Arrêter mes dépenses compulsives

changement-580x333Dans les premiers articles de ce blog, j’ai mentionné que j’avais fait quelques changements d’ordre matériel dans ma manière de dépenser les ressources de notre ménage, notamment sur certaines charges fixes.
J’ai changé de mutuelle, de banque, investit dans un vélo et changer de FAI.
Aujourd’hui, je voudrais parler d’autres changements que nous avons effecuté ma femme et moi dans notre vie quotidienne et qui ont impacté ma manière de consommer.

Mais d’abord, un peu de contexte

Chaque année, au mois de janvier, juste après la période des fêtes, nous prenons quelques jours pour faire le point. Cela consiste sortir du quotidien, ne plus avoir la tête dans le guidon et regarder un peu en arrière.
Nous faisons cela en janvier car nous avons en général déjà pris quelques joursde congés pour les fêtes de fin d’année et nous sommes déjà relativement détendus et reposés. Ce sont des amis espanols qui nous ont donnés cette idée. Ils confient leur enfants aux grands parents et ils s’accordent chaque année un week end en amoureux ainsi.
Comme nous n’avons pas d’enfants, c’est encore plus facile. Nous avons réseré un hôtel là où il y avait une bonne affaire, et pas trop loin, et on est partit.

Je disais le but de ce week end (souvent prolongé) est de faire le point sur notre vie, comment nous la vivons, que pourrions nous changer, ce qui ne va pas, ce qui va bien, ce que nous aprécions particulièrement etc. Tout est abordé, et l’idée est d’être dans un environnement suffisament agréable et d’avoir suffisament de recul pour pouvoir justement tout aborder sans que la colère, ou la frustation nous guette.
Cette année, ce qui est ressortit surtout est que nous avions eu trop de choses à faire dans l’année qui a précédé. Nous avions rempli notre emploi du temps de façon déraisonnable. Et pas avec de mauvaises intentions, mais parce que nous ne savons pas dire non. Au fil des ans, nous nous sommes chacun investit dans plusieurs asosciations, ce qui nous prend quelques heures de travail par semaine. Nous avons parfois à rendre service à des voisins, amis, ou membre de la famille qui traversent des difficultés. Nous faisons aussi du sport 3 fois par semaine et nous sommes invités régulièrement et nous rendons ces invitations, bien entendu. Tout cela remplie bien les heures de la semaine et du mois.
Et ce n’est pas fini, je vais encore plus loin à remplir tout mon temps libre. Comme je mets un point d’honneur à m’informer, et que je n’ai pas le temps de regarder la télé etc (je n’en ai plus depuis plus de 20 ans), j’écoute des podcasts sur mon trajet au travail en vélo, ou au petit déjeuner ou à chaque moment de libre. Parfois je les écoutes en doublant la vitesse de lecture parce que je suis abonner à tellement d’émissions, que je n’ai pas le temps de suivre.
Ainsi, chaque heure de ma journée est oganisée, remplie, utilisée.
Cela donne quelque chose comme ça :
– levée entre 6h et 6 H 30, douche, méditation puis tai chi
– 7 h petit déj, en écoutant des podcasts, préparation du repas de midi
– 7 h 15 en vélo jusqu’au travail, podcast
– 7H45 emails divers, puis travail jusqu’à 17h30,
– retour en vélo, podcasts
– vérifier email associations, coups de fils, familles, lire articles relevés d’interessants etc.
-repas 6h30 puis sports, ou détente.
– meditation et coucher vers 10h30
En fin de l’année dernière, j’ai failli craqué, les demandes de ma famille et la pression au travail augmentaient, et je me sentais tiré de tous les côtés comme une corde, et la corde menaçait de craquer (« tight as a turning key » dirait Pink dans the Wall). Cela s’est ressenti sur mon état d’esprit, sur mon couple et au travail. Au lieu d’être la personne naturellement enjouée, et toujours disponible, j’étais à cran, prêt à sauter sur la première personne qui ne me facilitait pas la vie.
Ma femme ressentait la même chose, l’impression de ne plus pouvoir faire face. Nous nous sommes questionnés pendant ce week-end et avons réalisés que nous avions un mal fou à dire « non », à créer des limites.

Du coup, après trois jours de discusions, et nous avons décidé d’implémenter quelques changements dans notre vie, afin que notre vie ne soit plus une course contre la montre et que nous ayions plus de serennité. Voici les changements :
– la semaine du lundi au vendredi est consacrée au travail et au sport.
– un jour chaque week-end est consacré au travail associatif et à la gestion de la maison (tâches adminsitratifs, ménages, courses) et au repos. Pas d’invitation, d’obligations ce jour là.
– un week end par mois est programmé pour ne rien faire, ou plutôt pour du repos et du travail créatif
– un week end par mois maximum en dehors de la maison.
– internet est coupé chaque soir (avec le téléphone) après 18h30.
– plus de podcast sur le vélo, que du silence ou mes pensées.

L’idée derrière tous ces changements et ces contraintes est de nous donner des outils pour pouvoir dire non aux demandes (« désolé on est pris ce samedi ») et avoir plus de « quality times » entre nous. Je voulais aussi garder du temps pour « créer », que ce soit des articles pour ce blog, des dessins, ou des pensées de philo. Et mon cerveau, constamment sollicité, semblait avoir perdu cette capacité.
En effet, quand j’y réfléchis, il n’y a rien d’urgent dans mon travail associatif, les mails penvent attendre quelques jours pour une réponse, en plus j’aurai le temps d’y répondre correctement. Quand aux sollicitations sociales, elles sont infinies, et bien que j’y prenne beaucoup de plaisir, ma tranquillité d’esprit est aussi très importante. Less is more.

Cela fait presque deux mois que je m’astreints à ces changements et

C’est le temps des premiers bilans

– D’abord, je suis entré dans cette routine assez facilement. Je me déconnecte avec soulagement de la toile tous les soirs.
– Notre vie semble plus équilibrés, nous sommes moins fatigués, et pour l’instant personne ne sait plaint. Les résultats ont donc été à la hauteur de ce que nous voulions.
Mais il y eu d’autres conséquences inattendues :
– La séparation avec mon ipod a été assez douloureux, mais maintenant, je n’y pense presque plus. Et surtout, j’ai retrouvé quelques choses que je cherchais depuis longtemps, sans y être arrivé auparavant. Je m’explique.
Mon métier consiste en gros à trouver des solutions aux problèmes des autres. Souvent il y a des solutions. Mais parfois, il n’y a pas de solutions et parfois la solution n’est pas satisfaisante. Cela ne devrait pas me poser de difficultés à moi, vu que ce ne sont pas mes problèmes. Mais mon esprit cogite, et je me retrouve parfois au milieu de la nuit à essayer de trouver des solutions pour des problèmes qui ne sont pas les miens. Depuis que je pédale en silence, lorsque je quitte la travail, je fais une sort de récapitulatif de la journée. Ainsi quand j’arrive à la maison, tous les sujets sont épuisés, et je peux me consacrer pleinement à ma vie privée. Le lendemain, quand je repars, je reprends les problèmes littéralement là où je les avais posé la veille ! La mémoire est drôle. Je passe devant un rond-point et je me souvient de tel problème ou tel problème, et qu’il faut que j’appelle telle personne ou demander l’avis de telle autre. Quand j’arrive au boulot, je suis prêt à repartir exactement là où je m’étais arrêté la vieille ! Je vous recommande d’essayer si vous vous surprenez trop souvent à penser au travail à la maison. Voyagez sans radio, livre etc. Laissez votre esprit se reposer et déposer son fardeau.

– Un autre changement est que je n’ai plus ce besoin, cette manie de dépenser de l’argent comme pour compenser une je-ne-sais-quoi. Je peux arrêter mes dépenses compulsives. Je pense que je suis moins stressé et je n’ai plus cette manie de vouloir me faire plaisir en achetant quelque chose. Ce n’était pas quelques chose d’inutile. Parfois, il s’agissait faire les courses dans un supermarché.
Avec ma femme, comme beaucoup de couples, nous divisons les tâches ménagères. Parfois c’est moi qui fait les courses, elle, la cuisine, parfois c’est l’inverse. J’ai remarqué que quand je faisais les courses, je n’achetais rien d’autres, mais ma femme avait toujours besoin d’un truc en plus, un truc que je ne trouvais pas indispensable. Puis quand on changeait, je m’aperçus que j’avais tendance à faire la même chose, un bouquin, un morceau de musique etc.
Depuis que mon cerveau a plus de temps disponible, je n’ai plus eu besoin de cela jusqu’à présent. Ma femme fait les courses et je dépense nada.
Vivant sans télé, je pensais que justement, mon cerveau était à moi, et pas disponible pour d’autres choses, d’autres tentations. Mais en fait, c’était pareil, je l’avais trop rempli, et j’avais ce besoin de compenser. Maintenant, je suis un peu comme les souris du Rat Park, j’ai moins d’addictions après tout.
Cela explique ainsi pourquoi comme l’explique Mr Money Mustache que les dépenses des personnes diminuent une fois quitté le monde du travail, une fois qu’on a quitté un grand nombre d’obligations, de contraintes : l’obligations de se lever, d’être productif, de travailler 35/40 heures ou plus par semaine, de se déplacer plusieurs heures par semaine pour aller travailler et. A priori, c’est l’inverse qui devrait se passer, ou tout du moins, c’est ce que nous laisse penser la sens commun : plus de temps libre = plus d’occasions de dépenser de l’argent. Cela paraissait logique.
Encore une idée reçue dont je me débarrasse avec joie.

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