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Cotentin

Comment je sais que l’argent ne fait pas le bonheur

Cotentin

Cotentin

Tout le monde le sait, mais personne n’y croit. Pourtant l’argent ne fait pas le bonheur, en tout cas, pas forcément. Je vais expliquer aujourd’hui comment j’ai découvert que c’était vrai. En fait le bonheur a certainement des causes, mais l’argent n’est pas l’une d’elle. En tout cas, d’après moi. Voilà pourquoi.

C’est une question importante, car c’est une des clés de la frugalité. Bien sûr, il ne s’agit pas de dire que l’on peut vivre sans argent , mais de dire qu’au de-là d’un certain seuil, plus d’argent ne veut pas dire plus heureux (d’ailleurs cela a été prouvé par des recherches). Alors que des recherches essaient de prouver un seuil plafond moyen, je crois que ce seuil est différent pour tout le monde, et bien sûr on peut faire une moyenne, mais cela ne renseigne pas sur ses propres exigences. Je crois que plus on est persuadé que l’argent contribue au bonheur, plus le seuil sera haut.
J’ai défini mon seuil après de longues réflexions, mais surtout après plusieurs expériences de vie qui m’on fait évoluer sur le sujet. Commençons par le début.

Ma relation avec l’argent de l’enfance et à l’adolescence

De l’enfance à l’adolescence, j’étais bien sûr complètement ignorant sur le sujet. Mon « bonheur » (encore que certains contestent qu’un enfant puisse connaître le bonheur) ne dépendait pas de l’argent de poche que mes parents me donnaient, mais plutôt si j’avais des copains, si j’avais de bonnes notes, si j’étais choisi rapidement quand on tirait au sort les équipes, si les filles me souriaient en cachette ou pas. Donc, indice argent/bonheur = 0
Tous mes copains avaient plus ou moins les mêmes moyens que moi, de quoi aller à la piscine et au cinéma de temps en temps et de s’offrir un chocolat chaud ou une viennoiserie ou des bonbons une fois par semaine après l’école. Donc, pas d’envie, de sollicitations, de Game Boy à avoir. La télé avait au début 2 chaînes, puis trois et franchement, on était pas très intéressé à la regarder. Les loisirs, c’était le champs en bas de la rue où on jouait au foot, aux chasses à l’homme (sorte de cache cache géant par équipe), la bibliothèque municipale, la piscine municipale et le club de sport (tennis de table pour moi).

… en tant que lycéen / l’étudiant

A 16 ans, j’ai intégré l’École Hôtélière de Paris (EHP), Jean Drouand, dans le 17ème arrondissement. Mon univers à changé tragiquement. Cravates obligatoires, blousons interdits, coupe de cheveux courts, baskets et tennis interdites…. Je venais de la banlieue, je mettais normalement des Camargaises et des blousons en jeans, comme mes copains. Il a fallu que je change ma garde-robe, apprenne à faire un noeud de cravate et à marcher avec des chaussures sans lacet. Au CES, quand on se moquait de quelqu’un, on le traitait de « richman« . À l’EHP, dans le 17ème, j’étais entouré de Parisiens, pour qui mettre une chemise et une veste était habituel et qui pour se moquer de quelqu’un le traitait de « prolo« . Je me suis senti tout de suite « prolo« , et mal dans ma peau.

Ce fut les 5 années les pires de ma vie. Je n’avais pas de copains sauf deux autres banlieusards, les filles ne me regardaient pas ou de haut et je n’avais plus le temps de voir mes copains de banlieue. Je finis par les perdre petit à petit au fil des déménagements des uns et des autres. Je n’avais pas une tune, mais quelque part, je le revendiquais. Cela m’embêtait d’acheter mes fringues à C&A quand mes « camarades » de classes portaient des Weston et du Burberry’s. Je voyais bien la différence de qualité, mais je ne comprenais pas en quoi les fringues que je portais pouvaient engendre le regard méprisant des autres autour de moi.

Au travail

Mon premier travail fut à Londres. Le contraste était encore plus saisissant. J’étais payé une misère (80 £ par semaine) dans une des villes les plus chère de la planète. Il m’arrivait de voir et compter 30 Rolls Royce par jour dans le quartier où je travaillais. Mais je venais manger à la cantine du travail mes jours de congés (c’était autorisé) mais discrètement car je n’avais pas assez de sous pour faire des courses et j’avais quand même un peu honte.

Avec mes collègues, c’était aussi compliqué. Je venais d’une école prestigieuse (le chef de cuisine venait de la même, c’est pour ça qu’il m’avait pris), mais c’était une école de « riches ». J’avais un BTS, j’étais donc un  « intellectuel » (si, si). J’avais aussi un CAP mais j’avais pas fait d’apprentissage, et donc, je n’avais pas vraiment fait de cuisine. En gros, on disait de moi que j’avais appris la cuisine dans les livres 🙂 Cela a été 2 ans et demi de galère mais je me suis forgé un caractère, contrairement à l’EHP, car on était à armes égales devant les fourneaux, et je n’avais pas deux mains gauches.

Après le Connaught les choses se sont améliorés socialement et financièrement. De toutes façons, je travaillais tellement (70 à 90 heures par semaines – oui ça fait 6 fois fois 15 heures) que je n’arrivais pas à tout dépenser. Au bout de 5 ans, un divorce, une impasse dans ma carrière et une autre impasse amoureuse, j’ai décidé de prendre du recul et je suis parti voyager.

A partir de l’école hôtelière jusqu’à ce voyage, j’avais bien appris la leçon que l’argent faisait le bonheur, que plus on en a, plus on est heureux, et pour en avoir plus, il suffit de travailler plus (ah ah). Mais je me rendais compte qu’il y avait un hic, parce que effectivement je travaillais plus et j’avais plus d’argent mais je n’étais pas plus heureux. D’où mes week-end à boire des gallons de bière ou des litres de whisky-coca, à essayer de coucher avec toutes les filles qui le voulaient bien, et à faire le con sur ma grosse moto sur les routes de campagne anglaises.

Ma première moto

Ma première moto

Indice argent bonheur toujours 0, car j’avais de l’argent mais zéro bonheur.

Un autre bonheur possible en voyage

Le voyage m’a ouvert les yeux sur le fait que c’était souvent chez les populations les plus pauvres, que l’on trouvait les gens les plus souriants, paisibles et peut-être (pourquoi pas ?) heureux. Ce n’est pas vrai partout. Il faut faire la distinction entre pauvreté et misère. Les pauvres ont peu et les gens dans la misère n’ont rien. Souvent ce n’est pas une grande différence pour nous, mais pour eux, cela change tout.

J’ai vu aussi que les gens étaient souvent plus « heureux » s’ils n’avaient pas accès à la télé et au illusions, au mirage du monde occidental. En 1996, la différence était frappante entre le sud du Mexique (paysan) et le nord qui captait les chaînes américaines. Donc lors de ces voyages, le vernis de mes certitudes s’est craquelé et j’ai pu entrevoir une autre vérité. Je me suis surtout demandé si je ne faisait pas fausse route. Et puis, avec 15 $ de budget journalier, j’étais techniquement pauvre mais je n’ai jamais été aussi heureux de ma vie. Conclusion indice de corrélation argent/bonheur encore égal à 0.

…et enfin en retraite

Et puis, en 1998, j’ai fait une première retraite de 3 mois. Je me suis installé dans un monastère au Népal, dans une pièce minuscule (environ 8 m carré) et j’ai commencé une routine quotidienne de sessions de méditation et de tâches « mondaines » (manger, se laver, laver ses affaires, et lire un peu). Tous les jours je me levais à la même heure et recommençait ma routine, et ce, pendant 90 jours. Le temps ralenti beaucoup dans ces conditions. De plus, j’étais en silence total, je ne communiquais que par geste et ce le moins possible. Ca été très dur mais j’ai beaucoup, beaucoup appris.

Mais une des leçons que j’ai retenu lors de cette expérience et qui a changé le reste de ma vie est que le bonheur (et la déprime, la mauvaise humeur) ne dépend absolument pas des circonstances extérieures à soi ! Cela peut être corrélé mais les circonstances extérieures ne sont pas la cause du bonheur ou de la souffrance interne. C’est comme dire que les attaques de requins en Floride sont plus fréquentes quand on vend plus de glaces (sources). Corrélation mais pas causalité.

Je ne dis pas cela parce que quelqu’un me la dit ou parce que cela suit un raisonnement logique, mais parce que je l’ai expérimenté en première main. Je m’explique. Chaque matin, chaque jour, pendant 3 mois donc, je faisais exactement la même chose que le jour précédent. La seule chose extérieure qui changeait était le repas du midi qui suivait un menu qui revenait tous les 10 jours. (je ne mangeais pas le soir, et je prenais mon petit déjeuner dans ma chambre). Le temps changeait aussi un peu. Tantôt il pleuvait, tantôt il ne pleuvait pas. C’était la mousson, donc il pleuvait pratiquement tous les jours. Pendant trois mois, je suis passé par des moments de profonde satisfaction à des moments de dégoûts insupportables, des moments d’ennui absolus à des moments de joie etc, sans ne voir aucune cause d’autre que ce qui se passait dans ma tête.

Parfois, les changements se passaient d’une journée à l’autre, parfois pendant une demi-journée ou lors d’une session de méditation. C’était totalement inattendu pour moi. Un jour j’étais en colère parce qu’il se mettait à pleuvoir, le lendemain, j’étais super content parce qu’il se mettait à pleuvoir. Un jour, je pensais que je voulais faire cela pour le reste de ma vie, le lendemain, je détestais chaque instant, sans qu’aucun évènement ne soit survenu qui puisse expliquer de manière rationnelle quoique ce soit. J’ai cru que je devenais fou. J’en ai parlé ensuite à d’autres retraitants plus expérimentés et ils m’ont tous répondu   » bah, oui, c’est comme ça pour tout le monde 🙂 ».

Mais en fait, j’ai compris que dans la vie de tout les jours, nous fonctionnons de la même manière, sauf que nous croyons que ce sont les circonstances extérieures qui nous influences : « Quand le gars il a dit cela, cela m’a énervé/attristé/fait rire etc.  » « C’est chouette il fait beau ! » « j’en ai marre de ce soleil, on étouffe » etc etc. Nous croyons que si il y a plus d’attaques de requins cette année, c’est parce qu’on a vendu plus de glaces. Le processus est assez subtil, mais chacun peut vérifier cette hypothèse, notre irrationalité si on se donne la peine de ralentir suffisamment pour voir ce qui se passe à l’intérieur de notre esprit.

De cette expérience, j’ai retenu qu’il me fallait un peu d’argent pour vivre en bonne santé, mais pas tant que ça 🙂 et que l’argent n’était pas la cause de mon bonheur, ni le manque, la cause de ma souffrance.

Conclusion

Cela expliquerait pleins de choses. Pourquoi les gens riches ne sont pas forcément heureux, et les gens pauvres pas forcément malheureux. Certes, il vaut mieux être riche et bien portant, mais pas pour tout à fait les mêmes raisons.

En tout cas, je crois que notre société est suffisamment riche dans son ensemble, et ce qui nous reste à faire, c’est d’apprendre à être heureux. Pour cela, il faudrait essayer de consommer moins et ralentir, mais ce n’est pas le chemin que semble prendre le train du monde. Donc, moi, je vais essayer de sauter du train le plus rapidement possible.

Pont Saint Pierre

Qu’est ce qu’on attend pour être heureux ?

Minimalisme, frugalité et Sénèque.

Cet été, j’ai passé un peu de temps avec un ami italien, très épris de philosophie. Cet ami est particulièrement intéressé par les différences et les points de convergence enter les philosophies occidentales et orientales.
Un point de convergence semble pour lui la notion de bonheur.
Du coup, depuis cet été , je me suis mis à lire « De la vie heureuse » de Sénèque (qui était romain) pour vérifier ses dires et j’ai eu envie de rechercher des points de convergence entre minimalisme et Sénèque.
Je vais commencer donc par décrire succinctement le minimalisme et comment il permet d’avoir une plus heureuse en vivant plus frugalement, et puis je comparerais avec ce que nous dit Sénèque.

Bonheur et minimalisme

Le minimalisme est né de la société de consommation, ou plutôt en réaction à la société de consommation. La plupart des parcours de vie de minimalistes tournent autour du même thème. Par exemple, Joshua Fields Millburn raconte dans son livre « MINIMALISM: LIVE A MEANINGFUL LIFE » comment il avait travaillé avec un certain succès pendant des années à faire ce qui lui semblait logique de par l’éducation qu’il avait reçu : travailler dur, monter en grade dans sa boîte, gagner plus, se marier, faire un enfant, gagner encore plus, acheter une grande maison, de grosses voitures et remplir sa maison de « gadgets ». Tout cela pour se retrouver à 29 ans, usé, vidé, divorcé et profondément perdu et malheureux, dans une maison trop grande et trop pleine, malgré le départ de sa femme.
Il vit maintenant dans un chalet dans le Montana, passe son temps à suivre ses passions : écrire, lire, enseigner l’écriture, rencontrer de nouvelles personnes, voyager et cultiver ses amitiés.

Le fait de vider sa maison,  sa maison, de se déposséder de ses objets plus encombrants que vraiment utiles, lui a permit de reprendre pied. Il a continué à expérimenter sur ce chemin en limitant ses connections à internet, en évitant les distractions et en se concentrant sur ce qui était important pour lui. Le succès de son blog a été une surprise. Mais ce ne fut juste une cerise sur le gâteau. Tout le travail avait été fait auparavant : payer ses dettes, quitter son travail, déménager, dans un appartement plus petit, perdre 18 kilos, refaire du sport et surtout apprendre sur soi-même.

L’idée est bien de simplifier sa vie pour pouvoir avoir le temps de se consacrer sur l’essentiel pour soi-même, sur ce qui compte. Ainsi, on évite de passer à côté de sa vie et en fin de compte on devient plus heureux, avec un réel sens d’accomplissement.

Sénèque

Sénèque prônait aussi la simplification de la vie. Cela peut paraître étonnant car, il nous semble, que c’est seulement depuis la venue d’internet et du monde « vraiment » moderne, que le rythme de la vie et de nos obligations s’accélèrent. Nous avons plus de possibilités, plus de tentations. Mais Sénèque était un personnage important, précepteur du jeune Néron, et devenu son conseiller, il était devenu immensément riche (ce qui à créé des jalousies causé sa perte).  Donc Sénèque prêche dans ses écrits ce, de son propre aveu, qu’il avait du mal à mettre en place chez lui. Il était en quelques sortes l’écrivain des Stoïciens, sans complètement suivre leurs recommandations.

Sénèque faisait la distinction entre plaisir et bonheur. En fait, il reprend la distinction établie par Aristote. Aristote expliquait qu’un enfant ne peut pas connaître le bonheur. En effet, sa maturité intellectuelle ne lui permet de connaître que du plaisir.
Pour les Stoïciens, le plaisir n’est pas mal en soi, mais il conduit inévitablement à l’insatisfaction. L’âme faible cherche les plaisirs et pense trouver le bonheur dans l’attente, l’expectative de ces plaisirs. Pour Sénèque, on ne peut être heureux que pour quelque chose qu’on a fait. Dans le passé donc. On ne peut pas être heureux pour quelque chose qu’on est en train de faire, ou que l’on est en train de vivre ou pour quelque chose que l’on a ! Ca, c’est le plaisir.
Donc, le bonheur ne vient qu’en regardant en arrière. Par exemple, on passe sa vie à essayer d’élever ses enfants et par moment, c’est dur ! On n’est pas toujours rempli de bonheur quand on se réveille au milieu de la nuit pour un biberon etc. Mais au bout de 20 ans, on peut regarder en arrière et être vraiment heureux de ce que l’on a accompli. Pour Sénèque, c’est ça le bonheur, parce qu’on a fait ce qui est juste, dans ses propres mots, ce qui est vertueux.

(Petite parenthèse : pour comprendre le mot vertueux, il faut se souvenir qu’il a la même racine que le mot virilité, car ces mots partagent certaines valeurs, qualités, comme le courage. Il faut avoir du courage pour être vertueux).

Synthèse 🙂

Donc, on peut voir quelques points communs entre minimalisme et Stoïciens :

– d’abord, simplifier sa vie. Dans notre monde moderne, cela veut dire moins consommer, ou être plus réfléchi dans sa consommation. Ne pas penser que cela va nous apporter la moindre satisfaction durable. De plus, parce qu’on achète, on accumule et il faut un jour gérer tout cela : d’abord stocker, puis il faut réparer ce qui tombe en panne, remplacer ce qu’on ne peut réparer; s’inquiéter de se qu’il faut remplacer, de ce qu’on a pas encore, de ce qui n’existe pas encore et mais qu’on pourrait avoir besoin. Joshua Miller avait un gros salaire, de grosses possessions, mais aussi de grosses dettes, ce qui était une source d’inquiétude supplémentaire.

Pour aller plus loin et simplifier leurs vies, certains vont jusqu’à résilier leur abonnement à internet, rendre leur télévision, et leur smartphone. Le temps est la vraie richesse. Mais surtout ces possessions, ces instants de bonheur (l’effet « Waouh ! ») n’apportent rien de durable qu’un sentiment d’insatisfaction profond. Cela paraît complètement fou de se séparer de ce qui nous a aider à nous créer notre identité, nos valeurs, mais cela est libérateur ! Il existe pleins de méthodes pour aider à faire ses premiers pas.

Faire ce qui est juste ou faire ce qui est important. Il y a deux éléments dans cette phrase. il y « faire » et « ce qui est juste ». C’est ce que l’on « FAIT » dans le présent qui nous rendra heureux dans le futur, en regardant en arrière, en se souvenant du chemin parcouru. « CE QUI EST JUSTE » est plus difficile à définir à mon avis. Chaque religion à sa définition de l’éthique et de la moralité. Là encore, on trouve des divergences, mais tous seraient d’accord je crois avec un minimum comme : « Ne pas faire de mal et aider autrui quand cela est possible ». Dans un état laïque, l’éthique pourrait être de respecter la Loi, mais cela n’inclus pas un sentiment de fraternité avec les autres, de inter-dépendance (bien que ce soit sur fronton de nos mairies). Les minimalistes poursuivent eus leurs passions, ce qu’ils peuvent contribuer au monde, ce qui peut améliorer le monde. Ce n’est pas si éloignés.

Conclusion
Ces philosophes n’ont même pas eu besoin d’un contexte pour prouver que la société de consommation, du toujours plus, ne conduit à rien d’autre qu’à un grand vide. J’ai juste envie de rajouter que cela conduit aussi à des problèmes écologiques de plus en plus difficiles à réparer. On ne sait pas toujours ce qu’on va faire des centrales nucléaires et des déchets, et c’est la même chose avec les panneaux solaires. On peut rajouter les changements climatiques + les forêts + la bio diversité + l’écart grandissant entre les riches et les pauvres etc. Mon choix de vie peut interroger, et parfois être qualifié d’extrême, mais franchement, je ne vois rien d’extrême dans ma façon d’essayer d’orienter ma vie. Je ne vois que de la logique. Ce qui est extrême est tout ce monde qui ne sait pas dire « j’en ai assez« .

Peintres

Lutter contre l’hyper-spécialisation

 

Hum, cela a l’air un peu perché comme titre, mais en fait c’est très simple et très réel.

De quoi je veux parler ?
Notre société, ou plutôt l’économie de notre société nous encourage à devenir de plus en plus spécialisés dans notre travail. Dans mon champs (le secteur médico-social), on a d’abord un diplôme relativement généraliste. Et puis au fils des années, on se spécialise dans un champs, une population. Peut-être les SDF ou le handicap, ou les personnes âgées. On apprend les maux qui affligent ces populations, leurs difficultés, leurs manques, leurs maladies spécifiques, et les lois et dispositifs qui permettent de répondre à ces problèmes. Les lois changent régulièrement, les dispositifs aussi. Chaque ministre veut marquer son passage, faire une trace. La Loi Duflot, les lois Bessons etc..
Alors on devient très pointu, car ces dispositifs, ces programmes d’aide sont très pointus.
C’est la même chose dans l’industrie, dans la médecine, partout où l’on regarde. La cardiologie n’est plus  toute à fait un spécialité de la médecine. Trop vague. Il y a maintenant les cardiologues spécialisés dans la santé des artères, d’autres spécialisés dans le rythme cardiaque, d’autres encore spécialisés dans les problèmes liées à l’hypertension. Et les choses continuent à évoluer dans ce sens.

Pour quels effets ?
Il y a  certes des bénéfices à cette spécialisation à outrance. Même pour le spécialiste. On peut en tirer une certaine reconnaissance, une fierté d’être aussi calé dans un domaine. On peut aussi se sentir irremplaçable, et ainsi avoir un faux sentiment de sécurité dans son travail. Savoir que l’on est le seul à savoir opérer une machine correctement est rassurant pour tout le monde. Pour un temps…
Car bientôt, la machine va être changée ou pire va devenir inutile. Et la spécialisation deviendra obsolète. Notre métier rejoindra la multitude de métier qui n’existe plus. Et des pans entiers d’une industrie disparaîtra avec ses travailleurs hyper-compétents. Et pour ces ex-travailleurs, l’enfer ne fait que commencer. Ils deviennent à leur insu, complètement incompétents du jour au lendemain et toute leur estime de soi disparaît avec l’utilité de leurs savoirs.
Il y a d’autres inconvénients à être hyper-spécialisé. On fait toujours la même chose, on répare les mêmes problèmes, et on s’occupe des mêmes personnes. Je connais, et je crois que je ne suis pas le seul, des personnes très très compétentes dans leurs métiers, mais qui n’en peuvent plus. Ces personnes se retrouvent dans une sorte de prison. Très compétentes et appréciées, elles sont allées au bout de leurs démarches. Elles ne font que répétées les mêmes tâches pour la n’ième fois et la lassitude est bien là. Elles attendent la retraite qui viendra les délivrer de cette voie sans issue. Elle ne peuvent plus faire l’effort de partir d’où elles sont, pour apprendre une autre spécialité. J’en connais qui sont sous anti-anxiolytique pour tenir jusqu’à leur départ en retraite, et pour qui leur travail est devenu un cauchemar après l’avoir exercer pendant plus de 30 ans, relativement normalement et avec satisfaction.
Ça, les économistes ne l’ont pas prévus, il me semble. Je pense qu’ils avaient prévus et encouragés l’hyper spécialisation, car  cela permet plus de productivité etc, mais ils n’ont pas prévu pas le coût social immense.

Donc comment faire pour ne pas tomber dans le piège, pour aller à contre-courant ?
Si on prend un peu de recul, on s’aperçoit que ce processus de spécialisation a commencé bien avant l’ère moderne. Un enfant d’une peuplade primitive de chasseurs-cueilleurs a probablement plus de compétences dans son environnement que nous, adulte, dans le notre. On peut imaginer qu’un adulte « sauvage » a les compétences nécessaires pour construire sa maison, trouver de l’eau, à manger dans son environnement. Il pourra fabriquer des remèdes à basse de plantes pour des afflictions courantes. Il pourra réparer ses outils, en fabriquer d’autres etc.

Nous, de notre côté, avons « délocalisé » ou « externalisé » nos compétences et la tendance s’est amplifiée avec la révolution industrielle. Nous avons maintenant besoin d’autres personnes pour tous les domaines de notre vie quotidienne, et il semble que chaque génération perd un peu plus de compétences par rapport à la précédente. Nous achetons de plus en plus de plats préparés, les « services à la personnes » explosent et pas seulement à cause du vieillissement de la population.

Cet été j’ai lu  » The 4-hour work week » de Tim Ferris. Ce bouquin m’a apporté beaucoup, notamment sur la l’organisation du travail dans le but de devenir plus productif en étant plus efficace et n’ont pas plus efficient. Tim Ferris encourage l’externalisation (la sous-traitance) des petites tâches qui prennent du temps par l’utilisation de PA (Personnal assistant), sorte de secrétaire particulier, travaillant derrière un ordinateur quelque part en Inde. Ce PA peut payer les factures, organiser des sorties, des vacances (chercher le meilleur deal sur internet pour un billet d’avion), offrir des cadeaux d’anniversaire et même faire une partie de notre travail à notre place afin de libérer plus de temps libre (travail de recherche, de secrétariat, écrire un rapport etc). L’idée d’avoir plus de temps libre me plaît. Mais l’idée de dépendre de quelqu’un ne me plaît pas. Pas à ce point là.

Je préfère largement le concept de Renaissance Man de Jacob Frisker. L’idée est de multiplier ses compétences et aussi multiplier ses sources de revenus. J’ai déjà parlé de cela dans l’article « Comment augmenter mes revenus ? ». Cet article parlait de l’idée d’utiliser des compétences (dans un sport, en cuisine etc..) ou un « capital » (ex un appartement, une voiture) que nous avons déjà pour augmenter ses revenus.  On peut pousser le concept plus loin. On peut d’abord essayer de devenir plus compétent dans notre vie quotidienne. On pourrait imaginer faire ses meubles, faire son jardin, l’entretien de sa voiture, de son vélo etc… Qui sait ? Peut-être ces compétences ou « capital » peuvent aussi devenir source de revenus. Avec la crise de 2007, un tas de sites sont apparus où les gens loue leur voiture, leurs appareil photo, leur appartement etc. à des particuliers par l’intermédiaire de réseaux. C’est très intéressant.

Un des problème de notre pouvoir d’achat est que parfois ces compétences sont difficilement monnayable en Euros sonnants et trébuchants. D’abord parce que l’on reste souvent des amateurs. Et puis ce n’est pas tout à fait dans notre culture de facturer des services rendus. Par contre, c’est tout à fait dans la culture américaine où les enfants paient les grand-parents pour garder leurs petits-enfants. Ne pas le faire ou ne pas le proposer serait anormal pour beaucoup là-bas. Ici, c’est impensable il me semble. Perso, je me vois mal demandé à un copain de me payer de l’argent parce que je lui ai appris à faire une bûche de Noël. Par contre, on peut imaginer, et d’autres l’ont fait, des monnaies alternatives qui permettent d’échanger ces compétences. Ainsi sont nés dans les pays anglo-saxons les monnaies LETS devnues SEL en France. Un exemple : si je te montre comment faire un bûche de Noël, tu me donnes 120 SEL (deux heures de travail). Avec ces 120 SEL, je peux « payer » quelqu’un pour me montrer comment vidanger, changer les filtres et nettoyer les bougies de ma voiture. Cette personne avec ces 120 SEL peut te « payer », une soirée de baby-sitting etc. La boucle est bouclée, non ? On a pas besoin de se connaitre très bien, juste d’être dans le même réseau.

J’ai travaillé quelques années comme extra soit en temps que cuisinier, soit en temps que serveur. C’était en Angleterre, à Londres et j’étais hyper-compétent dans ces deux domaines comparé au reste du personnel. C’était mon vrai métier et mes collègues étaient souvent des étudiants qui payaient leurs études. J’avais ainsi plusieurs employeurs. J’étais donc le roi de pétrole. Je travaillais qu’en extra sur une semaine, refusant toute offre de CDI, voulant ma liberté dans travailler quand je voulais. On s’arrachait mes compétences en cuisine, en salle, et j’ai toujours prêts à dépanner. Par contre, cela m’est arrivé plusieurs fois de partir du jour au lendemain si je pensais que je n’était pas traité de manière normale par un petit chef. Les « grands » patrons  me rappelaient s’excusant de se qui s’était passé me suppliant de revenir. Parfois j’acceptai, parfois non car je travaillais déjà ailleurs. Ce que je veux dire par cet exemple est que mes compétences et le contexte faisaient que je n’avais pas tous mes oeufs dans le même panier, et je pouvais retomber sur mes pattes facilement si je perdais un emploi. J’avais ce que les anglais appel du « leverage », de la marge de négociation. Je n’étais jamais pris à la gorge.

MadFientist a relaté dans un article récemment une expérience un peu similaire. En fait, il a atteint récemment l’indépendance financière et donc a été voir son patron pour démissionner et partir voyager. Son patron lui a proposé aussitôt la possibilité de travailler d’où il voulait, de ne jamais se rendre au bureau ! (il est programmeur informatique). MadFientist avait déjà eu cette expérience quand il a quitté l’Ecosse pour les Etats-Unis. A l’époque, son patron lui avait proposé une augmentation de salaire de 20 % et la possibilité de travailler depuis les Etats-Unis.  Il est sûr que sans son désir de partir, si il avait demandé une augmentation de salaire de 1%, elle aurait été refusée. The Power of Quitting. Le pouvoir de dire non, ou merde ou F-Y. jlcollinsh appelle son épargne « F-You money », le pouvoir de se barrer du jour au lendemain. C’est pas mal, j’aime bien 🙂

Conclusion
Je m’aperçois que cet article est déjà relativement long et je ne sais si tout le monde aura suivi jusqu’au bout :). Pour résumer ma pensée, je crois que pour survivre le mieux possible dans ce monde économique de brut, il faut se fabriquer un pouvoir de négociations, du « leverage ». Et on peut le faire en devenant compétent dans de multiples domaines, , et/ou augmenter son indépendance financière. Le mieux est de faire les deux, car les deux s’auto-alimentent. Il y a pleins d’avantages.
– On rencontre de nouvelles personnes, on rend service et pour pas un rond. On crée même de la richesse.
– On développe notre esprit, on maintient une fraîcheur, un esprit enfantin qui reste curieux.
– Ces compétences deviennent des ressources. On devient moins dépendant d’un travail, d’une spécialisation. On peut retomber plus facilement sur nos pattes en cas de difficultés. On peut partir de situations misérables facilement.
– Devenant moins dépendant de notre travail pour vivre, on peut plus facilement garder la main sur ce qui est exigé de nous, on peut obtenir des bénéfices/ des compensations (augmentations de salaire, travailler à la maison etc) plus facilement si le système le permet.

Pour la recette de ma recette de la bûche de Noël, il faut attendre Noël 🙂

Canal du Midi

Comment atteindre l’indépendance financière ?

Canal du Midi

Canal du Midi

Atteindre l’indépendance financière est relativement simple quand on y pense.  Il suffit de faire suffisamment d’économies pour faire une surplus de cash dans votre budget et de l’investir intelligemment. On peut accélérer le processus en augmentant ses revenus.

Une fois qu’on a dit ça, il faut regarder les détails. C’est ce que je me propose de regarder aujourd’hui.
Beaucoup de gens pensent que c’est impossible, ou trop difficile et pleins d’autres choses encore, donc je vais essayer de démontrer que ce n’est pas si compliqué, ni difficile que ça. J’ai déjà traité une fois les problèmes de « sacrifices » et de « privation », tous les objections d’ordre psychologique dans d’autres articles donc je parlerai aujourd’hui que de chiffres.

Faire des économies

Il y a plusieurs objections sur la capacité de faire des économies (une fois qu’on a atteint un certain niveau de revenus). Ces objections sont fondées d’ailleurs. Parmi elles, j’entends :
– « les salaires n’ont pas augmenté depuis des années, par contre les coûts du logement, de l’essence, de la santé ont augmenté, rognant notre capacité à faire des économies »
–  » les salaires en France sont bas comparés aux salaires dans les autres pays développés, et notamment les USA d’où ce mouvement d’indépendance financière est originaire. »
– « Nous croulons sous les impôts et donc, il ne reste plus rien pour investir pour le futur ».
–  » je ne veux pas sacrifier l’éducation de mes enfants ».
Je ne vais répondre point par point mais il y a des exemples connus et documentés de personnes avec très peu de revenus (moins que le seuil de pauvreté) ou avec une famille très nombreuses (plus de 5 enfants) qui ont atteint l’indépendance financière relativement rapidement (5 ans pour le premier, 15 ans pour le deuxième) tout ayant une vie très riche.

Pour moi, ce qui m’a convaincu a été de regarder franchement la façon dont nous vivons et la comparer avec la façon dont nous vivions il y a quelques années ou avec la façon dont la classe moyenne dans d’autres pays un peu moins développés que nous, vit actuellement.
Nous faisons pleins de choses aujourd’hui que nous n’aurions même pas rêvé de faire il y a quelques années. Dans mon cas, je pense au nombre de voyages que j’ai pu entreprendre mais aussi au type d’équipements que je possède (ordinateur, appareil photo, maison, lit, vélo).
Pour d’autres personnes, je conseillerai dans un premier temps de regarder la vie qu’ils mènent maintenant et comparer avec la vie que leurs parents menaient quand ils étaient enfants.
Il faut faire le compte précisément. Quel type de voiture était conduite, quel téléviseur, quel appareil photo (un chacun ou un pour la famille ?), téléphone portable ? etc.. Ensuite on peut comparer avec le niveau de bonheur que leurs parents expérimentaient. Est ce que cela a changé ? et pourquoi ?

J’ai fait ces réfléxions et pour moi, il n’y a pas photo. L’amélioration des équipements (qui coûtent très chers individuellement mais aussi collectivement sur la planète) n’a en rien changé à mon expérience de bonheur ou de malheur. J’ai été aussi heureux le jour ou je me suis acheté mon premier radio-cassette que le jour où j’ai possédé un iPod. De même avec ma première voiture (une Renault 14 S de 1973 acheté en 1987), que quand j’ai acheté ma Yaris après être resté presque un an sans voiture. J’ai des exemples à la pelle pour tout type de biens et toutes les époques :).

Une fois qu’on a dit cela, on comprend qu’une solution est d’éliminer le superflux et de savoir dire « assez« . Est ce que j’ai vraiment besoin d’un iPhone 5S ou 5C ou un Samsung à 20 € fera l’affaire ? Est ce j’ai besoin d’un 4X4 comme si je vivais dans la jungle ou d’une Yaris. Est-ce que j’ai besoin d’une voiture neuve ou une d’occasion sera plus économique pour le même service (m’emmener faire des courses, en vacances une fois par an et chez des amis). Est-ce que j’ai besoin d’un T2, T3, T4 ? Une maison loin du centre ou près de mon travail ?

Pour certains il faudra apprendre à faire la différence entre besoin et envie. Et puis, on peut prendre de nouvelles habitudes : faire du vélo, utiliser les transports en commun, la bibliothèque municipale, un thermos de café, une « gamelle » pour ses repas du midi….

Il faut savoir que :

  • Une économie hebdomadaire de 10 euros revient à 10 X 752 = 7520 € d’économie en 10 ans
  • Une économie mensuelle de 50 euros revient à 50 X 173 = 8650 € d’économie en 10 ans

Cela revient essentiellement à se poser la question : qu’est ce qui est vraiment important pour moi ? Ce que j’ai ? Où ce que je n’ai pas ? Des choses ou du temps ?
En appliquant ces principes, je suis relativement certain qu’on peut dégager des marges de financement. Si on mets de côté sa mauvaise estime de soi qui nous pousse à en faire des tonnes, si on mets en place quelques bonnes habitudes, alors le muscle de la frugalité va se développer 🙂

Le coût des impôts

Je ne partage pas l’argument du salaire bas des Français et du coûts des charges et des impôts.

Il faut savoir qu’à la frontière franco-allemande, les allemands viennent vivre en France car on y paie moins d’impôts !

J’ai vécu en Angleterre pendant 10 ans à l’époque de John Majors (successeur de Thatcher), je vais régulièrement visiter ma belle-famille aux USA. Ce sont deux pays qui prélèvent relativement peu d’impôts comparé au notre.

Dans le premier, j’ai régulièrement entendu les Anglais se plaindre de l’état de leurs services publiques (hôpitaux, école) et de leurs routes. Pas tant de notre « modèle » social , d’ailleurs. Ils disaient « certes, en Angleterre, on paie moins d’impôt que vous, mais on ne sait pas pourquoi on en paie, rien ne marche ».

Dans le deuxième, certes les impôts sont bas (mais les Américains se plaignent encore qu’ils sont trop haut), et les salaires nets sont plus élevés. Mais cela à un coût en dollars réel : que diriez vous de payer 1600 dollars par mois par enfant pour aller en crèche ? et 1500 dollars de mutuelle par mois pour votre famille sans avoir toujours le niveau de soins que l’on a ici (parce que certains diagnostic coûtent cher et il faut l’autorisation du médecin de la mutuelle pour pouvoir faire une échographie ou scanner) ? 15 jours de vacances par an, cela vous dit ? et je pourrais continuer cette fois sur le modèle social…

Comme je l’ai dit, les priorités économiques correspondent à des intentions politiques, pas à des lois naturelles et obligatoires. Donc il faut bien comparer et savoir de quel type de société on recherche.

Donc, pour résumé, si vous avez lu jusqu’à ici, je crois qu’il est possible de sortir des marges de notre niveau de vie, qui n’a jamais été aussi important de toute notre histoire.

Investir intelligemment

Il y a plusieurs chemins possibles et j’en ai parlé précédemment. Selon vos compétences, votre tempérament, votre stratégie etc. Il y a les produits bancaires (les livrets, OCPV, assurance-vie, PERP etc), l’immobilier (en non-meublé, en meublé, les garages etc..) et puis il y a la bourse. Il existe dans chacune de ces catégories des choses qui sont compliquées et qui demandent des compétences et du temps. Mais il existe dans chaque catégorie des produits simples et qui ne demandent pas de temps, ni de compétences particulières.

Combien de temps pour y arriver ?

Cela dépend surtout de votre ratio ou taux d’économie par rapport à vos revenus et par rapport surtout à votre niveau de vie une fois indépendant.

Ce premier tableau donne une première vision (merci à MisterMoneyMustache).

% d’économie Années avant IF
5 66
10 51
15 43
20 37
25 32
30 28
35 25
40 22
45 19
50 17
55 14,5
60 12,5
65 10,5
70 8,5
75 7
80 5
85 4
90 Moins de 3
95 Moins de 2
100 Zéro

C’est pour cela que je fais très attention à mon taux d’économie et que je le mesure chaque mois.

Pour être plus précis, il existe des calculateurs en ligne, des tableaux plus ou moins complexes, et des programmes informatiques. Je ne suis pas tombé encore sur un programme accessible et adapté au contexte français. Alors je me suis fait des feuilles Excell. Mes règles de bon sens sont les suivantes :
– Je mise sur une rentabilité moyenne des investissement de 7 % par a sur du long terme, c’est à dire 10 ans au moins. (voyez si cela vous étonne)
– Une fois indépendant, on mise généralement sur un taux de retrait de 4 % par an pour prendre en compte inflation, crash boursier, impôts et prélèvements obligatoires.
Ce tableau peut vous donner une indication grossière, mais surtout il a le mérite de comprendre l’effet des intérêts cumulés (compound interest).

Augmenter ses revenus

Souvent on dit qu’il y a deux sortes de personnes en matière de finance. Il y a les dépensiers et les économes (spenders and savers). Les dépensiers cherchent toujours à gagner plus d’argent (pour pouvoir en dépenser plus) et les économes cherchent toujours à dépenser moins.
Pour atteindre l’indépendance financière, je crois qu’il est sage de d’abord prendre soin de ses dépenses avant de chercher à augmenter ses revenus. Sinon, les revenus générés seront dépensés avant pu être investis.

Conclusion

Voilà un aperçu de ma méthode. Les économies réalisées au début ont l’air dérisoires, mais il ne faut pas oublier qu’elles s’accumulent et viennent à représenter de grosses sommes au bout de quelques années, les petites rivières font des grands fleuves.

Colimaçon

Quelles sont nos vraies motivations ?

Il est intéressant de se pencher un peu sur pourquoi on fait les choix que l’on fait, quelles sont nos vraies motivations. Il me semble que la motivation pour un projet est aussi importante que le plan et son exécution. J’avais envie de faire le point.
Bien sûr, ici, les motivations étant par définition un domaine très personnel, je ne peux parler que pour moi. Je vois pourtant trois grandes forces qui m’influencent dans mes prises de décisions.

Mes croyances
Là je dois dire que c’est plus facile à voir chez les autres que chez soi. Pourtant, je me souviens de plusieurs choses qui m’ont gardé dans une sorte de d’étau, de prison alors que ce n’était qu’une pure fabrication de l’esprit. Si vous arrivez à le voir chez les autres, c’est que vous êtes certainement victime de cela aussi. Un très bon livre qui permet de faire le point et de lutter contre nos croyances est « Les Quatre Accords Toltèques ». Dans cette catégorie, j’inclus aussi des sentiments comme la peur, la fierté, l’ignorance mais aussi l’amour, la compassion etc. Ces émotions sont souvent de courtes durées, donc il est difficile de prendre des décisions qui changent une vie et de s’y tenir avec ces seules émotions sans un esprit très stable et très fort, ce que je n’ai pas 🙂

Les habitudes
La deuxième force est l’habitude. Il y a ainsi un tas d’actions que je fais sans trop réfléchir, un peu en pilote automatique. Ce qui est une bonne chose en fait, parfois. Par exemple, quand je monte sur mon vélo, je le fais plutôt automatiquement. Par contre, d’autres habitudes sont moins bénéfiques, comme me ruer sur une tablette de chocolat quand j’ai un coup dur, acheter un livre ou un disque pour compenser une frustration.
La bonne chose avec les habitudes est qu’on peut les changer assez facilement. Il y a pleins de site qui parlent de cela. le site de James Clear par exemple, mais surtout, Tiny Habits. Ces sites vulgarisent une véritable science de nos comportements. Par exemple, pour prendre une nouvelle habitude, il faut suivre quelques principes de bases :
– Commencer infiniment petit. Par exemple, si vous voulez apprendre à faire des pompes tous les jours, commencez par une seule pompe. Si vous voulez commencer à méditer tous les jours, commencez par 1 mn par jour, ou même 3 respirations. L’important c’est de le faire tous les jours, et si vous commencez par une seule pompe par jour, la tache à faire est si ridicule que vous ne pouvez dire non. Je ne peux pas trouver d’excuse pour ne pas faire UNE pompe, ou respirez trois fois en pleine conscience.
– Ensuite, il faut déterminer une routine. Ce qui veut dire, qu’il faut faire cette action à un moment déterminé. Par exemple, après mettre laver les dents le matin, je vais méditer pendant 1 mn. Je me lave les dents tous les matins. Ça, c’est sûr. J’ai déjà pris cette habitude. Donc, je décide d’utliser ce point d’ancrage. Si je disais « je méditerai dans la matinée quand j’aurais envie », c’est le meilleur moyen pour ne pas le faire.
– Tenir cette routine (1 mn de méditation le matin après mettre brosser les dents) pendant suffisamment longtemps pour que cela devienne une nouvelle habitude, une sorte de réflexe pavlovien. Cela prend environ 3 semaines.
– Augmenter la durée petit à petit. Méditer 3 mn, puis 4 etc… Si vous avez envie de faire plus, ne le faites pas. Restez à votre idée de départ. Par exemple, vous voulez augmentez le nombre de pompes tous les deux jours. Si un jours cela vous paraît facile et vous avez envie de faire plus, ne le faites pas.  Car le jour où vous êtes moins motivé, vous aurez une excuse de plus pour ne pas le faire.
– Ne loupez jamais plus d’un « rendez-vous » avec votre routine. Si vous loupez deux fois d’affilés, vous serez en difficultés pour la suite.
– Cela peut aider d’afficher « publiquement » vos intentions. Dites le à des amis, sur Facebook, sur un blog comme moi ici, à votre époux ou épouse. Soyez comptable de votre engagement.
– Ne prenez qu’une nouvelle habitude à la fois.
Donc, voilà, ainsi, voilà un moyen de commencer de nouvelles bonnes habitudes qui prendront le pas sur les mauvaises !! Mais, il y a pleins d’autres trucs et astuces qui permettent d’aller encore plus loin, plus vite.

Les préoccupations mondaines
Enfin, la dernière force derrière nos motivations est plus subtil mais encore plus puissante. C’est surtout celle là qui me préoccupe et qui m’a le plus affecté.
Les bouddhistes parlent parfois de ce qui nous motivent dans le monde matériel en terme de « dharma mondains », traduit souvent par préoccupations mondaines. Je ne suis absolument pas qualifié pour en parler, mais ce que j’ai retenu s’applique tout à fait mon cas.
Ces préoccupations sont donc :
– la recherche de possessions matérielles,
– la richesse de compliments,
– la recherche de plaisir,
– la recherche d’un bonne réputation.
Et parmi ces quatre motivations, la plus forte, la plus pernicieuse, la plus tenace et donc la plus « dangereuse » est la recherche d’une bonne réputation.
Cela paraît un peu surprenant, car étant donné l’état du monde actuellement, je pensais que la recherche de possessions matérielles et la recherche de plaisir serait le plus fort. Mais en y réfléchissant un peu, je m’aperçois que cela est vrai, à la fois pour le monde, et surtout pour moi.
Je crois que pour moi, perdre ma réputation, avoir une mauvaise réputation ou être méprisé serait plus douloureux que d’être pauvre ou même souffrant. Ainsi, si je souffre d’une maladie, mais j’ai le soutien de mes amis, je souffrirai moins que si mes amis m’ont rejeté, non ? Quand on veut corriger une gros problème personnel (par exemple, une addiction), le plus difficile est d’admettre qu’il y a un problème. Je pense que c’est parce que cela fait mal là, sur sa propre estime de soi.
Perso, j’ai l’impression que mon estime de moi repose essentiellement de ce que pense les autres de moi. C’est complètement idiot quand j’y pense. Ma mère m’adore et d’autres personnes doivent me détester, mais cela devrait n’avoir aucun rapport avec la moyenne de mes qualités et de mes défauts.

Quand je regarde en arrière, la plupart de mes choix de vie ont été fait avec l’idée de renforcer ma réputation ou tout au moins de ne pas lui nuire. Je peux exprimer cela à l’envers. Je ne souviens pas avoir fait quelque chose consciemment en sachant que cela allait ternir ma réputation
Ce qui est encore une fois idiot. Si je regarde rapidement dans l’histoire, les gens qui ont accompli des choses remarquables l’ont souvent fait d’abord contre vents et marées, parce que le monde n’était pas prêt. Je pense à Abraham Lincoln, dont je suis en train de lire la biographie. Adolescent, il était timide, surtout avec les filles, mais cela ne l’empêchait pas de passer des heures à lire tout ce qui tombaient à porter, voire plusieurs fois au point de connaître des passages par coeur, et passé en même temps pour un mec différent et pas très populaire. Les convictions de Soeur Thérésa et Nelson Mandela n’étaient pas spécialement populaires quand ils se sont engagés dans leur combat. Ils n’ont pas eu peur de mettre en jeu leur réputation pour faire ce qu’ils pensaient devoir faire. Une bonne citation du premier lauréat du prix Pulitzer ( Herbert Bayard Swope ) est « je ne connais pas de recettes pour réussir à tous les coups, mais je connais la recette pour échouer à tous les coups : essayer de plaire tout le temps à tout le monde ».

Prendre ses décisions qu’en fonction du regard des autres est dangereux pour plusieurs raisons.
Si je devais prendre mes décisions ainsi, d’un côté, j’aurai une bonne estime de moi car les gens m’apprécieraient, de l’autre j’aurais une mauvaise estime de moi car je ne serais pas sûr de suivre mes passions. Et finalement, je crois que je passerais à côté de ma vie et j’accumulerai beaucoup de rancoeur et de regret.

Je trouve qu’en France, on est particulièrement exposé à cette crainte. D’après Pascal Baudry qui a beaucoup réfléchi sur la culture française (voir son livre vraiment remarquable et gratuit « L’Autre Rive »), le Français craint particulièrement d’être rejeté par le groupe. Il y aurait des tas d’exemples qui démontre cela. J’aime beaucoup les exemples des contes et du cinéma. Beaucoup de contes populaires français « punissent » l’individualisme ou l’envie de se séparer ou se désolidariser du clan, du groupe, de troupeau. Prenez la Chèvre de Monsieur Seguin, Pierre et le Loup etc. Dans le cinéma, on se moque souvent de celui qui est différent, du ridicule de celui qui n’est pas dans son milieu, en dehors de son groupe d’appartenance. Tous les succès comiques français sont sur ce thème : Le Corniaud, La Chèvre, Les Visiteurs, Les Ch’tis, Intouchables. Il y a une rédemption parfois à la fin : celui qui est différent peut finalement faire partie du groupe. Ainsi, donc, cela peut « coûter » de prendre des décisions qui nous différencient des autres. Pour les Américains, c’est l’inverse, voir « the little engine that coule », « Misfit islands » « Rudolph the reindeer »

Heureusement, le voyage m’a appris à moins me soucier de ma réputation et à sortir du groupe. D’abord parce que quand on voyage là où il y pas trop de touristes, on est en dehors du groupe. Et pour la réputation, c’est simple : on a aucune prise dessus quand on se promène dans un pays dont on ne comprend pas vraiment ou pas du tout le système de valeur.
De plus, on s’aperçoit que le monde est tellement vaste, la population mondiale tellement importante et diversifiée qu’on en arrive à la conclusion qu’il est impossible de plaire à tout le monde, et que cela n’apporte rien d’essayer.

Depuis, j’essaie de vivre ma vie en fonction de ce qui est important pour moi. On pourrait dire que j’essaie d’être intègre ou engagé. Cela m’a amené à me diriger vers des chemins peu conventionnels pour la « norme ».
Au fond du moi, je reste prudent et je me soucie encore pourtant de l’opinion des autres. L’anonymat de ce blog en est un exemple. Le fait que je me vante pas trop que je veux économiser 50 % de mes revenus en est un autre. Pour tout dire, je ne veux pas prendre le risque de passer pour un radin ou un grippe-sous.

Finalement ma recette est d’essayer de ressentir les choses. Et je me pose quelques questions au moment de commencer ou poursuivre une action :
– est ce je suis en accord avec moi-même ?
– est ce que cette action fait partie de qui je suis et de mon but dans ma vie ?
– Est ce je suis au meilleur de moi-même quand je fais cette action, prends cette décision.
Si je peux répondre oui à ces trois questions, alors je me fous de ce que pensent les autres, vraiment. Je sais que je vais dans la bonne direction et cela me suffit.

Vinoba-Bhave

Petit cours d’économie (2)

Nous avons vu dans la première partie de cet article que économie et politique sont intimement liés, qu’il n’y a pas de loi naturelle du marché ou d’ailleurs et que l’économie ne reflète QUE les aspirations politiques de certaines personnes. Au moins, on s’aperçoit que pratiquement tout est possible, pour peu qu’on prenne le temps d’y réfléchir.

Aujourd’hui, je vais parler de cela en pratique, montrer que ce qui paraît impossible est possible.

Je vais parler d’un miracle économique (et politique) qui a vraiment eu lieu, parce que quelques personnes (en fait non, beaucoup de personnes) ont pensé différemment et ont décidé de construire un autre monde.

Avez-vous entendu parler de la réforme agraire indienne ? C’est dommage qu’on ne l’enseigne pas dans les manuel d’économie. Toutes les réformes agraires du 20ème siècle ont échoué, sauf celle-là, parce qu’elle était un peu spéciale.

En 1947, l’Inde obtient son indépendance des Britanniques, pacifiquement, grâce aux pressions non-violentes exercées par les Indiens qui suivaient l’exemple du Mahatma Gandhi. Les Britanniques (surtout Churchill) organisèrent la partition de l’Inde en Pakistan (Orientale et Occidentale) et Inde. Le Pakistan Orientale deviendra le Bengladesh en 1971. Gandhi fut assassiné en janvier 1948 par un intégriste hindou,  qui ne lui pardonnait pas de soutenir les Indiens musulmans autant que les Indiens hindous (l’Inde est le deuxième pays musulman au monde, le premier est l’Indonésie).
Après que la partition eu lieu, avec son cortège de violences, de déplacements de population et de misère, l’Inde organisa son premier gouvernement autour de Nehru, le bras droit de Gandhi.
Mais le parti politique de Gandhi se cherchait un leader pour prendre la place de Gandhi. Quelques sages se tournèrent vers Vinoba Bhave qui était un disciple de Gandhi, en lui suppliant de s’investir dans le parti. Il répondit qu’il ne s’en sentait pas capable. Les autres insistèrent et lui demandèrent de réfléchir. Il dit qu’il rendrait sa décision à la prochaine assemblée générale du Congrès 6 mois plus tard. Pendant 6 mois, il comptait marcher à travers l’Inde pour se rendre à cette réunion, et d’ici là, il aurait pris sa décision.

Il partit avec quelques disciples, à pied, marchant sur les routes de villages en villages. Le soir, ils s’arrêtaient dans un village et demandaient l’hospitalité et  partageaient le repas autour d’un feu avec les villageois. Il y avait souvent des discussions où les villageois faisaient état de leurs difficultés. Un problème récurrent était la situation des Intouchables. N’ayant pas de terre à cultiver, ils étaient contraints de mendier et avaient toutes les peines du monde à nourrir leur familles. Les Brahmanes avaient souvent beaucoup de terres, plus qu’ils ne pouvaient en cultiver. Alors Vinoba dit un jour à la famille d’intouchables qui habitait dans un village :
– J’ai bien compris votre problème, et je vais en parler à Nehru pour faire une réforme agraire. Ainsi le gouvernement confisquera les terres des Brahmanes et vous la redistribuera, ainsi vous aurez des terres à cultiver et vous pourrez nourrir vos familles.
Tout le monde se coucha se soir-là, confiant, mais Vinoba ne dormait pas, il réfléchissait.
Le lendemain matin, avant de reprendre la route, il parla à tout le village.
– Je suis désolé mais mon idée n’est pas bonne. Je connais l’Inde. Si le gouvernement confisque les terres des Brahmanes et tente de les redistribuer, avec la corruption qu’il y a dans ce pays, tous les intermédiaires (ministres, chef de gouvernement local, chef de district, maire) vont se servir au passage, et à la fin il n’y aura plus suffisamment de terre pour vous à cultiver. Je suis désolé. Je n’ai pas de solution.
Alors un Brahman prit la parole.
– J’ai moi-même beaucoup de terres. Je pourrais en donner à cette famille. Combien avez vous besoin ?
– Pour nourrir ma famille, 3000 mètre carré suffiront.
– Je peux te donner 3000 mètre carré de terrain, pas besoin du gouvernement.
Vinoba s’interposa :
– Il faut que tu demandes d’abord l’accord à ta femme et à tes fils car tu vas les déshériter.
Le Brahmane partit et revint avec l’accord de sa femme et de ses fils et la donation fut faite.

(Dans une version de cette histoire eu lieu, cette scène eu lieu dans l’après-midi du18 avril 1951, dans le village de Pochampally, et le propriétaire terrien qui donna ses terres s’appelait Ram Chandra Reddy. Et en fait, il a donné 40 hectares à 700 familles d’intouchables.)

Et dans la prochain village, la même chose fut faite. Et ainsi de suite. Dans les mois  et les années suivantes, des disciples de Vinoba parcourirent l’Inde à pieds et permirent la plus incroyable réforme agraire jamais mise en place. 400 000 hectares de terres furent ainsi redistribués. Vinoba a même fait la couverture du magazine Time aux Etats-Unis.

Vinoba Bhave Time Magazine

 

Bon, voilà, il y a pleins de leçons à tirer de cette histoire. Comme je ne veux pas donner de leçon je vais m’arrêter là 🙂 Je trouve que cette histoire me rappelle l’histoire des AMAP qui est une « révolution » silencieuse (au moins dans les médias), un peut trop lente à mon goût. Il y a cette organisation depuis la base, depuis les besoins des hommes et des femmes. Beaucoup de choses comme cela se passent actuellement dans des communautés plus petites, parfois de manière moins parfaite, mais je trouve cela chouette 🙂

Au delà des leçons à tirer de cette aventure, on peut rêver d’autres révolutions aussi bénéfiques que celle-là. On reproche souvent aux personnes qui recherchent l’indépendance financière d’être égoïstes, de vouloir en quelque sorte vivre comme rentiers de la société, consommer, ne pas produire. Cela peut être vraie de quelques personnes mais si j’imagine une société ou beaucoup de personnes recherchent l’indépendance financière, je ne vois pas cela.

Je vois une société où l’on consomme moins de produits stupides sans réelle valeur ajoutée, une société où la Terre sans porterait mieux, une société où il y aurait moins de gaspillage. Socialement, je vois une société où les gens favorisent les expériences à leur possession, où les gens peuvent consacrer plus de temps à élever leurs enfants, assister leurs parents vieillissant, s’impliquer dans des associations. La plupart des gens garderaient certainement un travail mais à temps partiel, ainsi moins de chômage mais aussi moins de travailleurs stressés. Bien sûr, l’économie de l’industrie en prendrait un coup, mais ce serait uniquement l’industrie qui produit des trucs en plastiques pas vraiment utiles. Des investissements seraient fait sur la qualité de vie, des productions d’énergie verte, l’économie d’énergie. Moins stressés, les gens mangeraient moins de sucre, donc il y aurait moins de productions de céréales, donc moins d’érosion des sols, moins d’utilisation de pesticides, moins de cancer, de diabète, d’Alzheimer..

Si je me pose la question de quel type de système économique, politique, sociétal je rêverais, j’arrive à ce genre d’utopie. Est-ce vraiment impossible ? Je ne suis pas sûre et je pense que cela vaut la peine de marcher dans cette direction. Surtout, je ne vois pas en quoi ce serait moins bien que la direction où nous allons maintenant.

Manuel d'écoomie

Petit cours d’économie (1)

Manuel d'écoomie

Manuel d’économie

C’est les vacances, donc un article un peu plus court que je mettais promis d’écrire en hommage à un cours d’économie que j’ai reçu une fois par Monsieur Patrick Mignard qui a soudainement révolutionné ma façon de voir le monde. Je voulais en faire profiter le plus de monde possible.  Ce raisonnement a changé m’a façon de penser mais je n’ai adhéré à aucune « boutique » 🙂 J’étais un humaniste rêveur, je suis devenu un humaniste pragmatiste en quelques heures. 🙂 Ceci est une première partie. La suite très bientôt.

(Vous pouvez retrouver des écrits de Mr Mignard  et ).

—————–

 » Imaginez que nous échouions sur une île déserte avec une trentaine d’autres personnes, hommes, femmes et enfants. Peu importe comment nous sommes arrivés là, par magie, par transport interdimensionnel, à la suite du naufrage d’un avion ou d’un bateau, façon Lost.
Donc, vous et moi sommes là sur la plage, tout le groupe, et ma foi, la température est agréable, l’eau est douce et tout ne va pas trop mal. Sauf que le soleil montant à l’horizon, tout le monde se retrouve avec une petite faim. Donc on se concerte, et certains partent explorer l’île pour voir si il y a quelque chose à manger, d’autres vont essayer de confectionner des récipients à partir de noix de coco pour récupérer de l’eau douce au ruisseau à côté, d’autres encore vont essayer de faire du feu etc… et après quelques heures, tout le monde partage un repas bien gagné.
Et les jours se passent ainsi. Sauf que l’organisation devient de plus en plus précise. Il commence à y avoir du stock de nourriture et des décisions doivent être prises.
Et là, cela se complique. Quel système de prise de décisions ? et quel système de gestion des denrées va t’on mettre en place ? et quels autres systèmes devra-t’on mettre en place pour optimiser…?

Il pourrait y avoir plusieurs possibilités

  • comme je suis pas trop con, et que je suis le plus vieux parmi nous, je me mets deux mecs balaises de mon côté et je décide de contrôler le stock de nourriture. Je constitue une équipe de chasseurs que je récompense en donnant plus de nourriture, et d’autres personnes vont servir les besoins de ces chasseurs tellement occupés à chasser qu’ils ont besoin de se reposer le reste du temps. Et moi, je me la coule douce.
  • ou alors, on peut décider de faire une assemblée démocratique, au premier sens du terme, où des groupes de personnes sont en charges tour à tour de prendre les décisions importantes pour le bien être de la communauté.
    -ou encore, on fait des groupes « d’experts » en différents domaines, et on fait des délégations, des petits groupes qui vont gérer certains domaines. Il y a aura par exemple un groupe « défense contre les prédateurs », « chasseurs », « éleveurs », « agriculture », « gestion de l’eau », etc..
  • ou encore, on pourrait  élire (mais comment ?) un président tous les ans et lui donner tous les pouvoirs.
  • ou remettre le devoir d’apaiser les conflits à un sage qui vit dans une case sacrée et à qui on ne peut mentir et lui demandé de trancher en cas de conflit ( système politiques des Dogons).
  • ou de se fier aux rêves pour prendre des décisions et gérer l’harmonie de la communauté. si, par exemple, lorsque je dors, je rêve que je fais du mal à quelqu’un, j’irai le voir le lendemain pour lui faire un cadeau (apparemment ce système existait dans certaines tribus en Malaysie (voir l’Encyclopédie du savoir relatif et absolu dans « Les fourmis » de Bertrand Werber)
  • ou …

Conclusion

  • Ce petit exercice m’a appris plusieurs choses ;
  • qu’il n’y a pas d’ordre naturel des choses, de loi naturelle du marché et de la concurrence et autres stupidités similaires. Ce sont des inventions de certains hommes. Les rapports économiques sont le reflet des rapports politiques. Il y a des systèmes plus efficaces que d’autres mais seulement au regard des objectifs fixés. Après tout, on pourrait décider de tout sans limites.
  • que les systèmes économiques et politiques possibles sont infinis.
  • que ce qui compte est de savoir dans quel société (économique et politique) on veut vivre, le reste, c’est de l’enfumage.
    Voilà, ça, c’est dit

Ok, j’ai parlé beaucoup de théorie, la prochaine fois je parlerai pratique pour illustrer mon propos.