Café des amis-Pondicherry

Comment atteindre l’indépendance financière (2)

Il y a quelques mois j’avais écrit cet article qui semble être le plus populaire sur ce site. Cet article parlait du processus pour atteindre l’indépendance financière. Je voudrais parler maintenant de l’état d’esprit qui paraît nécessaire pour atteindre cet objectif. Mais d’abord une introduction sur le facteur chance ou le facteur réussite dans tout projet.

Prendre en compte toutes les données

J’écoutais un TED talk fabuleux (grâce aux recommandations de Angelo Coppola de Latest in Paleo), sur les chances de survie ou de réussite. Si vous parler anglais, vous pouvez écouter et regarder ce discours sur le lien plus haut, sinon, ou si vous êtes pressé, je vais résumer.

Pendant la deuxième guerre mondiale, aux US, un département de mathématiques avait été créé par l’armée américaine dans l’espoir que les mathématiques pourraient résoudre certains problèmes auxquels les généraux étaient confrontés.

Un des problèmes étaient le peu de chance de survie des bombardiers américains et de leur équipage. En gros, un équipage avait une chance sur deux de traverser la guerre sans mourir. L’idée était que si on arrivait à changer ce chiffre de quelques pourcents, on pouvait changer l’issue de la guerre. Donc, Abraham Wald se pencha sur le problème. La question de départ était : où peut-on renforcer les avions pour qu’ils résistent mieux aux tirs ennemis ? On ne pouvait pas renforcer tout l’avion avec du blindage car l’avion n’aurait pas pu décoller. Donc où était la priorité ? Abraham Wald fit tout un tas de travaux dans ce sens, sans ordi, ni calculatrice, développa des idées qui sont toujours utilisées aujourd’hui. Mais, il eut surtout l’idée de distribuer des cartes d’avions aux mécanos en leur demandant qu’ils notent où étaient les impacts de balles sur les avions qui revenaient. En collectionnant ces cartes, on s’aperçut que les avions étaient spécialement touchés au centre, à la queue et aux bouts des ailes.

Abraham-Wald-picture-of-planesLes généraux se dirent, « super, bonne idée » et commencèrent à renforcer leurs avions à ces endroits. Quand Abraham Wald appris cela, il les appela et leur dit : « Vous faites une erreur monumentale. Vous ne prenez pas en compte toutes les données du problème. Ces avions sont revenus. Ceux qui ont été touchés ailleurs que ces points ne sont pas revenus. Il faut donc renforcer les avions là, où il n’y a pas d’impact de balles ». Et c’est ce qu’ils firent. Avec les bons résultats attendus.

Pourquoi est-ce que je raconte tout cela ? Parce que ce même raisonnement peut s’appliquer sur la façon dont on regarde le succès : on ne regarde pas ceux qui ont échoué. Pourtant il y aurait peut-être plus à apprendre de ceux qui ont échoués que par ceux qui ont réussi. Je vais laisser cette réflexion ici, je la reprendrai pour la conclusion

Donc, le sujet du jour est :

Quelle qualités sont nécessaires pour atteindre l’indépendance financière ?

De ma propre expérience et en lisant cela et là des blogs sur le sujet, je suis arrivés à quatre facteurs qui paraissent important pour la réussite de l’entreprise.

  1. Avoir une ou des passions. C’est à dire, savoir pour quoi on le fait. Je l’annonce tout de suite, si on cherche l’autonomie financière pour avoir plus de temps pour regarder la télé, ne pas avoir à mettre de réveil le matin ou simplement pour ne pas travailler, j’ai peur que la motivation de départ ne soit pas suffisante et que toute l’entreprise soit un désastre. Si jamais un jour l’indépendance financière est atteinte et si vous arrêtez de travailler, j’ai peur que cela ne se passe pas bien. On met une telle emphase sur la valeur travail dans notre pays, que notre estime de soi dépend beaucoup de ce que l’on fait (malheureusement). Il m’est arrivé de ne pas travailler volontairement pendant quelques mois, et le regard de la société autour de moi était terrible. Cela n’est pas arrivé qu’à moi. Je connais plusieurs personnes qui ont fait des breaks, années sabbatiques et autres choses de ce genres, et qui ont carrément déprimé. Donc savoir pourquoi on le fait, avoir un projet sérieux, qui nous tient motivé avant et après l’indépendance financière, est une condition indispensable à mon avis.
  2. Moins consommer : la plupart des « experts » sont d’accord, ce n’est pas le revenu qui compte mais le taux d’économie. Il y a des gens qui gagnent plus de 10 000 € par mois et qui ont du mal à joindre les deux bouts, et il y a des gens qui gagnent l’allocation adulte handicapée ( 800 € par mois) et qui ont des milliers d’euros d’économisés sur un livret A. Pour avoir un bon taux d’économie il faut être un peu minimaliste. C’est à dire qu’il faut comprendre que beaucoup de nos possessions sont superflus ou de la mauvaise taille, et que, finalement, cela nous pèse, plutôt que cela nous libère. Il faut comprendre qu’à la fin, tout cela n’a aucune espèces d’impact sur notre bonheur. Pour le dire simplement, que vous alliez en vacances à Biarritz ou à Narbonne Plage, ce qui compte, c’est avec qui vous partez et non pas la taille de la piscine. On peut se poser ces questions avec pratiquement tout : la taille de notre maison, de notre voiture, de notre téléphone, de la télé. Franchement, qu’est ce que cela change à notre état d’esprit au bout de quelques mois ou années ? Je crois qu’il important d’être persuadé de cela ou l’on aura l’impression de faire trop de sacrifices, et sur une longue période de temps, ce n’est pas tenable. Le but est d’être plus heureux, pas moins.
  3. Avoir de la patience : ça c’est une qualité que je ne suis pas sûr d’avoir. C’est un projet à très long terme, 10 ans de préparation et il aura un impact sur le reste de ma vie. Je me suis déjà investit sur des projets à assez moyen terme (4 – 5 ans – voyages – reconversion professionnelle) et en quelques sortes, on l’a tous fait, en faisant nos études. Et certains atteignent l’indépendance financière en 5 ans (c’est toujours une question de taux d’économie). Mais pour la plupart d’entre nous, le délai sera certainement plus long (10 ans, voire 15 – 20 ans). Donc il faut avoir une vision à long terme.
  4. Etre heureux de ne pas faire comme tout le monde. Je dois dire que cela devient de plus en plus facile. D’abord avec la venue d’internet, il est facile de trouver des gens qui font la même chose que nous et d’avoir ainsi un soutien que nos proches ne sont pas forcément en capacité de donner. Puis pour moi, l’âge aidant, je m’embarrasse de moins en moins de savoir si je plaît ou pas. C’est assez agréable d’ailleurs. C’est fou ce qu’un peu de gris sur les tempes peut libérer. Les gens me disent « monsieur » et je peux sortir la plus grosse connerie qui me passe par la tête sans que l’on s’offusque trop :). En tout cas, je crois que c’est important de garder une indépendance d’esprit et de réflexions. Nous vivons dans une société conformiste, je dirais même une nation. On refuse de voir, de mesurer les différences. Ce qui est différent doit rester dans le domaine de la sphère privée. Etre différents rend les gens autour de nous inquiets, y compris notre famille, nos amis. Donc, il faut être prêt à susciter des désapprobations et être ok avec ça.

Donc voici quelques conseils qui paraissent suffisamment sensés, qui en tout cas reflètent mes idées et surtout celles de personnes qui ont atteint l’indépendance financière. Mais comme l’explique David MacRanay dans le Ted talk donc je parlais plus haut, je ne sais pas si cela est utile. En effet, cela ne sert pas grand chose de demander à Brad Pitt ce qu’il a fait pour réussir. Il y a certainement des gens qui sont allés à Hollywood en même temps que Brad Pitt, qui étaient plus beaux, plus talentueux, et plus motivés que Brad Pitt, mais la vaste majorité n’a pas réussie. Et personne ne leur demande pourquoi ils n’ont pas réussi. Comme les bombardiers qui ne revenaient pas, on les oublie. Brad Pitt ne pourrait pas répondre à la question : que faut-il faire pour ne pas échouer ?

Voilà quelques conseils, mais ce ne sont pas LES conseils. Il y en a certainement d’autres, et beaucoup de « à ne pas faire » qui reste à découvrir. En tout cas, l’intérêt de ce blog est que si je me plante, tout le monde saura pourquoi, et tout le monde pourra apprendre de cela 🙂

Sur le même thème :

5 commentaires

  1. Bonjour,

    Je trouve votre blog très intéressant. Récemment je me suis plongé dans le sujet de l’indépendance financière. J’ai lu de nombreux blogs : MMR, J. Collins, Livingafi, econowiser etc.

    Je suis déçu de ne pouvoir investir facilement dans Vanguard comme ces nombreux blogs le conseille.
    Ce que je retiens finalement de ces blogs en termes d’investissements c’est :

    1. Investir dans un fond indiciel
    2. Choisir le fond avec les frais les plus faibles.

    Et ici je voudrais débattre avec vous. Pourquoi s’entêter à investir dans Vanguard en temps qu’européen malgré les problèmes de retenue à la source des dividendes, change euro-$ etc.
    Ne serait-il pas plus économique et surtout plus simple d’investir dans un ETF d’Amundi par exemple qui propose des trackers US/monde à 0.35% de frais et des ETF français/Européen pour des frais encore plus faible ?

    Je pense que ces 0.35% de frais reviennent au final moins cher que d’investir dans Vanguard à 0.05% si on ajoute le problème de taxe sur les dividendes.
    De plus, ces trackers sont eligibles au PEA et permettent donc une défiscalisation très intéressante.

    Qu’en pensez vous?

    Cordialement,
    Max

    1. Bonjour,
      Merci pour votre commentaire et votre suggestion très intéressante. Je ne connais pas Amundi, mais je suis maintenant très curieux. Avez vous des lectures ou des liens à me conseiller ? Pour savoir si c’est plus intéressant en terme de coût, il faut savoir si les produits sont bien équivalents et puis il suffira de faire des projections.
      Sur la double taxation des dividendes américains (à la source aux USA et ici en France, ce qui fait un taux de 30 % voire plus), il y aurait moyen d’après « econowiser » de ne pas payer deux fois avec un formulaire si le pays (la France a passé un accord, comme les Pays-Bas où se trouve Econowiser). J’ai écris à ING qui ne m’a pas encore répondu (je ne suis pas sûr qu’ils aient compris la question), aussi je me suis promis de leur téléphoner et d’écrire à ce sujet une fois que j’aurais l’information qui va bien :).

      1. N’hésitez pas à partager la réponse d’ING c’est en effet très utile.

        Amundi est une filiale du crédit agricole. Elle offre une large gamme d’ETF et l’avantage c’est qu’un grand nombre sont eligible au PEA, je ne suis pas un expert mais je pense que c’est une piste qui vaut le coup d’être creusée.
        Malheureusement, je n’arrive pas à obtenir de lien vers la page d’un ETF spécifique. Voici le lien vers leur site Web : https://www.amundietf.com

        Après avoir sélectionné France, vous trouverez dans l’un des cadre à gauche de l’écran « action » puis en choissant « global » on trouve différents ETF dont AMUNDI ETF MSCI WORLD UCITS ETF – EUR qui est composé de plus de 1700 valeurs avec presque 60% US.

        Ce n’est qu’un exemple, le choix d’ETF est extrêmement large et les frais me semble très compétitifs.

        1. Bonjour,
          je suis très intéressé par le sujet. Je vais regarder cela de plus près. Je ne suis pas non plus un expert et nos deux regards seront intéressants. Peut-être on pourra faire un article avec cette conversation intitulé « Vanguard vs Amundi »:). Et peut-être que ce genre de produits peut avoir les avantages de Vanguard sans les inconvénients d’être localisé aux USA. Merci encore.

Les commentaires sont fermés.