre regard.

« Ca se bouffe pas, ça se mange » de Jean-Pierre Coffe était une de mes émissions favorites. Et pourtant, je suis difficile en ce qui concerne les émissions sur la gastronomie, étant un ancien du métier (pendant 20 ans). J’aimais cette émission car on parlait du produit et pas des egos des uns ou des autres (celui de JPC prenait suffisamment de place mais il savait s’effacer aussi 🙂

Du coup, je me suis pas mal rabattu  ses dernières années sur France Culture. « L’économie en question », « L’esprit publique » et « Place de la Toile » étaient mes émissions favorites.

Je dis « étaient », car cette année, ils ont supprimés « Place de la Toile » qui était une émission sur le monde numérique et les nouvelles technologies d’une intelligence rare. J’avais déjà parlé de cette émission dans un article en début d’année « Réflexions sur la blogosphère » qui parlait d’internet vu par un médiéviste. Cette fois c’est une émission sur l’économie qui a retenu mon attention (l’émission n’est plus disponible sur le site de France Culture) et la question de départ était :

Quel rôle internet va prendre dans le futur de certaines industries ?

La voiture du futur

L’invité de cette émission (cela devient ridicule, je n’ai même pas son nom 🙂 merci France Cul !) essayait de prédire l’avenir de certaines industrie au regard des apports d’internet dans les objets du quotidien.

Prenons la voiture. Avec les technologies actuelles, déjà existantes et utilisées, on pourrait utiliser sa voiture ainsi : Le matin pour se rendre au travail, la voiture nous conduirait elle-même sans qu’on est besoin d’actionner quoique ce soit, il faudra juste entrer dans le GPS notre destination. Comme l’ordinateur de la voiture est connectée sur la toile, la voiture choisira un itinéraire qui favorisera le temps de trajet le moins long, surtout qu’elle saura grâce aux GPS des autres voitures, que 10 000 autres conducteurs ont tapé au même moment la même destination sur leur ordinateur de bord. Et la signalisation routière, connectée aussi sur internet, comme dans certaines villes de Suède actuellement, pourra offrir des feux verts et rouge appropriées pour gérer ce trafic le mieux possible.

Tout cela est possible avec les technologies actuelles. Il n’y a pas de raisons particulières pour le moment pour cela ne soit pas généralisé dans le futur proche. La question que l’on peut se poser est donc : quelle sera le component le plus important de la voiture ? Le moteur ou l’ordinateur ? Ainsi, la voiture (le moteur, le châssis, la transmission etc.. ) va devenir une sorte de coquille vide (est-ce que les gens savent que la Google Car est une Audi pour le moment ?). C’est déjà arrivé dans le monde de l’informatique. Souvenez-vous d’IBM. Aujourd’hui, ce qui compte n’est pas tant la carte graphique, le processeur etc, que est le système opérationnel (OS) et la suite de  logiciels disponibles pour l’OS. La question qui vient donc ensuite : quel système opérationnel allez vous avoir dans votre voiture ? Celui de Renault ou Android de Google ou iOS d’Apple ? Vu que vous avez déjà un smart phone Android ou iOS, la réponse est évidente, non ? Donc, ceux qui pensent que l’action de Google est très déjà très haute peuvent accrocher leur ceinture de sécurité (de leur Google car).

Les banques et la monnaie

Un autre développement récent sur internet a été la venue de monnaies décentralisées comme le bitcoin. La grande bataille actuelle est la bataille des moyens de paiement. Visa et Mastercard n’ont qu’à bien se tenir. Il y a ceux qui en s’alliant aux banques essaient de les court-circuiter (comme Apple et Microsoft) et ceux qui vont se passer directement des banques. Amazon envisage de se lancer dans l’aventure. Au début, c’est pour acheter des livres et tout le reste, car Amazon vend de tout. Ensuite on pourra peut-être prendre un crédit directement pour acheter ses courses par exemple Amazon nous récompensera en bon d’achat etc. Et pour savoir si nous sommes des gens fiables à qui on peut prêter de l’argent, qui mieux qu’Amazon connaîtra notre solvabilité et notre propension à rembourser des crédits ? En effet, Amazon saura nos habitudes de consommation, quels livres on lit (« Comment investir pour sa retraite ? » ou « Comment jouer au poker » ?), comment on achète (en début mois, juste après la paie ?), est ce qu’on pense économiser ou tout dépenser ? Certains émettent l’hypothèse que des sociétés comme Amazon pourraient révolutionner l’industrie bancaire dans les prochaines années. A suivre. Amazon s’est planté monumentalement sur son téléphone 3D, mais ils risquent de prendre le virage du on-line banking de manière très novatrice.

La santé

J’écoute « L’apéro du Captain » de temps en temps (oui, je sais, c’est moche), mais ces geeks ne disent pas que des conneries. En fait les dossiers de Lord Ton Père (2677 followers sur Twitter et 0 tweet !) sont toujours super ficelés et souvent intéressants. Je ne parle pas forcément de la série où il a essayé et donné son avis sur tous les jeux simulateurs de péniches, de train, de métro etc  uniquement en open source, à installer en ligne de code avec un manuel écrit en japonais :). Je ne pense pas non plus que l’AFA2P soit si significative que cela dans le paysage internet français (AFA2P veut dire Association Française des Amateurs de Pousse Pièces).

Mais, je l’ai appris dans l’apéro du capitaine et l’information est la suivante. Aux States, les compagnies d’assurances santé encouragent leurs employés et leurs adhérents à s’équiper en bracelets connectés. Bientôt cela pourrait être les balances et autres application smart phone. C’est dit actuellement dans un soucis de prévention, absolument pas pour nous espionner. Mais, comme par hasard, ces mêmes compagnies essaient de signer des accords avec les fabricants de ces machines pour récupérer les données que l’on y inscrit pour le moment en relative confidentialité pour faire des courbes et impressionner ses amis. Ces compagnies eux, veulent récupérer ces données pour le bien être de l’humanité (sic) ou pour faire payer les « mauvais » clients plus chers. Certaines, déjà, proposent par ailleurs des récompenses pour ceux qui par exemple vont faire 7000 pas par jour pendant un mois. En France, Axa a tiré la première en offrant un bracelet connecté pour les premiers adhérents à une nouvelle police et offrent des chèques « médecine douce » de 50 € et 100 € selon les résultats obtenus.

La question est – puisque l’on parle d’économie, et non pas d’éthique – comment va se structurer le marché. Est ce que Apple va investir dans la santé ? Est-ce que les compagnies d’assurances vont s’associer avec des boîtes technologiques et vendre les produits sous licence ? Qui va sortir du lot ? Quel est l’avenir pour le client ?

Voilà quelques réflexions sur le futur de notre économie en tout cas dans trois domaines où on risque de voir des évolutions importantes, et à mon avis, pas pour le mieux.

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