Des rats, du sucre et de la cocaïne

C’est une expérience qui est bien connue dans le milieu Paleo. Des scientifiques ont mis en cage des rats en leur donnant accès à trois types de « nourriture »: de la nourriture pour rat, du sucre ou de la cocaïne. Les rats préférèrent le sucre et la cocaïne sur leur nourriture habituelle.
Je ne sais pas vous, mais vue le potentiel de dépendance de la cocaïne, je ne suis pas trop surpris.
Alors les scientifiques compliquèrent un peu les choses… Ils décidèrent que les rats pourraient toujours accéder à ses trois types de nourritures, mais pour accéder à la cocaïne et au sucre, les rats marcheraient sur des cages en métal brûlantes. (Voilà bien un métier que je pourrais pas faire, imaginer des trucs pareils, alors que pour moi regarder le « Roi Lion » est d’une violence insoutenable, surtout dans la scène à la fin quand l’oncle (le frère du Roi) dit à Simba qu’il a tué son père (le Roi). J’en ai encore les larmes aux yeux. je sais que c’est des acteurs, enfin presque, et que animaux sont incapables d’une telle cruauté, mais c’est quand même dur à regarder, non, pas vous ?)
Je reviens à mes moutons, plutôt à mes rats. Donc les rats doivent subir un calvaire pour avoir leur dose de coke et de sucre. Que se passe-il ? Et bien, malgré cette torture, les rats préféraient toujours le sucre à la cocaïne. La conclusion de l’expérience est que le sucre était plus addictif que la cocaïne !… pour les rats.
L’expérience a été refaite de nombreuses fois, parfois avec des Oreos, avec les mêmes résultats.

Et pour les hommes

On a pu faire un parallèle avec les humains. N’importe qui peut en faire l’expérience, essayer de ne pas manger de sucre et regarder combien de temps vous tenez avant que l’envie vous prennent d’en manger. Dans mon cas perso, cela dure une semaine. Une semaine durant laquelle, je ne pense presque qu’à ça. Et puis après une semaine, cela passe et j’y pense moins, jusqu’au prochain dessert du prochain repas de famille ou le prochain pot de départ d’un collège où il faudra que je fasse des efforts pour ne pas prendre ou reprendre des canapés. D’ailleurs, si je fais trop d’écarts à mon régime, je repars pour une semaine de « manque ».

Cette expérience des rats est intéressante et nous permets de voir à quoi on se confronte parfois (peut-être, car on n’est pas des rats, on n’a pas tout à fait le même cerveau quand même) et l’histoire pourrait s’arrêter là mais il y a peu de temps, un chercheur a repris cette expérience mais a changé un des paradigme. (voir la BD)

Est-ce que le sucre est vraiment notre nourriture préférée ?

Au lieu de mettre les rats en cage, il a mis les rats dans un environnement idéal (le Rat Park) pour des rats, avec de l’espace, de la végétation etc. Apparemment, les premiers scientifiques (décidément des pervers) pensaient que les rats vivent normalement en cage, que c’était leur condition idéal de vie, ou qu’un rat n’en avait rien à foutre, bien qu’on puisse le comparer à un humain.
Le résultat fut surprenant aussi. Les rats ne furent absolument plus attirés par le sucre et la cocaïne. Ils n’en avaient rien à faire, ils préféraient gambader dans les champs et être copains/copines avec leurs congénères.
La conclusion de l’expérience fut que les rats ne se tournent vers des produits donnant du plaisir (endorpine) que s’ils sont en situation de stress (les cages).

Du stress, vous avez dit stress ?

Là encore, j’ai envie (et je ne suis pas le seul) de faire un parallèle avec notre vie d’humain. Est ce que les villes et les banlieues ne sont pas des sortes de cages ? Est ce que l’on n’est pas sujet à ce nombreux stress (travail, transports, télévisions, informations etc…) qui nous poussent à compenser avec de la nourriture sucrée ou même de la drogue légale (alcool, tabac, médicaments) ou non ?
Je pourrais faire une liste très longues de ce qui nous stressent. Et ce serait intéressant.

Pourquoi devenons-nous addicts ?

Mais, je me demande aussi à quel point de l’histoire on est devenu addicts. Quand l’addiction nous a conduit à devenir encore plus stressé pour se payer plus de compensation ? Il y a peut-être très très longtemps après tout. Sachant que les chasseurs cueilleurs de tous les continents passent 3 heures par jour en moyenne à travailler (chasser, récolter, réparer des outils etc), le reste du temps est passé à se reposer, à maintenir des liens sociaux et à jouer. A quel moment dans notre histoire a t’on décidé que travailler plus de 3 heures était « nécessaire » ? Je sais pas vous, mais plus j’y pense, plus j’aimerais pouvoir travailler avec un minimum de stress. 3 heures par jour m’irait pas mal 🙂

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