Paysage du Cotentin

L’esprit voyage à la maison

« Le Dieu oublié du voyage est toujours Karl Baedeker, bien qu’il soit mort en 1859. Ses guides de voyages ont instauré le modèle (toujours existant) des voyages dits touristiques plus attirés par les sites et les monuments que par les peuples. Sa réussite a été de trouver des sites présents en permanence, facilement identifiables, datés et classifiés selon l’admiration qu’ils suscitent….Un voyage touristique est toujours de nos jours un cours d’histoire, d’architecture, d’esthétisme, ainsi qu’une appréciation des hôtels et de la nourriture.

…Mais maintenant qu’un voyage… n’est plus une dangereuse aventure, et qu’une certaine uniformité existe dans les biens et les équipements que les touristes rencontrent, où est passé l’enchantement, où sont les découvertes ?

Il faut trouver cela chez les gens. L’étrangeté du voyage à l’étranger vient principalement de la rencontre d’individus que l’on ne peut pas normalement rencontrer chez nous. Je ne parlerai donc pas de monuments, mais du mode de vie de personnages, qui pour moi, sont tous des monuments.

Theodore Zeldin ( « How to Avoid Seeing the Sights » – The French -1983) – Comment éviter d’être un touriste. Les Français

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L’esprit voyage au quotidien

J’ai écrit une « ode au voyage » il y a quelques mois, je voulais expliquer un peu plus comment cela avait affecté ma vie quotidienne.

Découvrir et explorer mon quotidien constamment

Mes voyages ont certainement été les moments les plus mémorables de ma vie. Ces longues périodes m’ont transformé et continuent à m’influencer des années après. Lors de ces longs séjours, j’ai appris et compris des « vérités » sur moi et sur le monde qui sont toujours des références personnelles quand le monde semble perdre la tête.

Aussi, j’essaie toujours de garder cet esprit ouvert, curieux et tourné vers le monde extérieur et vers les autres. Cet esprit se développe très facilement en voyage. Ainsi, je me suis aperçu très vite que le monde était trop vaste pour tout voir et que de toutes façons les monuments mentionnés plus haut (référencés par les guides) ne sont pas si intéressant que cela. J’ai tourné ma curiosité alors très vite vers les détails du monde que j’explorais afin de mieux le comprendre et surtout de mieux l’aimer.

J’essaie toujours maintenant de cultiver cette attitude ici, en France, en allant au travail, en vacances ou en déplacement. C’est pour ça que j’ai toujours un appareil photo sur moi, et que je fais le « touriste » toute la journée. (je mets ainsi quelques photos pour « illustrer » les articles, plutôt que dans chercher sur Google Image :). Je prends rarement des photos de monument mais d’endroits où des gens passent du temps, des paysages de la vie quotidienne.

Le minimaliste au quotidien

Cet attitude correspond bien avec ma mentalité peu matérialiste. J’aime les belles choses, mais je n’ai pas envie de les posséder. J’attache beaucoup plus d’importance au caractère d’une personne qu’à ses possessions ou sa réussite professionnelle. C’est pour ça que je préfère cultiver mon esprit qu’aménager ma maison. Je crois que si je n’avais pas rencontré ma femme, je vivrais dans un studio en centre ville sans vrai meuble. D’ailleurs, c’est comme ça qu’elle m’a connu. Nous avions des amis communs et elle était en galère pour rechercher un logement, donc je lui ai proposé de dormir dans une pièce inoccupée chez moi.

J’avais un frigo éteint car je ne l’utilisais jamais. Je n’avais pas de placard, car j’avais récupéré des caisses de vins vides en bois qui me servaient pour ranger mes affaires. Je n’avais pas de lit mais un matelas par terre et une caisse retournée comme table de nuit. Je crois que si des cambrioleurs étaient rentrés chez moi, il n’auraient rien trouvé à emmener. Donc, j’ai fait des « progrès » et j’investis un peu plus dans mon quotidien. Mais avec pas mal de détachement.

Les meilleurs souvenirs de vacances sont toujours les rencontres

En vacances, c’est la même chose. Ce qui m’importe avant tout est un endroit calme, un lit ou matelas propre et confortable et une douche chaude. Les meilleurs souvenirs de vacances sont rarement dus au confort des chambres d’hôtels mais sont dus aux moments que l’on a passé dedans. À l’extérieur de l’hôtel, c’est souvent les rencontres que l’on fait, plutôt que les paysages et les musées que l’on retient. Comme je l’ai déjà dit, je préfère visiter un marché qu’un musée. J’essaie toujours d’aller chez le coiffeur ou le barbier, de lire le journal local et d’acheter au supermarché tous les produits alimentaires que je n’ai jamais mangés.

C’est pour ça que j’aime voyager avec AirBnB (« Bienvenue à la maison »). D’abord, cela permet de rencontrer des personnes localement, qui ne travaillent pas directement pour les touristes, cela permet de dormir dans les quartiers un peu moins touristiques et de découvrir des magasins, restos et débits de boisson moins chers et fréquentés par les autochtones, aux bons prix.

Conclusion

En voyage, je tente toujours de me désemcombrer. Moins j’en porte, mieux je me porte. J’aime les petits sacs de voyages légers. Dès que je m’alourdis je me traîne.

J’ai trouvé que c’était aussi vrai ici. « Mieux vaut un petit chez soi, qu’un grand chez les autres » on m’a une fois dit, et je l’ai retenu. Je désemcombre le plus possible, même mon ordinateur. Rapidement, on s’aperçoit que tout ce qu’on possédait était en fait un poids. Je ne prétends pas y arriver tout le temps avec toutes les choses, mais c’est une pratique que j’entends continuer à cultiver. Le coeur léger permet de garder l’esprit ouvert à toutes les opportunités, joies, plaisir que le vie peut apporter de temps en temps 🙂

 

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