Archives de catégorie : Minimalisme

Définir le minimalisme

Maison minimaliste

Minimalisme en hiver

Quand je regarde des programmes (comme celui-ci) ou lis des articles de presse sur le minimalisme, je me rends compte que souvent les journalistes ne comprennent pas complètement de quoi il s’agit. Continuer la lecture

La difficulté de suivre un autre chemin

Église en ruines

Église en ruines

L’hiver est arrivé enfin dans le Sud de la France. Les matins sont frisquets, les nuits fraîches mais les journées sont toujours ensoleillées et agréables.

Nous sommes en plein déménagement. Nous avons trouvé un maison à louer et loué notre appartement. Tout s’est fait très vite, en quelques jours. Quand un projet est mûr, l’exécution vient plus facilement, semble-t’il. Nous avons eu la chance de rencontrer sur notre chemin des professionnels compétents et bienveillants. Maintenant, il s’agit de faire quelques travaux (cuisines, peintures) dans notre nouvelle maison pour pouvoir y habiter pour de bon. Continuer la lecture

Simplifier sa vie – créer les conditions

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Simplifier sa vie est une clé qui ouvre de nombreuses portes. Le principe du minimalisme est de se débarrasser des choses matériels superflus pour faire de la place à ce qui est important. On aborde le minimalisme par le côté matériel des choses mais on s’aperçois vite que c’est aussi dans la tête que cela se passe. Simplifier sa vie et ses actions permet un pont entre les deux : une fois laissé le superflu, simplifier sa vie permet d’accéder à ce qui important pour nous. Continuer la lecture

cuisine-moderne-minimaliste

Comment devenir minimaliste – une méthode

Ou comment devenir minimaliste

Ou comment devenir minimaliste

Ce week-end, ma femme et moi avons décidé décider de suivre les conseils de Marie Kondo « La magie du rangement » et de commencer à nous débarrasser de tout ce qui encombrait notre vie. Ce que nous ne savions pas est que cette méthode permet de réellement devenir minimaliste dans l’âme.

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Cela s’est passé comme cela.
Ma femme est resté quelques jours à Paris chez une amie. Comme elle la complimentait sur l’arrangement de son appartement, sa décoration et l’impression de netteté, elle lui demanda comment elle avait fait.
Son amie lui a montré le livre de Marie Kondo de et lui a dit « Mais il faut lire la Bible en matière de rangement ». Ma femme l’acheta aussitôt (en anglais) et le lu presque d’une traite. Continuer la lecture

Les différentes manières d’être minimaliste

Piano cassé dans un pub - Upper Winchendon

Piano cassé dans un pub – Upper Winchendon – UK

Dans quelques semaines, l’automne va s’approcher et ce sera le moment de ranger les affaires d’été et de sortir les affaires d’hiver.

C’est le moment que je choisis pour faire le point sur mes possessions. Je me pose en gros trois questions avant de ranger mes affaires d’été.

  • Est-ce que je les ai porter cette année ?
  • Est-ce que je suis sûr que je les porterai l’année prochaine ?
  • Est-ce que cet objet ne fait pas double emploi avec autre chose ?

Selon les réponses, je garde mes fringues et les stocke pour l’hiver, ou je donne ou je jette (recycle).

Je recommence la même opération à l’approche de l’été, avec mes affaires d’hiver.

C’est en gros ma façon de ne pas me laisser envahir par des affaires personnelles.

Je n’ai plus de livre depuis que j’ai un Kindle et pas vraiment d’autres d’affaires personnels. Nous avons des meubles, ustensiles de cuisine etc, mais comme nous avons aménagé récemment en partant de zéro, je n’ai rien qui soit stocké inutilement.

J’envisage néanmoins d’utiliser ma méthode avec mes fichiers électroniques. Pas parce que je manque de place sur mon disque dur, mais parce que la vision du « vieux » obstrue ma vision de l’avenir.

C’est bien le principe du minimalisme. Faire de la place pour pouvoir accueillir de nouvelles expériences. Ne pas s’encombrer pour avoir l’espace de vivre, de créer, d’apprécier.

C’est se concentrer sur l’essentiel, sur ce qui apporte de la valeur à la vie (« add value »), sur ce qui est réellement important dans sa vie.

Ce concept est cousin de la recherche de l’indépendance financière qui oblige à se concentrer sur la même chose (l’essentiel) pour une raison différente (faire des économies), mais pas tant que cela (à la fin, on veut vivre ses passions). C’est pour cela que les blogs sur l’autonomie financière anglo-saxons mentionnent souvent le minimalisme.

Comment devenir minimaliste ?

Il doit y avoir des centaines de méthodes pour devenir minimaliste. Par exemple, ma femme et moi avons deux conceptions légèrement différentes.

Je dois avouer que je suis plus austère qu’elle. Je n’aime rien de mieux qu’une étagère vide ou avec peu d’objet. J’aime quand chaque objet à une utilité et j’aurais tendance à décorer ma maison avec l’esthétique des objets utiles et ne pas utiliser d’objets décoratifs, à part des tableaux ou décoration murales.

Je ne comprends pas qu’elle veuille 6 oreillers pour mettre sur le lit pour faire jolie. Je n’utilise la chambre que pour aller me coucher et la première chose que je fais est de retirer les oreillers du lit pour n’en garder qu’un pour dormir.

Parfois, notre lit ressemble à un truc comme ça :)

Parfois, notre lit ressemble à un truc comme ça 🙂

Mais je m’égare. Ce que je voulais dire est qu’il y a certainement autant de façons d’être minimaliste que de minimalistes.

En lisant depuis quelques temps les blogs anglais sur le sujet, je vois quelques nuances de ci de là. Trois exemples ont retenu mon attention car ils ont des philosophies différentes qui les soutiennent

Les Minimalistes

J’ai relevé deux méthodes intéressantes dans le blog et les différents écrits de Joshua et Ryan.

  • Packing party : La première est la méthode de la « packing party ». J’ai aucune idée comme traduire en français cette expression, donc je la laisse comme cela. L’idée est de prendre un week-end avec des amis et d’emballer toutes vos possessions comme si vous alliez déménager. Mais en le faisant bien, c’est à dire en mettant des étiquettes sur les cartons. On démonte tous les meubles aussi. Comme lors d’un déménagement. On regroupe tous les cartons dans une pièce et voilà !

Ryan a fait ça avec l’aide de Joshua un samedi. 9 heures plus tard, tout était emballé et toutes ses possessions étaient empilées dans le deuxième salon de son T3 de 200 mètres carrés. Les piles de cartons allaient jusqu’au plafond.

Ensuite, la méthode consiste à défaire seulement les cartons que l’on a besoin, et seulement ceux-là, pendant 21 jours. Donc, on commence en général par le carton où se trouve la brosse à dent, puis on remonte un lit, on déballe des draps, et on garde une boîte d’outils.

Après trois semaines, Joshua avait 80 % de ses possessions encore dans des cartons. Il n’avait ouvert que ce qui était utile, qui apportait quelques chose à sa vie. Après trois semaines, il a regardé les cartons qui restaient et ne pouvait même plus se souvenir ce qu’ils contenaient. Il a finalement donné ou vendu tous ces cartons.

La méthode est très séduisante. Cela revient un peu à emporter en voyage ce que l’on a besoin pour la première semaine et ensuite s’adapter. Le problème avec cette méthode est qu’elle est un peu extrême. Et mes affaires d’hiver ? Puis-je les stocker en attendant ?

  • Photographies : Joshua a offert un autre truc pour s’avoir comment gérer les objets chargés de souvenirs, qu’on garde plus pour ce qu’ils nous rappellent que pour leur utilité. Joshua a été confronté à cela lors du décès de sa mère. Il a eu la charge douloureuse de vider son appartement de savoir quoi faire de tous ses objets qui lui rappelaient sa mère et j’imagine sa jeunesse. Sa première réaction avait été de stocker tout dans un box. Mais après réflexions, il décida de faire quelque chose de plus utile avec ces objets. Il pris des photos de ces objets pour les garder dans son ordinateur. Puis il chargea et donna le tout à une organisation caritative.

Mister Money Mustache

La philosophie de Mister Money Mustache pour se séparer du superflu se résume en une phrase : « Si vous ne l’achèteriez pas aujourd’hui, débarrassez vous en ».

Ainsi MMM propose de regarder chacune de nos possessions et de voir si on l’achèterait en l’état au prix où elle vaut. L’exemple donné dans un article est une voiture. Imaginons qu’une personne veuille devenir minimaliste et faire des économies pour devenir indépendante financièrement. Cette commence à regarder ses dépenses et s’aperçoit que sa voiture un gros 4X4 consomme pas mal d’essence, en entretien, et en assurance et que elle n’a pas besoin d’une voiture aussi grosse. Mais voilà, la voiture est payée complètement et c’est dommage, on vient de changer la courroie de transmission. Faut-il la vendre pour en acheter une plus petite ?

Du coup, la philosophie de MMM prend tout son sens. Si j’avais besoin d’une voiture, est-ce que j’achèterai celle-là ? Bah non, évidemment. Donc j’ai la réponse à ma question. Bien sûr qu’il faut la vendre, acheter une plus petite, investir le surplus dégager et commencer à économiser toutes les semaines sur la facture essence de mon budget.

Cela aide aussi à faire le tri dans les affaires de la cave, les affaires de ski qu’on ne met plus, mais cela ne permet pas de résoudre la question des objets à forte charge sentimentale. La dernière catégorie permet de faire le point.

Raptitude

David de Raptitude a utilisé dans un premier une méthode qui lui a donné entièrement satisfaction mais qui n’a pas duré à l’épreuve du temps. Cette méthode était d’avoir un rangement pour chaque chose. Le vieil adage de nos grands-mères en quelque sorte : « Chaque place a sa chose, et chaque chose a sa place. » Rien de posé négligemment sur la table, rien de posé par terre. Dans ce système idéal, une chose peut remplacer une autre mais pas s’additionner aux autres. Pour moi, c’est une philosophie totalitaire et un peu idiote. Il n’y a pas vraiment de raison pour se séparer de quelque chose, c’est une peu la politique du moins pire. Certes, cela permet un résultat spectaculaire au début (une maison rangée, de la place pour penser) mais ma vie est un peu différente. Je n’aime pas forcément le bordel, mais j’aime que les choses vivent. Dan s’est aperçu que cela n’était pas tenable et que cette méthode ne lui correspondait pas. Ouf.

Du coup, il essaie ce mois-ci une nouvelle méthode tiré d’un livre d’une jeune femme japonaise. Il s’agit chaque jour de prendre un objet dans sa main et de réfléchir si cet objet lui apporte une énergie positive ou négative. Est-ce que cet objet assombrit mon âme ou l’éclaircit ? Voilà la seule question à se poser, apparemment. David a commencé à trier sa bibliothèque et il est très content du résultat. Quand il la regarde, il ne voit que des objets qui lui apporte du bonheur, des objets qu’il a envie de voit et le résultat est apparemment spectaculaire.

Mon problème avec cette approche que je trouve néanmoins très séduisante et le long terme. Car on connaît tout l’effet Waouh de tout achat. Au début on ne veut pas le quitter des yeux ce nouveau téléphone, sac-à-main, ordinateur etc. Du coup, il n’y a pas de limite pour l’achat de nouveau objet, non ?

Bon en tout cas, l’expérience de Dan est intéressante et j’attends la suite de son expérimentation avec impatiente.

Conclusion

Comme c’était un article de synthèse, ma conclusion sera lamentablement consensuelle. J’aime bien toutes ces méthodes et il me semble que toutes peuvent avoir une utilités. Je me pense que je vais me concentrer bientôt sur la dernière méthode expliquée, celle de la femme japonaise. J’aime assez l’idée d’être entouré d’objet que j’ai envie de voir. 🙂

Mise à jour

On a fait la dernière méthode, la méthode de la japonaise Marie Kondo. Le compte rendu de cette expérience est là (http://librecommelibre.com/comment-devenir-minimaliste/)

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GRAFFITI DE LONDRES

Informations et minimalisme

GRAFFITI DE LONDRES

GRAFFITI DE LONDRES

Peut-on faire un parallèle entre informations et minimalisme ?

J’entendais l’autre jour dans une émission de radio quelqu’un dire que nous étions dans l’âge de l’information. Et je crois que c’est vrai. Nous n’avons jamais été autant abreuvés d’informations et l’information n’a jamais été aussi facile à trouver, un peu comme les biens de consommation courante. Et je me demandais s’il ne fallait pas essayer d’appliquer les principes du minimalisme à ma consommation d’informations.

Informations

Je me souviens d’un temps, que les jeunes de 20 ans …, où l’information n’était pas aussi disponible avec deux clicks (un pour le navigateur et un pour Wikipedia 🙂

Pour faire un exposé de groupe à l’école, il fallait se rendre au CDI de l’école. Pour vérifier une citation, il fallait chercher dans le dictionnaire l’auteur supposé et espérer que la citation y soit. Pour se documenter sur un sujet un peu obscur, il fallait soit aller à la bibliothèque municipale (si on habitait en ville) ou avoir une conversation avec le libraire avant de commander un livre qui pourrait répondre à notre besoin.

Bien sûr, nous recevions de l’information, tous les jours dans les journaux, à la télé, à la radio. Je remarque d’ailleurs que les articles dans les journaux étaient souvent mieux écrits que de nos jours. Comme on ne pouvait cliquer sur un lien pour vérifier les sources, ou avoir un avis opposé, l’auteur souvent faisait l’effort de mentionner les différents points de vue sur un sujet et pouvait laisser ou non le choix au lecteur de faire son opinion.

Bien entendu, je parlais d’un monde sans internet, voire sans ordinateur.

Aujourd’hui, je suis abasourdi souvent quand je lis un article ou j’entends une nouvelle à la radio par l’absence de contexte, par le pauvre choix des mots, par la recherche de l’émotion à tout prix. Le journaliste semble souvent chercher le conflit, l’émotion, l’extraordinaire. Je suis au contraire d’avis, comme disait l’autre, que « ce qui est exagéré est insignifiant ».

Aujourd’hui à l’heure d’internet, nous sommes abreuvés d’informations mais la qualité n’est pas toujours au rendez-vous. Donc, si on veut être rationnel, il faut faire un tri en ce qui semble important et juste et… tout le reste.

J’ai renoncé quelques pièges courants. J’essaie de les éviter mais je tombe souvent dedans, soit en tant que lecteur, auditeur ou en tant qu’auteur (et dans ce cas, je présente mes excuses).

  • Les études d’observation et les essais randomisés contrôlés. J’avais déjà écrit un article sur ce sujet dans ma série sur le régime Paléo. Mais je viens de voir cette vidéo de David H. Newman (malheureusement en anglais) qui montre l’utilisation des médias de ces deux types d’études et les conséquences sur notre santé.

  • Les biais de confirmation « désignent la tendance naturelle qu’ont les personnes à privilégier les informations qui confirment leurs idées préconçues ou leurs hypothèses (sans considération pour la véracité de ces informations) et/ou d’accorder moins de poids aux hypothèses jouant en défaveur de leurs conceptions. En conséquence, les personnes rassemblent des éléments ou se rappellent les informations mémorisées, de manière sélective, et les interprètent d’une manière biaisée. On dit aussi que les personnes « tirent la réalité » à elles. » Cette définition de Wikipedia me convient tout à fait. Les gens sur les plateaux de télévision, dans les livres informés, dans des articles de blogs (comme le mien) citent parfois des études qui les arrangent, mais ne vont pas parler de celles qui ne les arrangent pas. Le pire est souvent dans les forums de discussion. Et ce n’est pas bien, ni vraiment aidant pour celui qui cherche à s’informer.
  • L’ethnocentrisme : juger une autre culture seulement à travers les valeurs et les normes de sa propre culture (Wikipedia en anglais traduit par oim). Cela permet d’enlever le contexte. En général, c’est pour faire du sensationnel. « Il mange du riz trois fois par jour, à tous les repas !!!!! ». Sauf qu’en Thaïlande par exemple, cela n’a rien d’exceptionnel. Ce cas est assez facile à relever. Mais les différences culturelles sont parfois très subtiles et peuvent être difficiles à relever, parfois c’est une mauvaise traduction qui nous trompe. Les Américains interviewés commencent souvent leurs phrases par « I think that » « Je pense que », avec une grosse intonation sur le « I », un peu comme pour dire « Je pense personnellement ». Cela fait arrogant souvent pour un Français. Et bien non, c’est plutôt une recherche d’être humble en disant quelque chose comme « ce n’est que mon opinion personnelle, et je ne suis pas grand-chose ». Un Français commencera la phrase différemment pour convier le même message, par exemple en utilisant le « On » ou le « Il est » pour éviter de se mettre pas en avant, n’est-ce pas ? Les Américains font donc exactement l’inverse. Donc on peut très vite mal comprendre ce qui est dit ainsi.
  • Pourcentage relatif et absolu. Un de mes sujets favoris. La règle, c’est qu’on utilise les pourcentages relatifs parce qu’ils paraissent plus sensationnels mais ils ne veulent rien dire si on ne connaît pas le pourcentage absolu. De quoi s’agit-il ? Je n’ai pas trouvé d’exemple en français donc je vais me lancer tout seul. (Pour ceux qui parlent anglais, la vidéo plus haut répondra à vos questions). Admettons qu’une étude montre que boire un verre de boisson alcoolisée par jour augmente deux fois plus le risque de cancer du bras gauche, cela paraît un gros chiffre. C’est le pourcentage relatif. Il faut se poser la question « deux fois plus de risque par rapport à quoi ? ». Si une personne a normalement le pourcentage de risque d’avoir le cancer du bras droit de 1 pour 100 000 personnes, cela fait un risque de 2 pour 100 000 personnes. Cela ne paraît pas si important maintenant ! Une augmentation de 50 % du risque revient à avoir 1,5 pour 100 000 personnes avec un cancer du bras droit. Si 5000 sur 100 000 personnes risquent normalement d’avoir le cancer du bras droit, cela fait une augmentation à 5000 personnes sur 100 000 personnes de plus pour un risque deux fois plus élevé. Cela est plus significatif; non ?
  • Les financeurs : Quand une étude sort, il est toujours intéressant de savoir qui la financée. Il y a quelques années, Nike sortait ses chaussures Air, en gros des chaussures avec des bulles d’air. Ils firent des recherches pour tenter de montrer que c’était mieux, et que cela évitait les blessures. Mais en fait, finalement, ce n’est pas sûr que ce soit le cas. C’est peut-être plutôt l’inverse. Comme souvent, les résultats des études sont différents selon celui qui les finance. Donc, encore une fois, difficile d’avoir la bonne information.
  • Google. Un dernier biais de confirmation qui mérite un paragraphe pour lui tout seul et qui m’exaspère : le moteur de recherche Google. Car il va biaiser le résultat des recherches selon mes préférences. Ainsi, si j’ai fait plusieurs recherches sur régimes paléo, et si j’ai suivi de nombreux blogs consacrés à ce régime, si je pose la question « meilleur régime pour courir le marathon », des articles écrits par des fans du régime paléo vont apparaître en premier.

Et minimalisme

Alors que faire ?

Je crois qu’il est important comme pour les choses matérielles de faire du tri et d’être sûr que ce que m’apporte une vraie valeur, ne m’encombre pas l’esprit et soit une aide à ma vie, mais pas une béquille pour masquer un mal-être. De même, que je ne veux plus faire d’achats impulsifs parce que j’ai eu une mauvaise journée, je ne veux pas polluer mon esprit avec la première émission de radio ou de télé qui passe.

J’ai adopté ces comportements depuis quelque temps. Ce ne sont pas des règles, mais un résumé de mes pratiques

  • Je trie méticuleusement mes sources d’information et les sujets. En ce moment, je n’écoute que des podcasts, cela me permet de choisir mes émissions et si le sujet du jour ne m’intéresse pas, je passe.
  • J’essaie plusieurs jours par an de ne recevoir aucune information. Je me suis aperçu après de longs voyages combien je n’avais pas vraiment manqué grand-chose pendant mon absence. Les unes des journaux semblaient dire la même chose, les noms avaient changé. C’était la même chose mais pas pareil. Mais moi, j’avais pris du recul et je pouvais plus facilement faire le tri.
  • Proscrire toute télévision en live. Cela devient de plus en plus insupportable d’ailleurs à regarder 🙂
  • Choisir avec soin ses émissions radiophoniques. Pour moi, il faut de la contradiction, dont du débat mais aussi du temps pour le faire, du calme dans le ton et des arguments démontrés. Un de mes formats préférés est l’émission « L’esprit Public » de Philippe Meyer sur France Culture.
  • Choisir ses blogs avec soin. Est-ce que l’auteur a des références ? Certes, pas besoin de référence s’il parle de son expérience personnelle, mais semble-t-il honnête ? A-t-il des intérêts particuliers ? Pourquoi est ce qu’il écrit ?
  • Si je veux être sérieux sur un sujet il faut que je me pose des questions. Qu’un auteur ait des références ne dois pas me faire croire tout ce qu’il dit. Quelles sont les sources ? Y a-t-il d’autres sources qui disent le contraire ? Qu’est ce que l’auteur a omis d’écrire ou de dire ? Je vérifie les sources moi-même le plus souvent, et ce n’est pas facile. Mais je m’aperçois souvent que sans qu’il y ait parfois tromperie, je n’aurais pas écrit les choses comme ça.
  • Je suis abonné aussi des blogs d’opinion où je sais que l’auteur a une opinion biaisé, mais je ne lis pas ces blogs pour m’informer mais pour me distraire ou me motiver.

Conclusion

Voilà où j’en suis. Cela risque d’évoluer car il y a toujours d’autres pièges de plus en plus subtils. Mais je crois que c’est notre boulot de citoyen de ne pas gober n’importe quoi.

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L’antithèse du minimalisme

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La voiture idéale pour aller travailler ?

Ma femme revient d’un séjour d’un mois au États-Unis dans sa famille en Géorgie.

Nous avons eu une longue discussion la nuit dernière alors qu’elle me racontait ce qui avait changé depuis notre dernier voyage ensemble. Les différences culturelles entre nos deux pays sont de plus en plus frappantes pour elle.
Je me suis dit que cela pourrait être intéressant dans ce blog, en partant de l’hypothèse que dans beaucoup de domaines, les États-Unis sont en avance sur nous. Je dis en avance dans le temps, de manière non-jugeante, pas en termes de qualité de vie, de bonheur ou de confort.

Après tout, en janvier j’avais fait un article après mon retour d’Inde un peu dans la même idée mais dans le sens inverse. À l’époque, c’était nous qui étions « en avance », et je regardais dans le « passé ». Aujourd’hui je me tourne vers le futur.

Donc, voici une petite liste qui est sortie de notre discussion

  • Les équipements sont devenus super-technologiques et très chers. Le nouveau frigo acheté par mon beau-frère a coûté 2500 dollars. Il fait de la glace pilée, de la glace normal, de l’eau fraîche, avec de l’eau filtrée, a une cellule de refroidissement, un tiroir à part pour les pots, peut maintenir différentes températures dans différents compartiments, est IMMENSE et personne ne sait s’en servir.
  • La tondeuse à gazon n’est pas une tondeuse classique, c’est un mini-tracteur. Apparemment, tout le voisinage ne peut concevoir de tondre leur pelouse sans être assis sur ce genre d’engin, même pour une surface plate et aussi petite que 700 m carrés. Chacun à sa tondeuse bien sûr. On ne prête pas car on a peur que l’autre ne s’en occupe pas bien et c’est mal vu de dépendre des autres.
  • Les voitures sont énormes, axée sur la sécurité au point du ridicule, voir ci-dessus, le dernier modèle de ma belle-soeur, qui rentre à peine dans le garage (la voiture, pas ma belle-soeur qui est charmante et a une taille mannequin). Ces mêmes voitures ont des ordinateurs à la place du tableau de bord, qui se relient avec le smartphone. Le smartphone est/sera bientôt la pièce clé de l’automobile.
  • Les maisons sont énormes (300 m carrés pour une famille de 4 personnes), pas cher (200 000 dollars) pas très solides. On aurait pu imaginer pour des gens tellement inquiets de leur sécurité qu’ils auraient une porte solide digne de ce nom. Il faut un digicode pour ouvrir la porte du garage mais on peut crocheter la moindre porte-fenêtre avec un canif. Mais attention, les gens ont parfois des flingues. Certaines villes obligent même chaque habitant à avoir un flingue à la maison, comme ça, les cambrioleurs sont prévenus.
  • Les fruits et légumes n’ont pas de goût. Ils viennent tous de Californie, ont été cueillis pas assez mûrs et transporté dans des camions frigorifiques à travers les States
  • Tout est accès sur la performance et la compétition depuis le plus jeune âge.  Les bébés à la crèche sont notés à partir de leur entrée (vers 3 mois). D’ailleurs, on ne dit plus crèche (kindergarten) mais « academy ». On apprend bébés à se rouler, à ramper, à s’asseoir et on note qu’il est bien dans les normes. À la fin de la crèche, avant d’entrer à l’école maternelle, il aura un diplôme (si, si). Pour la fin de l’école maternelle, il y a une remise de diplôme, la levée des couleurs des USA avec un chant la main sur le coeur. L’identité nationale est apprise vite ! Par contre, les chants sont chantés par tous en anglais et en espagnol.
  • Des parents notent les statistiques de leurs enfants de 5 ans au base-ball. Ils vont à tous les entraînements et filment tout sur leur portable. Il y a même un nom pour ce genre de comportement qui ne concerne pas que les entraînements de baseball, « helicopter-parents ». Il y a même des études faites sur le devenir des enfants de ces parents (comme quoi le phénomène n’est pas si récent), et elles montrent que les enfants entrent en dépression plus souvent quand ils quittent le giron familial que les autres enfants.
  • Il y a un gaspillage de tout, de l’eau, de la nourriture, de l’essence, de l’énergie. Choquant, désolant et complètement anodin. Il y a trop d’exemples qui me viennent en tête
  • Le Smart Phone est partout (omniprésent) et omnipotent. Il peut tout et s’incruste partout. Il était mal vu de laisser sonner son téléphone au restaurant et encore plus d’y répondre. Il est maintenant bizarre de ne pas répondre à ses messages. Ainsi, il est quasi-impossible d’avoir une conversation avec son ami sans qu’il ne regarde son smartphone ou est distrait.
  • L’art de la conversation est perdu, ce sont des monologues, tout le monde parle de soi, quand cela lui chante. À charge de celui qui écoute de dire que cela l’intéresse ou pas (« I’d rather not talk about this). Ainsi, personne ne s’intéresse à autrui. Exemple : personne n’a demandé à ma femme en un mois, comment était sa vie en France, ce qu’elle faisait, ses projets, ses loisirs. Elle était dans sa famille proche, plus éloignée, elle a revu des amis qu’elle n’avait pas vus depuis des années. Elle s’est inquiétée de leurs vies, des décisions, de leur travail, de leur famille respective etc.. Mais pas un ne lui a demandé quoique ce soit sur elle.

L’antithèse du minimalisme ?

Alors que peut nous enseigner tout cela.

Pour résumé, elle a vu des gens qui recherchent la sécurité et consomment plus pour cela, qui ont la tête dans le guidon et qui ont de moins en moins de rapport « humains » entre eux. Ce qui est tout le contraire du minimalisme, en quelque sorte.

Je retrouve aussi cette tendance à l’atomisation (l’individualisation) de notre société commune à nos deux sociétés avec peut-être une certaine avance aux US.

Les familles sont devenues nucléaires et ceci a entraîné un repli sur soi. Avant il fallait comme on disait un village (ou une rue) pour élever un enfant. Il y avait aussi une sorte de surmoi social et tout le monde « veillait » sur tout le monde. Ainsi, quand mes parents ont déménagé dans un nouveau quartier lorsque j’ai eu 6 ans, ils ont fait comme tout le monde dans leur rue. C’est-à-dire qu’ils m’ont laissé allé à l’école seul, accompagné de mes copains de la même rue. Ma mère n’est jamais venue me conduire ou me chercher à la sortie de l’école dans mes 4 ans à l’école primaire et encore moins plus tard.

Je veux dire que l’individualisation de notre société a des conséquences sur notre sentiment d’insécurité chez nous aussi. Et c’est un argument de vente ou de consommation. Demandez autour de vous qui laisse ses enfants aller à l’école en dessous de 10 ans. Personne. Ou pas grand monde. Gamin de banlieue, je prenais seul le train à 11 ans pour aller voir ma grand-mère le samedi. J’arrivais à Gare du Nord, marchais jusqu’à Gare de l’Est et prenais un nouveau train pour Rosny-sous-Bois. Quand je raconte cela, j’ai l’air d’un extra-terrestre, mais quand je questionne mes collègues ou amis du même âge, cela leur semble normal. Les études le montrent, le monde des banlieues n’est pas plus dangereux maintenant que dans les années 80, mais la perception du danger beaucoup plus grande.

Donc la peur, le repli sur soi, fait conduire nos enfants à l’école ou à la crèche (ou academy) dans de gros 4X4. Elle isole des autres. La ville ne fait plus société (voir Jacques Donzelot). En fait, la ville s’éclate en banlieue infinie (le fameux sprawl) et bien délimitée. Marietta, « banlieue chic » d’Atlanta a refusé le métro pour ne pas avoir de horde de pauvres venir habiter là. Donc, tout le monde utilise sa voiture, il n’y a pratiquement pas de transport en commun.

Le pire est que les valeurs de concurrence, de performance encouragent cet individualisme. Il faut se démarquer, d’autant plus qu’il y aura peu de monde au sommet de la pyramide.

Donc, je vois que les parents élèvent leurs enfants seuls, sans les voisins, sans les grands-parents qui habitent loin ou sont décrédibilisés. Les gens vont travailler en voiture écoutant une radio qui leur ressemble, vont travailler avec des collègues qui leur ressemblent, vont faire un sport qui leur ressemble et jamais ne vont se frotter à l’Autre, qui devient synonyme de danger parce que différent, « pas comme nous » etc…  les gens travaillent plus, plus longtemps et prennent leur retraite plus tard pour pouvoir se permettre ce niveau de vie. Du coup, les gens se retrouvent incroyablement seuls, et passent leur temps sur Facebook et Twitter pour se faire des amis (qui leur ressemblent). Ls dépressions sont en augmentation et la consommation aussi.

Mais au fait, je parlais des États-Unis ou de la France ?

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